Que dit la Bible sur le divorce et le remariage ?
Introduction
Elle est arrivée en retard, comme toujours depuis deux ans, et s'est assise au dernier rang. Dans la poche de son manteau, il y a encore l'alliance qu'elle n'a jamais osé jeter. Quand le prédicateur cite Jésus sur le divorce, elle baisse les yeux. Elle n'a pas choisi ce divorce. Elle l'a subi. Et pourtant, chaque fois qu'on ouvre la Bible sur ce sujet, elle a l'impression qu'on parle d'elle à la troisième personne, comme d'un dossier.
Il y a des sujets qu'on ne peut pas traiter froidement, parce que derrière chaque verset il y a des visages: des enfants qui font des allers-retours le week-end, des hommes qui dorment sur un canapé chez un ami, des femmes qui ont peur de rentrer chez elles.
Vous découvrirez ici ce que la Bible dit réellement du divorce et du remariage, texte par texte, mais aussi quelque chose que l'on oublie presque toujours: qui parle dans ces textes, et depuis quelle blessure.
L'angle de ce guide
La plupart des articles sur le divorce dans la Bible fonctionnent comme un code juridique: motifs valables, cas interdits, exceptions. Ce guide prend un autre chemin. Dans l'Écriture, celui qui parle du divorce n'est pas un législateur distant, mais un Époux trahi. Dieu Lui-même décrit Son alliance avec Israël comme un mariage, Il évoque même une lettre de divorce, puis Il fait l'impensable: Il rappelle l'épouse infidèle. Nous lirons donc Deutéronome, Malachie, Matthieu et 1 Corinthiens depuis cette place, celle de l'Époux. Cela change tout: la rigueur cesse d'être froide, et la grâce cesse d'être molle.
Dieu parle du divorce en Époux blessé, pas en juriste.
Que dit la Bible au sujet du divorce et du remariage ?
Tout commence avant qu'il y ait un problème. Avant la première dispute de l'histoire humaine, Dieu prononce une phrase qui définit le mariage pour toujours: « C'est pourquoi l'homme quittera son père et sa mère, et sera attaché à sa femme, et ils seront une seule chair » (Genèse 2:24). Trois verbes: quitter, s'attacher, devenir une seule chair. Le mariage n'est pas d'abord un sentiment ni un contrat de cohabitation; c'est un lien créé par Dieu, qui produit une unité réelle, physique, sociale, spirituelle. Voilà pourquoi le divorce fait si mal: il ne s'agit pas de résilier un abonnement, mais de déchirer une chair.
Puis vient la dureté du cœur humain. Dans un monde d'après la chute, Moïse encadre une pratique qui existait déjà: « Si un homme a pris une femme et l'a épousée, et qu'il arrive qu'elle ne trouve pas grâce à ses yeux, parce qu'il aura trouvé en elle quelque chose de honteux, et qu'il lui écrive une lettre de divorce, et la lui mette dans la main, et la renvoie de sa maison » (Deutéronome 24:1). On lit souvent ce verset comme une permission généreuse. C'est un malentendu. La loi ne dit pas « voilà comment divorcer », elle dit: si cela arrive, alors une femme renvoyée doit recevoir un document écrit qui la protège, qui prouve qu'elle n'est plus mariée et qu'elle n'est pas une adultère en fuite. C'est une digue posée devant la brutalité masculine, pas un encouragement.
Le prophète Malachie, lui, ne prend pas de gants. Dans une génération d'hommes qui répudiaient la femme de leur jeunesse pour épouser plus jeune ou plus avantageux, Dieu déclare: « Car Je hais la répudiation, dit l'Éternel, le Dieu d'Israël; et celui qui couvre de violence son vêtement, dit l'Éternel des armées. Prenez donc garde à votre esprit, et ne soyez pas infidèles » (Malachie 2:16). Notez le mot « violence ». Dieu ne voit pas le divorce comme une simple erreur administrative, mais comme une agression. Et Il précise, quelques versets plus haut, qu'Il était Lui-même témoin de l'alliance conjugale. Il n'est pas spectateur: Il est partie prenante.
Jésus reprend le débat exactement là. Face aux pharisiens qui discutent des motifs recevables, Il refuse la question et remonte à la création: « Ainsi, ils ne sont plus deux, mais une seule chair. Ce donc que Dieu a uni, que l'homme ne le sépare pas » (Matthieu 19:6). Puis Il donne la clé d'interprétation de Deutéronome 24: « Moïse, à cause de votre dureté de cœur, vous a permis de répudier vos femmes; mais au commencement il n'était pas ainsi » (Matthieu 19:8). Autrement dit: la loi mosaïque gérait un dégât, elle ne décrivait pas l'intention de Dieu.
Deux fois, Jésus formule une exception. Dans le sermon sur la montagne: « Mais Moi, Je vous dis que quiconque répudiera sa femme, si ce n'est pour cause de fornication, la fait commettre adultère; et quiconque épousera une femme répudiée, commet adultère » (Matthieu 5:32). Puis en Matthieu 19:9: « Et Je vous dis que quiconque répudiera sa femme, non pour cause de fornication, et en épousera une autre, commet adultère; et celui qui épouse une femme répudiée, commet adultère ». Le mot grec traduit ici par « fornication » (porneia) désigne l'infidélité sexuelle au sens large. Jésus reconnaît donc qu'une réalité peut avoir déjà brisé le lien avant que le papier ne le constate: l'adultère.
Paul ajoute une situation que Jésus n'avait pas traitée, celle des couples devenus mixtes après la conversion de l'un des deux: « Mais si l'incrédule s'en va, qu'il s'en aille; le frère ou la sœur ne sont pas liés en pareil cas; mais Dieu nous a appelés à la paix » (1 Corinthiens 7:15). Le croyant ne doit pas provoquer la rupture, mais s'il est abandonné, il n'est pas « lié », c'est-à-dire tenu prisonnier d'un mariage que l'autre a quitté.
Le fil conducteur de la Bible
Le mariage traverse la Bible d'un bout à l'autre, mais surtout comme image de Dieu et de Son peuple. Et c'est là que notre angle devient éclairant.
Dès la sortie d'Égypte, Dieu se lie à Israël par une alliance qui ressemble à des noces: Il choisit, Il s'engage, Il donne Son nom. Israël, lui, court après d'autres dieux. Les prophètes n'utilisent pas un vocabulaire poli pour cela: ils parlent d'adultère et de prostitution. Le prophète Osée est même appelé à vivre cette douleur dans sa propre maison, épousant une femme infidèle pour que le peuple voie de ses yeux ce qu'il fait subir à son Dieu. Osée doit ensuite la racheter, littéralement, la payer, pour la ramener chez lui.
Puis vient une scène presque inconcevable en Jérémie 3. Dieu déclare avoir renvoyé le royaume du nord et lui avoir donné une lettre de divorce, exactement le document de Deutéronome 24:1. Selon la loi, l'affaire est close: une femme renvoyée qui s'est donnée à un autre ne peut plus revenir chez son premier mari. Et pourtant, dans ce même chapitre, l'Éternel lance cet appel: « toutefois retourne vers Moi, dit l'Éternel ». En Ésaïe 50:1, Il pousse la provocation plus loin en demandant à Ses enfants de Lui montrer la lettre de divorce de leur mère, comme pour dire: où est-elle donc, ce document, si vous prétendez que tout est fini ?
L'alliance se brise; elle ne s'annule pas dans le cœur de Dieu.
Voilà l'Époux de la Bible. Il connaît la trahison mieux que nous. Il a le droit légal de partir. Et Il reste. Non pas en fermant les yeux, mais en assumant Lui-même le coût de la réconciliation.
C'est pourquoi le Nouveau Testament présente Jésus comme l'Époux qui vient. Jean-Baptiste se dit « l'ami de l'époux ». Jésus compare le Royaume à des noces. Et Paul dévoile ce qui se cachait depuis Genèse 2 en citant ce verset avant d'ajouter: « Ce mystère est grand; mais moi je parle relativement à Christ et à l'assemblée » (Éphésiens 5:32). Le mariage humain était depuis toujours une parabole en chair et en os de l'attachement du Christ à Son peuple. Le mari est appelé à aimer « comme le Christ a aimé l'assemblée et s'est livré Lui-même pour elle ». Non pas à négocier ses droits, mais à se livrer.
L'histoire se termine par un mariage. « Réjouissons-nous et tressaillons de joie, et donnons-Lui gloire; car les noces de l'Agneau sont venues; et Sa femme s'est préparée » (Apocalypse 19:7). L'épouse qui entre dans cette salle n'est pas une fiancée irréprochable qui aurait toujours été fidèle. C'est l'infidèle rachetée, lavée, revêtue de fin lin. La Bible ne finit pas sur un divorce mais sur des retrouvailles impossibles rendues possibles par la croix.
Comprenez alors la rigueur de Jésus autrement. S'Il défend le mariage avec cette intransigeance, ce n'est pas par attachement à une institution sociale; c'est parce que le mariage porte l'image de Sa propre fidélité. Détruire cette image légèrement, c'est mentir sur Lui.
Idées reçues fréquentes
La première idée reçue: « Dieu déteste les divorcés. » Malachie 2:16 dit que Dieu hait la répudiation, non le répudié. Et le contexte est précis: des maris qui se débarrassaient d'une épouse fidèle pour des motifs égoïstes. Dieu prend le parti de la victime. Retourner ce verset contre une femme abandonnée ou contre un homme trompé, c'est exactement inverser le texte. L'Éternel qui hait la rupture est aussi Celui qui, en Ésaïe 54, appelle « femme délaissée » celle qu'Il vient consoler et qu'Il reprend.
La deuxième: « Jésus interdit le divorce sans aucune exception. » Ce n'est pas ce que disent les évangiles. En Matthieu 5:32 comme en Matthieu 19:9, Jésus formule une exception explicite pour cause de fornication. Marc et Luc rapportent la parole sous forme condensée, sans la clause, parce que leur propos est de renverser la culture du divorce facile, pas de faire du droit matrimonial. Lire Marc contre Matthieu, c'est faire dire à l'Écriture ce qu'elle refuse de dire. Cela ne transforme évidemment pas l'exception en obligation: l'adultère ouvre une porte, il ne pousse personne à la franchir. Beaucoup de couples ont traversé cette trahison et ont vu Dieu reconstruire.
La troisième: « Un remarié vit dans un adultère permanent, il devrait quitter son nouveau conjoint. » Cette lecture heurte tout le reste de la Bible. Deutéronome 24 suppose qu'une femme renvoyée devienne l'épouse d'un autre; Paul, en 1 Corinthiens 7, envisage clairement des situations de non-liaison; et l'Écriture ne demande jamais de réparer un péché en commettant une nouvelle injustice, en l'occurrence l'abandon d'un conjoint et d'enfants. Jésus qualifie d'adultère l'acte de rompre pour épouser une autre, ce qui décrit le moment de la rupture, non un état sans issue. Quand Il rencontre la femme surprise en adultère, Il dit: « Moi non plus, Je ne te condamne pas; va, dorénavant ne pèche plus ». Le pardon renvoie vers l'avenir, pas vers un cercle vicieux.
La quatrième: « Puisque la Bible ne mentionne pas la violence conjugale comme motif, il faut rester quoi qu'il arrive. » Malachie 2:16 associe justement la répudiation à celui qui « couvre de violence son vêtement »: Dieu déteste la violence dans le couple, pas seulement le papier du divorce. La loi de Moïse protégeait déjà l'épouse privée de nourriture, de vêtement et d'affection en lui rendant sa liberté (Exode 21:10-11). Et le principe de 1 Corinthiens 7:15 vaut ici: « Dieu nous a appelés à la paix ». Un conjoint qui frappe, terrorise ou détruit a déjà abandonné l'alliance dans les faits; exiger de la victime qu'elle reste sous les coups au nom de la fidélité, c'est utiliser la Bible contre le cœur de Dieu. La mise à l'abri n'est pas un manque de foi, c'est un acte de sagesse.
Le vivre aujourd'hui
Si Dieu parle en Époux et non en juriste, la première application n'est pas de savoir si vous avez le droit de partir, mais de savoir comment on reste. Concrètement: quand la conversation du soir se réduit à la logistique, quand le désir s'est éteint, quand vous avez plus de complicité avec un collègue qu'avec votre conjoint, vous êtes déjà sur le terrain de Malachie 2. Le divorce commence rarement chez l'avocat. Il commence par une série de petits retraits, de portes fermées, de comparaisons silencieuses. La fidélité se joue là, dans les mille décisions minuscules de rester présent, de demander pardon le premier, de couper une amitié ambiguë, de dire ce qui blesse plutôt que de le ravaler.
Si vous êtes marié et en crise, cherchez une aide réelle avant de chercher une justification biblique. Un conseiller conjugal chrétien, un couple plus âgé, votre pasteur. Un mariage difficile n'est pas un mariage mort, et la Bible connaît des réconciliations que personne n'attendait. Paul suggère même la séparation temporaire dans l'espoir d'une réconciliation plutôt que la rupture définitive (1 Corinthiens 7:10-11).
Si vous êtes en danger, arrêtez de vous demander si vous avez la permission d'être en sécurité. Mettez-vous à l'abri, parlez, portez plainte s'il faut. Dieu ne vous a pas appelé à couvrir la violence de quelqu'un d'autre par votre silence.
Si votre divorce est déjà prononcé, il vous reste une décision essentielle: quel genre de divorcé vous serez. Pas le divorce, mais l'après, façonne vos enfants. Refusez d'utiliser vos enfants comme messagers ou comme témoins à charge. Parlez de votre ex sans le détruire. Honorez vos engagements financiers. Cette fidélité résiduelle, personne ne la verra, mais elle prêche.
Et si vous envisagez un remariage, ne le faites pas comme un pansement. Faites le travail: reconnaissez votre part, sans absorber celle de l'autre. Prenez du temps, prenez conseil, et remariez-vous « dans le Seigneur » (1 Corinthiens 7:39). Un second mariage bâti sur la fuite de la solitude reproduira les mêmes fractures; un second mariage bâti sur la grâce reçue peut devenir un des plus beaux témoignages de votre église.
Le miroir
Vous cherchez peut-être, en lisant cette page, une phrase qui vous acquitte. Ou une phrase qui condamne l'autre. Je vous propose autre chose: laissez ce texte vous poser une question à vous.
Où êtes-vous en train de partir sans partir ? Parce qu'il existe des maisons où deux personnes vivent séparées depuis des années sous le même toit, et où le divorce n'a jamais été prononcé parce qu'il était plus simple de tenir les apparences. Il existe des semaines de soixante heures de travail qui sont, en réalité, une manière élégante de ne pas rentrer. Il existe des téléphones qu'on protège comme un coffre-fort, des comptes bancaires cloisonnés, des corps qui refusent l'autre par vengeance silencieuse. Rien de tout cela n'apparaît dans un jugement de tribunal. Tout cela apparaît devant Celui qui était témoin le jour de votre engagement.
Et si vous êtes du côté de la blessure, si c'est vous qu'on a quitté, laissez ce miroir vous montrer autre chose: vous n'êtes pas un dossier abîmé dans les archives du ciel. Le Dieu qui vous parle a connu la trahison de plein fouet. Il sait ce que c'est d'aimer quelqu'un qui va voir ailleurs. Il ne vous regarde pas de haut; Il vous reconnaît. Votre échec, ou celui qu'on vous a imposé, ne vous a pas fait descendre d'une catégorie dans Son Église.
Reste alors une question franche, celle que Dieu posait à Israël: veux-tu revenir ? Pas revenir à ton mariage forcément, parfois cela n'est plus possible. Revenir à Lui. Cesser de gérer ta honte tout seul, cesser de justifier ce qui n'est pas justifiable, cesser aussi de te punir pour ce que Christ a déjà porté.
La grâce ne réécrit pas ton passé; elle te recrée toi.
Expliqué aux enfants
Les enfants posent les questions les plus directes: « Est-ce que papa et maman vont divorcer comme les parents de Léa ? » Ou, si le divorce a déjà eu lieu: « Est-ce que Dieu est fâché contre nous ? »
On peut leur dire ceci, avec des mots simples: Dieu a inventé le mariage comme une équipe pour la vie, parce qu'Il aime les familles et parce qu'Il voulait montrer à quel point Lui-même est fidèle. Quand un mariage se casse, cela rend Dieu triste, comme cela rend triste tout le monde. Mais Dieu n'arrête jamais d'aimer les personnes qui traversent ça, ni les grands ni les enfants. Ce n'est jamais la faute d'un enfant si ses parents se séparent, et Dieu ne cesse pas d'être leur Père.
Trois précisions valent de l'or pour un enfant: ce n'est pas ta faute, tu peux aimer tes deux parents, et tu peux tout dire à Dieu, même ta colère. Les Psaumes sont pleins de gens qui parlent fort à Dieu.
Évitez les explications qui demandent à l'enfant de choisir un camp ou qui présentent Dieu comme un juge en train de compter les fautes de papa ou de maman. Un enfant a besoin de sécurité avant d'avoir besoin de doctrine.
Nous proposons sur ce site des explications adaptées par âge: une version très courte et rassurante pour les 3 à 6 ans, une version plus complète pour les 7 à 12 ans qui aborde le mariage comme une promesse, et une version pour les adolescents à partir de 12 ans, qui n'a pas peur des questions difficiles sur l'adultère, le remariage et le pardon.
Questions fréquentes
Le divorce est-il un péché selon la Bible ?
Le divorce est toujours la conséquence d'un péché, mais tous ceux qui divorcent ne pèchent pas également. Jésus enracine Sa réponse dans Genèse 2:24 et affirme que Dieu unit ce que l'homme ne doit pas séparer, tout en reconnaissant une exception pour cause de fornication en Matthieu 19:9. Paul reconnaît de son côté le cas de l'abandon en 1 Corinthiens 7:15. Le conjoint qui rompt pour convenance personnelle et celui qui subit une rupture ne portent donc pas la même responsabilité, même si tous deux vivent la même déchirure.
Que signifie « sauf pour cause de fornication » en Matthieu 19:9 ?
Le terme grec porneia désigne l'immoralité sexuelle au sens large: adultère, relations illicites, infidélité durable. Jésus indique que l'infidélité sexuelle a déjà brisé l'unité d'« une seule chair » de Genèse 2:24 avant qu'aucun papier ne soit signé, et que le conjoint trahi n'est pas coupable de constater cette rupture. Certains interprètes limitent le mot aux fiançailles juives ou aux unions incestueuses, mais la lecture la plus naturelle du texte et de son contexte reste l'infidélité sexuelle dans le mariage.
Pourquoi Moïse a-t-il permis le divorce en Deutéronome 24:1 ?
Jésus répond Lui-même à cette question: « Moïse, à cause de votre dureté de cœur, vous a permis de répudier vos femmes; mais au commencement il n'était pas ainsi » (Matthieu 19:8). Deutéronome 24:1 ne crée pas le divorce, il l'encadre dans une société où les femmes renvoyées se retrouvaient sans ressources et sans statut. La lettre de divorce était un document de protection: elle prouvait que la femme était légalement libre. La loi limitait le dégât; elle n'exprimait pas l'idéal du Créateur.
Est-il vrai que Dieu déteste le divorce ?
Oui, Malachie 2:16 le dit sans détour: « Car Je hais la répudiation, dit l'Éternel, le Dieu d'Israël; et celui qui couvre de violence son vêtement, dit l'Éternel des armées. » Mais lisez la suite de la phrase: Dieu associe la répudiation à la violence subie par l'épouse. Ce que Dieu hait, c'est la trahison d'une alliance dont Il était le témoin, et le mal fait à la personne abandonnée. Il ne dit jamais qu'Il hait les divorcés, et Il se présente ailleurs comme le consolateur de la femme délaissée.
Puis-je me remarier après un divorce selon la Bible ?
La majorité des théologiens évangéliques répond que oui dans deux cas: lorsque le mariage a été brisé par l'infidélité sexuelle (Matthieu 19:9) et lorsque le conjoint incroyant a abandonné le foyer (1 Corinthiens 7:15). Une minorité de chrétiens estime que le remariage n'est possible qu'après le décès du conjoint. Si vous êtes concerné, ne tranchez pas seul et rapidement: ouvrez les textes avec un pasteur ou un conseiller qui connaît votre histoire, priez, et laissez du temps au temps.
La violence conjugale est-elle un motif biblique de divorce ?
L'Écriture ne donne pas une liste exhaustive de motifs, mais elle donne des principes clairs. Malachie 2:16 condamne l'homme qui couvre de violence son vêtement; la loi rendait sa liberté à l'épouse privée du nécessaire (Exode 21:10-11); et Paul conclut son passage par « mais Dieu nous a appelés à la paix » (1 Corinthiens 7:15). Un conjoint violent a rompu l'alliance dans les faits. La priorité absolue est la mise en sécurité, immédiate, avec l'aide des autorités et de l'église. Aucune fidélité ne se mesure à la capacité d'encaisser des coups.
Quelle est la différence entre la séparation et le divorce dans la Bible ?
La séparation est une mise à distance qui laisse la porte ouverte, tandis que le divorce dissout juridiquement le mariage. Paul envisage la première comme un espace de réconciliation: « si elle est séparée, qu'elle demeure sans être mariée, ou qu'elle se réconcilie avec son mari » (1 Corinthiens 7:11). Une séparation peut donc être un acte responsable, notamment face à la violence, à l'addiction ou à l'infidélité répétée, sans être un renoncement au couple. Beaucoup de couples réconciliés sont passés par cette étape douloureuse mais protectrice.
Que dit 1 Corinthiens 7:15 sur le conjoint non croyant qui part ?
Paul écrit: « Mais si l'incrédule s'en va, qu'il s'en aille; le frère ou la sœur ne sont pas liés en pareil cas; mais Dieu nous a appelés à la paix. » Le croyant ne doit pas provoquer la rupture; il est même appelé à rester, car sa présence sanctifie le foyer. Mais si l'autre part définitivement, le croyant n'est pas tenu de le poursuivre ni de vivre suspendu à un mariage vidé de contenu. La formule « ne sont pas liés » est comprise par la plupart des interprètes comme ouvrant la possibilité d'un remariage.
Un divorcé remarié peut-il servir dans l'Église ou devenir ancien ?
Les Écritures demandent qu'un ancien soit « mari d'une seule femme », expression qui décrit d'abord une fidélité exemplaire et une vie conjugale sans reproche. Selon les églises, la lecture varie: certaines excluent tout remarié du ministère d'ancien, d'autres examinent l'histoire au cas par cas, en regardant la responsabilité du candidat dans la rupture, le temps écoulé, la repentance et la réputation actuelle. Un divorce n'exclut jamais quelqu'un du service en général: enseigner, accueillir, accompagner, prier, servir les autres blessés reste largement ouvert.
Dieu pardonne-t-il un divorce, et comment le savoir ?
Oui. Aucun péché confessé n'échappe au pardon obtenu à la croix, et le divorce ne constitue pas une catégorie à part. Le signe du pardon n'est pas la disparition du chagrin, qui peut durer des années, mais la liberté de nommer votre part sans vous effondrer et de vivre sans devoir vous justifier. Là où l'accusateur revient sans cesse sur ce que vous avez détruit, l'Esprit de Dieu vous conduit vers la vérité, puis vers la paix, puis vers les autres. « Les choses vieilles sont passées; voici, toutes choses sont faites nouvelles » (2 Corinthiens 5:17).
Que faire si mon conjoint m'a quitté contre ma volonté ?
Vous n'êtes pas responsable du choix d'un autre. Restez ouvert à la réconciliation aussi longtemps que c'est raisonnable, sans devenir la proie d'un espoir qui vous détruit. Entourez-vous: un divorce vécu dans l'isolement laisse des cicatrices bien plus profondes. Refusez la vengeance, notamment à travers les enfants. Et sachez que Dieu porte une attention particulière à ceux qui sont délaissés; les Psaumes vous donnent les mots pour Lui parler de cette injustice sans les enjoliver.
Le remariage est-il un adultère permanent ?
Non, selon la lecture majoritaire de l'Église. Jésus décrit l'acte de répudier pour en épouser une autre comme un adultère, ce qui vise le moment de la rupture et l'intention qui la motive, non un état irréversible qui obligerait à rompre le second mariage. La Bible ne demande jamais de réparer une faute en abandonnant un conjoint et des enfants. Si votre remariage est né d'un péché, la voie n'est pas la séparation mais la confession, puis la fidélité désormais sans faille dans le mariage où vous vous trouvez.
Pourquoi Jésus semble-t-Il plus strict que Moïse sur le divorce ?
Parce que Jésus ne discute pas de législation, Il restaure une intention. Les rabbins débattaient de l'étendue du motif de Deutéronome 24:1; Jésus refuse ce terrain et remonte à Genèse 2:24, à ce que Dieu a fait « dès le commencement ». Sa rigueur est protectrice: dans une société où l'homme pouvait renvoyer sa femme presque à volonté, Il rend au mariage sa solidité et protège la partie faible. Et Il incarne Lui-même cette fidélité, en restant l'Époux d'un peuple qui L'a trahi.
Pour conclure
Si vous ne retenez qu'une chose, retenez qui parle. Les textes sur le divorce dans la Bible ne sortent pas d'un tribunal mais du cœur d'un Époux qui a été trompé, qui aurait eu tous les droits de partir, et qui a préféré payer le prix du retour. C'est ce Dieu qui déclare, en Malachie 2:16, haïr la répudiation. C'est ce Dieu qui, en Jésus, ramène le mariage à Genèse 2:24 et à l'unité d'une seule chair. Et c'est ce Dieu qui reconnaît, en Matthieu 5:32, en Matthieu 19:9 et en 1 Corinthiens 7:15, que dans un monde de cœurs durs, certaines alliances sont déjà brisées avant d'être dissoutes.
Alors ne quittez pas cette page avec une simple case cochée. Allez lire Osée en entier, puis Éphésiens 5, puis Apocalypse 19, dans cet ordre. Vous verrez se dessiner une histoire qui commence par un mariage en Éden, traverse une trahison inouïe et se termine par des noces impossibles. Si vous êtes marié, cette histoire vous appelle à tenir. Si vous êtes brisé, elle vous dit que la fin de votre histoire n'est pas encore écrite.