Marc, surnommé Jean : le serviteur qui s'en retourna
Qui est Marc, et quand il a vécu
Marc est appelé « Jean surnommé Marc » dans les textes qui le nomment, et la note qui le résume le présente comme un compagnon de Paul. Sa vie est située à l'époque qui va d'environ 4 av. J.-C. à ap. J.-C. 33, époque située selon la chronologie d'Ussher (1650). Dix versets seulement le nomment, répartis dans cinq livres : Acts, Colossians, 2 Timothy, Philemon et 1 Peter. Sa mère s'appelle Marie ; son père n'est pas nommé.
Une maison où l'on priait
La première mention est aussi la plus domestique. « Et s'étant reconnu, il se rendit à la maison de Marie, mère de Jean surnommé Marc, où plusieurs étaient assemblés et priaient » (Acts 12:12). Marc n'agit pas dans ce verset ; il y est situé. On le repère par sa mère, et la maison de sa mère est un lieu de prière où l'on se rassemble en nombre. C'est ainsi qu'il entre dans le récit : par une porte ouverte et par une assemblée en prière.
Puis il est emmené. « Et Barnabas et Saul, ayant accompli leur service, s'en retournèrent de Jérusalem, emmenant aussi avec eux Jean qui était surnommé Marc » (Acts 12:25). Le verbe le dit : on l'emmène. Il suit deux hommes qui viennent d'accomplir un service.
Serviteur à Salamine
À Salamine, il a une fonction. « Et quand ils furent à Salamine, ils annonçaient la parole de Dieu dans les synagogues des Juifs ; et ils avaient aussi Jean pour serviteur » (Acts 13:5). Le texte distingue nettement : d'autres annoncent la parole de Dieu, et lui, il sert. Le mot n'est pas méprisant, mais il est précis. Marc est là, dans les synagogues des Juifs, comme celui qui rend service pendant que la parole est annoncée.
Le retrait à Perge
La suite est brève et dure. « Et faisant voile de Paphos, Paul et ses compagnons se rendirent à Perge de Pamphylie. Mais Jean, s'étant retiré d'avec eux, s'en retourna à Jérusalem » (Acts 13:13). Le « mais » porte tout le poids. Au moment où la troupe avance vers Perge de Pamphylie, Marc se retire et refait le chemin inverse, vers Jérusalem, vers la ville d'où on l'avait emmené. Le texte ne donne aucun motif : ni fatigue, ni peur, ni conflit ne sont mentionnés. Il enregistre le fait, et le fait est un départ en cours de route. Marc est aussi nommé en Acts 15:37 et Acts 15:39, deux versets dont le texte n'est pas cité ici ; nous les signalons sans en raconter le contenu.
Des mentions, non des scènes
Il faut le dire franchement : aucune scène propre n'est racontée sur Marc. Chaque mention est une note de passage, un nom dans une liste, une salutation. C'est le cas en Colossians 4:10 et en Philemon 1:24, où il figure sans qu'aucun récit ne s'attache à lui. C'est encore le cas dans les deux textes qui le nomment en dernier, et pourtant ces deux-là sont d'une chaleur remarquable.
« Luc seul est avec moi. Prends Marc et amène-le avec toi, car il m'est utile pour le service » (2 Timothy 4:11). Celui qui s'était retiré est réclamé. On demande qu'on l'amène, comme on l'avait autrefois emmené, et le motif est donné : il est utile pour le service. Le même mot de service qui décrivait sa fonction à Salamine revient, et cette fois il est prononcé comme un éloge.
Enfin : « Celle qui est élue avec vous à Babylone, vous salue, et Marc, mon fils » (1 Peter 5:13). Il est nommé fils, dans une salutation envoyée depuis Babylone.
Ce que nous ne savons pas
Aucun enfant ne lui est attribué. Son père n'est pas nommé. Nous ignorons pourquoi il s'est retiré à Perge, ce qu'il a fait entre son retour à Jérusalem et le moment où on le réclame, et de quelle manière il a servi ensuite. Rien n'est dit de sa fin. Sur tout cela le silence du texte est complet, et il vaut mieux le laisser tel quel que de le combler.
La ligne vers le Christ
Les textes qui nomment Marc dessinent une trajectoire sobre. Il commence dans une maison où « plusieurs étaient assemblés et priaient » (Acts 12:12). Il sert pendant que d'autres annoncent « la parole de Dieu » (Acts 13:5). Il se retire (Acts 13:13). Et il reparaît comme celui qu'on veut auprès de soi, « car il m'est utile pour le service » (2 Timothy 4:11), puis comme « Marc, mon fils » (1 Peter 5:13). Un homme qui s'en est retourné n'est pas rayé du service : il est redemandé, et appelé fils. Voilà ce que la parole de Dieu annoncée produit dans une biographie : elle fait des serviteurs, et elle en refait après leur retrait. Marc n'est grand dans aucun récit ; il est simplement, à la fin, jugé utile.
