Thème

Que dit la Bible sur la fin du monde et les signes des temps ?

Introduction

Un pasteur ami m'a raconté cette scène : un dimanche matin, une femme est arrivée à l'église avec un cahier à spirale rempli de dates, de flèches et de coupures de journaux. Elle n'avait presque pas dormi depuis trois semaines. Une vidéo lui avait expliqué, chiffres à l'appui, que tout se jouerait avant la fin de l'année. Elle ne voulait pas de café ni de conversation. Elle voulait savoir : « Est-ce que c'est vrai ? »

Cette question, des millions de personnes la tapent chaque mois dans un moteur de recherche. Guerres, pandémies, séismes, effondrements : le monde semble grincer de partout, et la Bible, dit-on, aurait tout annoncé. Mais la Bible parle-t-elle vraiment de la fin du monde ? Et si oui, de quelle façon ?

Vous allez découvrir ici ce que les Écritures annoncent réellement, pourquoi Jésus a refusé de donner un calendrier, et comment les signes des temps, loin de nourrir l'angoisse, sont faits pour tenir votre cœur éveillé et tourné vers une promesse.

L'angle de ce guide

La plupart des articles sur ce sujet cherchent à décoder : qui est la bête, quelle est la date, quel événement de l'actualité correspond à quel verset. Ce guide fait l'inverse. Il part d'une conviction tirée du texte lui-même : les prophéties bibliques ne nous ont pas été données pour calculer, mais pour veiller. Et ce que la Bible annonce n'est pas l'anéantissement du monde, c'est la fin de ce monde-ci et la naissance d'un monde renouvelé. Autrement dit, ce n'est pas un compte à rebours vers le néant, c'est un compte à rebours vers des noces. Cet angle change tout : la peur cède la place à l'attente.

Que dit la Bible au sujet de la fin du monde et des signes des temps ?

Commençons par une précision de vocabulaire, car elle évite bien des malentendus. L'expression « fin du monde » traduit souvent le grec suntéleia tou aiônos, littéralement « l'achèvement du siècle », c'est-à-dire la clôture de l'âge présent. La Bible ne décrit pas un univers qui s'éteint, mais une histoire qui atteint son but. Il y a un avant et un après, comme il y a un avant et un après l'accouchement.

Le texte le plus connu sur le sujet se trouve dans le grand discours de Jésus sur le mont des Oliviers. Les disciples viennent de L'interroger sur la fin, et Sa réponse surprend par sa sobriété : « Et vous entendrez parler de guerres et de bruits de guerres ; prenez garde que vous ne soyez troublés, car il faut que tout arrive ; mais la fin n'est pas encore. Car nation s'élèvera contre nation, et royaume contre royaume ; et il y aura des famines, et des pestes, et des tremblements de terre en divers lieux. Mais toutes ces choses sont un commencement de douleurs » (Matthieu 24:6-8). Jésus ne dit pas : « Quand vous verrez des guerres, la fin est là. » Il dit presque le contraire : la fin n'est pas encore. Les convulsions de l'histoire sont des douleurs d'enfantement, pas un décompte.

La suite précise ce qui caractérisera vraiment la période : la persécution, la trahison, la séduction religieuse et le refroidissement de l'amour. « Et alors beaucoup seront scandalisés, et se livreront l'un l'autre, et se haïront l'un l'autre ; et plusieurs faux prophètes s'élèveront et en séduiront plusieurs : et parce que l'iniquité prévaudra, l'amour de plusieurs sera refroidi ; mais celui qui persévérera jusqu'à la fin, celui-là sera sauvé » (Matthieu 24:10-13). Le signe le plus inquiétant, selon Jésus, n'est donc pas géopolitique mais spirituel : un amour qui tiédit. Et le seul critère de « préparation » qu'Il mentionne, c'est la persévérance.

Puis vient le verset qui donne sa direction à toute l'attente chrétienne : « Et cet évangile du royaume sera prêché dans la terre habitée tout entière, en témoignage à toutes les nations ; et alors viendra la fin » (Matthieu 24:14). Le moteur de l'histoire n'est pas la catastrophe, c'est la mission. Tant que l'Évangile court, l'horloge de Dieu tourne.

Enfin, Jésus ferme la porte à tous les calculateurs : « Mais, quant à ce jour-là et à l'heure, personne n'en a connaissance, pas même les anges des cieux, si ce n'est Mon Père seul » (Matthieu 24:36). La version de Marc est encore plus radicale : « Mais quant à ce jour-là, ou à l'heure, personne n'en a connaissance, pas même les anges qui sont dans le ciel, ni même le Fils, mais le Père » (Marc 13:32). Dans Son abaissement volontaire, le Fils incarné Lui-même n'a pas voulu disposer de cette information. Si Jésus n'a pas fixé de date, celui qui en fixe une ne parle pas pour Lui.

Et la conclusion qu'Il en tire n'est pas de fermer les volets, mais de rester à son poste : « Veillez donc ; car vous ne savez pas quand le maître de la maison viendra, le soir, ou à minuit, ou au chant du coq, ou au matin ; de peur qu'arrivant tout à coup, il ne vous trouve dormant. Or ce que je vous dis, à vous, je le dis à tous : Veillez » (Marc 13:35-37). Remarquez la logique : l'ignorance de la date n'est pas un vide à combler, c'est précisément ce qui rend la vigilance nécessaire. Dans la petite parabole qui précède, chaque serviteur a reçu « son ouvrage » (Marc 13:34). Veiller, dans la bouche de Jésus, veut dire travailler les yeux ouverts.

Le fil conducteur de la Bible

Dès les premières pages, l'Écriture est orientée vers un dénouement. La promesse faite dans le jardin après la chute annonce déjà une victoire à venir : « Et je mettrai inimitié entre toi et la femme, et entre ta semence et sa semence. Elle te brisera la tête, et toi tu lui briseras le talon » (Genèse 3:15). L'histoire biblique n'est pas un cycle qui tourne sur lui-même ; c'est une flèche tendue vers un règlement de comptes et une restauration.

Les prophètes donnent un nom à ce dénouement : le jour de l'Éternel. Amos corrige d'ailleurs ceux qui l'attendaient avec une légèreté présomptueuse : « Malheur à vous qui désirez le jour de l'Éternel ! À quoi vous servira le jour de l'Éternel ? Il sera ténèbres, et non lumière » (Amos 5:18). Ce jour est à la fois jugement et guérison. Car le même Dieu qui vient juger annonce : « Car voici, je crée de nouveaux cieux et une nouvelle terre, et on ne se souviendra plus de ceux qui ont précédé, et ils ne monteront pas au cœur » (Ésaïe 65:17). Déjà chez Ésaïe, l'horizon n'est pas la destruction du monde mais sa recréation.

Daniel ajoute la pièce décisive : le royaume final a un visage humain. « Je voyais dans les visions de la nuit, et voici, quelqu'un comme un fils d'homme vint avec les nuées des cieux, et il avança jusqu'à l'Ancien des jours, et on le fit approcher de lui. Et on lui donna la domination, et l'honneur, et la royauté » (Daniel 7:13-14). Lorsque Jésus S'attribue le titre de Fils de l'homme venant sur les nuées, Il revendique cette vision.

Le Nouveau Testament annonce alors un fait sidérant : les derniers temps ont déjà commencé. « Dieu ayant autrefois, à plusieurs reprises et en plusieurs manières, parlé aux pères par les prophètes, à la fin de ces jours-là, nous a parlé dans le Fils » (Hébreux 1:1-2). La croix et la résurrection sont le véritable tournant de l'histoire ; tout ce qui suit est la dernière page qui se tourne lentement. C'est pourquoi Jean peut écrire à des chrétiens du premier siècle : « Petits enfants, c'est la dernière heure » (1 Jean 2:18).

Tout converge donc vers le Christ : Il est Celui qui est venu une première fois pour ôter le péché, et Celui qui revient pour achever le salut. « Et comme il est réservé aux hommes de mourir une fois, et après cela le jugement, ainsi le Christ aussi, ayant été offert une fois pour porter les péchés de plusieurs, apparaîtra une seconde fois, sans péché, à salut à ceux qui L'attendent » (Hébreux 9:27-28). Le livre de l'Apocalypse ne fait que dérouler cette double réalité jusqu'à sa dernière conséquence : l'Agneau immolé est aussi le Roi qui essuie les larmes.

La Bible ne finit pas par une ruine, mais par une ville.

Idées reçues fréquentes

« La Bible annonce que la terre sera détruite et que tout disparaîtra. » C'est la lecture la plus répandue, et elle ampute la promesse. Pierre décrit bien un feu purificateur, mais il ne s'arrête pas là : « Or le jour du Seigneur viendra comme un voleur ; et, dans ce jour-là, les cieux passeront avec un bruit sifflant, et les éléments embrasés seront dissous, et la terre et les œuvres qui sont en elle seront brûlées entièrement » ; puis aussitôt : « Mais, selon Sa promesse, nous attendons de nouveaux cieux et une nouvelle terre, dans lesquels la justice habite » (2 Pierre 3:10, 13). Le feu de Dieu n'est pas celui d'un incendiaire, c'est celui d'un orfèvre. Ce qui est brûlé, c'est l'injustice ; ce qui demeure, c'est un monde où la justice habite enfin.

« Les catastrophes actuelles prouvent que la fin est imminente. » Jésus a explicitement désamorcé ce raisonnement : « prenez garde que vous ne soyez troublés, car il faut que tout arrive ; mais la fin n'est pas encore » (Matthieu 24:6). Chaque génération a connu ses guerres, ses famines et ses séismes, et chaque génération a cru voir arriver la dernière heure. Ces événements ne sont pas des indices chronologiques mais des rappels : ce monde est provisoire, ne l'épousez pas.

« On peut calculer la date si on lit bien les prophéties. » Les disciples ont posé exactement cette question au Ressuscité, et Sa réponse a été un refus doublé d'un envoi : « Ce n'est pas à vous de connaître les temps ou les saisons que le Père a réservés à Sa propre autorité ; mais vous recevrez de la puissance, le Saint Esprit venant sur vous ; et vous serez Mes témoins » (Actes 1:7-8). Dieu a remplacé notre curiosité sur l'avenir par une mission dans le présent. Les prédictions datées, elles, ont un taux d'échec de cent pour cent, et elles laissent derrière elles des croyants humiliés et des sceptiques confortés.

« Si Dieu tarde, c'est qu'Il a oublié ou qu'Il n'existe pas. » Pierre connaissait déjà cette objection : « Où est la promesse de Sa venue ? » (2 Pierre 3:4). Sa réponse déplace le problème du calendrier vers le caractère de Dieu : « Mais n'ignorez pas cette chose, bien-aimés, c'est qu'un jour est devant le Seigneur comme mille ans, et mille ans comme un jour. Le Seigneur ne tarde pas pour ce qui concerne la promesse, comme quelques-uns estiment qu'il y a du retard ; mais Il est patient envers vous, ne voulant pas qu'aucun périsse, mais que tous viennent à la repentance » (2 Pierre 3:8-9). Le délai n'est pas de l'indifférence, c'est de la miséricorde. Chaque année supplémentaire est une porte laissée ouverte, peut-être pour quelqu'un que vous aimez. Celui qui se plaint de l'attente devrait se souvenir qu'il en est lui-même le bénéficiaire.

Le vivre aujourd'hui

Comment vit-on concrètement avec cette espérance, un lundi matin, dans un bureau ou devant un évier ?

D'abord, en lisant l'actualité autrement. Paul décrit la texture morale des derniers jours avec une précision gênante : « Or sache ceci, que dans les derniers jours il surviendra des temps fâcheux ; car les hommes seront égoïstes, avares, vantards, hautains, outrageux, désobéissants à leurs parents, ingrats, sans piété, sans affection naturelle, implacables, calomniateurs, incontinents, cruels, n'aimant pas le bien, traîtres, téméraires, enflés d'orgueil, amis des voluptés plutôt qu'amis de Dieu, ayant la forme de la piété, mais en ayant renié la puissance » (2 Timothée 3:1-5). Relisez cette liste : elle ne parle pas de missiles, elle parle de cœurs. Et elle finit dans l'église, pas en dehors : une piété qui garde la forme et perd la force. Le signe des temps à surveiller en priorité n'est donc pas sur une carte du Moyen-Orient, il est dans votre manière de parler de votre collègue, de gérer votre argent, de tenir parole.

Ensuite, en travaillant. Le serviteur de la parabole de Marc 13 n'a pas reçu une date, il a reçu une tâche. Veiller, ce n'est pas scruter le ciel en abandonnant son poste ; c'est changer les couches, honorer ses contrats, rendre visite à sa voisine âgée, en sachant que le Maître peut rentrer ce soir. L'attente chrétienne rend le quotidien plus sérieux, pas moins.

Puis, en desserrant notre étreinte sur les choses. Si de nouveaux cieux et une nouvelle terre sont promis, alors mes placements, mon statut et ma réputation ne sont pas mon horizon. Pierre tire lui-même l'application : « Toutes ces choses devant donc se dissoudre, quelles gens devriez-vous être en sainte conduite et en piété » (2 Pierre 3:11). La prophétie débouche sur l'éthique, jamais sur la spéculation.

Enfin, en relevant la tête. Jésus donne cette consigne étonnante pour les temps les plus sombres : « Et quand ces choses commenceront à arriver, regardez en haut, et levez vos têtes, parce que votre rédemption approche » (Luc 21:28). Le réflexe du monde, c'est de baisser les yeux ; le réflexe du croyant, c'est de les lever.

Le miroir

Posons les cartes sur la table. Si l'on vous annonçait, de source sûre, que Christ revient samedi prochain, que changeriez-vous cette semaine ? La question n'est pas rhétorique. Ce que vous changeriez est exactement ce que vous devriez changer maintenant, puisque vous ne savez rien de samedi prochain.

Peut-être que la fin du monde vous fascine comme un thriller. Vous accumulez les vidéos, les schémas, les théories, et vous appelez cela de la foi. Mais Jésus n'a jamais demandé qu'on soit informé ; Il a demandé qu'on veille. On peut connaître les soixante-dix semaines de Daniel par cœur et dormir profondément, le cœur dur, l'amour refroidi.

Peut-être, à l'inverse, que ce sujet vous terrifie. Vous changez de page quand un pasteur ouvre l'Apocalypse. Vous avez peur de perdre vos enfants, votre santé, votre maison. Entendez alors ceci : pour celui qui appartient au Christ, le retour du Seigneur n'est pas une menace, c'est la fin de toutes les menaces. Celui qui vient est Celui qui est mort pour vous. On n'a pas à craindre les noces de Celui qui a payé la dot.

Et peut-être, tout simplement, que vous êtes épuisé. Le loyer, le diagnostic, le silence du téléphone, les années qui passent sans que rien ne s'arrange. Le message de la fin ne vous demande pas de faire semblant que tout va bien. Il vous dit que ce n'est pas la fin de l'histoire, et que votre fatigue a une date d'expiration.

Ce qui vous écrase aujourd'hui ne survivra pas à Son retour.

La seule question qui compte vraiment n'est donc pas « quand ? » mais « avec qui ? ». Êtes-vous à Lui ? Si oui, veillez sans peur. Si vous hésitez encore, la patience de Dieu décrite en 2 Pierre 3:9 est en train de vous attendre, personnellement, aujourd'hui.

Expliqué aux enfants

Les enfants entendent parler de la fin du monde bien plus tôt qu'on ne le croit : à la cour de récréation, dans un dessin animé, dans un bulletin d'information laissé allumé. Leur question n'est presque jamais théologique ; elle est affective. « Est-ce que je vais mourir ? Est-ce que maman sera là ? »

La clé, c'est de commencer par la fin heureuse, pas par les catastrophes. On peut dire quelque chose comme : « Un jour, Jésus reviendra, et Il rendra tout neuf. Plus de maladies, plus de méchanceté, plus de séparations. Dieu habitera avec nous et Il essuiera toutes les larmes de nos yeux. » C'est exactement le mouvement d'Apocalypse 21:1-4, et c'est une image qu'un enfant peut porter sans cauchemars. On peut ensuite ajouter, avec honnêteté : « Avant cela, il y aura des choses difficiles dans le monde. Mais Jésus nous a dit de ne pas être troublés, parce qu'Il est plus fort que tout. »

Évitez absolument deux pièges : les dates et les images d'horreur. Un enfant n'a pas besoin de savoir qui est la bête ; il a besoin de savoir qui est le Berger. Et si vous ne connaissez pas la réponse à l'une de ses questions, dites-le. « Je ne sais pas, même Jésus a dit que personne ne connaît le jour » est une réponse profondément biblique, et elle enseigne l'humilité mieux qu'un long discours.

Sur Faith.network, des explications adaptées sont disponibles pour chaque âge : une version très simple et rassurante pour les tout-petits de 3 à 6 ans, une version plus narrative pour les 7 à 12 ans qui veulent comprendre les signes des temps sans se faire peur, et une version plus franche pour les adolescents de 12 ans et plus, qui affrontent déjà les théories, l'angoisse climatique et le cynisme ambiant.

Questions fréquentes

Que signifie vraiment « la fin du monde » dans la Bible ?

L'expression traduit souvent une idée d'achèvement, « la consommation du siècle », c'est-à-dire la clôture de l'âge présent plutôt que l'annihilation de l'univers. La Bible annonce un jugement, un renouvellement et un règne : le monde tel que nous le connaissons, marqué par le péché, la mort et l'injustice, prend fin pour laisser place à de nouveaux cieux et une nouvelle terre. 2 Pierre 3:13 le dit clairement : « Mais, selon Sa promesse, nous attendons de nouveaux cieux et une nouvelle terre, dans lesquels la justice habite. » Ce n'est donc pas une disparition, c'est une transformation.

Quand sera la fin du monde selon la Bible ?

Aucune date n'est donnée, et ce silence est volontaire. Jésus déclare en Matthieu 24:36 : « Mais, quant à ce jour-là et à l'heure, personne n'en a connaissance, pas même les anges des cieux, si ce n'est Mon Père seul. » En Actes 1:7, Il refuse même de satisfaire la curiosité de Ses disciples sur ce point. Toute personne ou tout mouvement annonçant une date précise contredit donc directement l'enseignement du Christ. L'Écriture ne nous invite pas à connaître l'heure, mais à vivre chaque jour comme si c'était possible aujourd'hui.

Quels sont les signes des temps annoncés par Jésus ?

Jésus mentionne des guerres, des famines, des pestes et des tremblements de terre, mais Il les qualifie de « commencement de douleurs » et précise que « la fin n'est pas encore » (Matthieu 24:6-8). Les signes qu'Il souligne avec le plus d'insistance sont spirituels : la persécution des croyants, la multiplication des faux prophètes, les trahisons entre proches et l'amour qui se refroidit (Matthieu 24:9-12). Il ajoute un signe positif et décisif : l'annonce de l'Évangile à toutes les nations (Matthieu 24:14).

Vivons-nous les derniers jours ?

Selon le Nouveau Testament, oui, depuis deux mille ans. Hébreux 1:2 situe la venue du Christ « à la fin de ces jours-là », et 1 Jean 2:18 affirme : « Petits enfants, c'est la dernière heure. » Les derniers jours ont commencé avec la mort et la résurrection de Jésus ; nous vivons dans la dernière phase de l'histoire du salut, dont nous ignorons la durée. Cette conviction ne produit ni panique ni fatalisme : elle donne au temps présent une valeur immense, puisque chaque journée est une occasion de servir et de témoigner.

Est-il vrai que Jésus Lui-même ne connaissait pas le jour ?

C'est exactement ce que dit Marc 13:32 : « Mais quant à ce jour-là, ou à l'heure, personne n'en a connaissance, pas même les anges qui sont dans le ciel, ni même le Fils, mais le Père. » Ce verset ne nie pas la divinité du Christ ; il décrit Son abaissement volontaire dans l'incarnation, où Il a choisi de ne pas user de certaines prérogatives et de vivre en dépendance parfaite du Père. L'application pratique est frappante : si le Fils incarné n'a pas revendiqué cette information, aucun prédicateur ne devrait prétendre la détenir.

Qu'est-ce que l'enlèvement de l'Église ?

Le terme désigne l'événement décrit en 1 Thessaloniciens 4:16-17 : « Car le Seigneur Lui-même, avec un cri de commandement, avec une voix d'archange, et avec la trompette de Dieu, descendra du ciel ; et les morts en Christ ressusciteront premièrement ; puis nous, les vivants qui demeurons, nous serons ravis ensemble avec eux dans les nuées à la rencontre du Seigneur, en l'air : et ainsi nous serons toujours avec le Seigneur. » Paul écrit cela pour consoler des chrétiens en deuil. Le but du passage n'est pas de nourrir un débat de calendrier, mais d'assurer que la mort ne sépare personne du Christ.

Quelle est la différence entre la grande tribulation et la fin du monde ?

La grande tribulation désigne une période de détresse intense qui précède le retour du Christ, décrite notamment en Matthieu 24 et dans l'Apocalypse, tandis que la fin du siècle désigne l'achèvement lui-même, avec le jugement et la nouvelle création. Les chrétiens fidèles divergent sur la chronologie précise, notamment sur la place de l'enlèvement par rapport à cette tribulation. Ces questions méritent l'étude, mais elles ne sont pas le cœur du message. Le Nouveau Testament insiste bien davantage sur la persévérance et la vigilance que sur l'ordre exact des événements.

Les guerres et les tremblements de terre prouvent-ils que la fin est proche ?

Non, et c'est précisément ce que Jésus corrige. Il annonce ces événements pour éviter que Ses disciples ne soient « troublés », en ajoutant que « la fin n'est pas encore » (Matthieu 24:6). Chaque siècle a connu ses conflits et ses catastrophes, et chaque siècle a produit ses prophètes de malheur. Ces secousses rappellent la fragilité du monde présent et appellent à la repentance, mais elles ne constituent pas un calendrier. Les traiter comme des indices chronologiques, c'est faire exactement ce que Jésus a interdit.

Qui est l'antichrist dont parle la Bible ?

Le Nouveau Testament utilise ce terme à deux niveaux. Jean parle d'un esprit déjà à l'œuvre et de « plusieurs antichrists » dès le premier siècle (1 Jean 2:18), c'est-à-dire de tous ceux qui nient que Jésus est le Christ venu en chair. Paul annonce par ailleurs la manifestation d'une figure finale, « l'homme de péché », avant le jour du Seigneur (2 Thessaloniciens 2:3). L'histoire de l'Église est jonchée d'identifications hâtives et toujours démenties. La vigilance demandée porte moins sur l'identification d'un individu que sur la fidélité à la vérité.

Pourquoi Dieu attend-Il si longtemps avant d'agir ?

Parce que Son délai est une grâce. « Le Seigneur ne tarde pas pour ce qui concerne la promesse, comme quelques-uns estiment qu'il y a du retard ; mais Il est patient envers vous, ne voulant pas qu'aucun périsse, mais que tous viennent à la repentance » (2 Pierre 3:9). Ce que nous interprétons comme une lenteur est en réalité une porte maintenue ouverte. Pierre rappelle aussi que la perception divine du temps n'est pas la nôtre : « un jour est devant le Seigneur comme mille ans, et mille ans comme un jour » (2 Pierre 3:8).

Faut-il avoir peur de la fin du monde ?

Pour celui qui appartient au Christ, non. Hébreux 9:28 précise que le Christ « apparaîtra une seconde fois, sans péché, à salut à ceux qui L'attendent ». Celui qui revient est Celui qui est mort à notre place ; Son retour ne nous expose pas à un procès, il achève notre délivrance. L'Écriture parle bien d'un jugement réel, et c'est pourquoi l'appel à la repentance est urgent. Mais la réponse biblique à la peur n'est pas l'ignorance ni le déni, c'est la confiance dans Celui qui vient.

La terre sera-t-elle détruite ou renouvelée ?

Renouvelée, après avoir été purifiée. Ésaïe 65:17 annonce déjà : « Car voici, je crée de nouveaux cieux et une nouvelle terre. » Et l'Apocalypse décrit la demeure définitive de Dieu non pas au-dessus du monde, mais dans un monde refait : « Et je vis un nouveau ciel et une nouvelle terre ; car le premier ciel et la première terre s'en étaient allés » (Apocalypse 21:1). L'espérance chrétienne n'est donc pas une évasion hors de la matière, mais la résurrection du corps dans une création réconciliée.

Comment me préparer concrètement au retour de Jésus ?

En vivant aujourd'hui ce que vous voudriez faire ce jour-là. Jésus résume la préparation en un mot : « Veillez donc ; car vous ne savez pas à quelle heure votre Seigneur vient » (Matthieu 24:42). Cela signifie rester attaché à Lui par la foi, accomplir fidèlement la tâche reçue, garder un amour qui ne se refroidit pas, pardonner vite et ne pas ancrer son cœur dans ce qui passe. Pierre y ajoute la sainteté pratique : « quelles gens devriez-vous être en sainte conduite et en piété » (2 Pierre 3:11).

Pour conclure

La Bible parle beaucoup de la fin, mais jamais comme un oracle qui livre des dates. Elle en parle comme un époux qui annonce son retour, comme un maître qui confie sa maison, comme un père qui promet d'essuyer les larmes. Le dernier mot de l'Écriture n'est pas un cratère fumant, c'est une voix qui dit : « Voici, l'habitation de Dieu est avec les hommes, et Il habitera avec eux ; et ils seront Son peuple, et Dieu Lui-même sera avec eux, leur Dieu. Et Dieu essuiera toute larme de leurs yeux ; et la mort ne sera plus ; et il n'y aura plus ni deuil, ni cri, ni peine, car les premières choses sont passées » (Apocalypse 21:3-4).

Si ce guide vous laisse une seule chose, que ce soit celle-ci : troquez la calculatrice contre la lampe. Lisez Matthieu 24 et 25 d'une traite, puis 2 Pierre 3, puis Apocalypse 21 et 22, et observez comment chaque passage débouche sur un appel à veiller, à aimer et à espérer. Alors la prière qui ferme la Bible cessera d'être inquiétante pour devenir la vôtre : « Oui, je viens bientôt. Amen ; viens, Seigneur Jésus ! » (Apocalypse 22:20).

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