Explication biblique

Daniel 5

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Le texte

Belshatsar donne un banquet pour mille de ses grands, et au milieu de l'ivresse il fait apporter les coupes d'or arrachées au temple de Jérusalem, pour que lui, ses femmes et ses concubines y boivent en louant « les dieux d'or et d'argent, d'airain, de fer, de bois, et de pierre ». À cet instant précis, des doigts d'une main humaine apparaissent et écrivent sur le plâtre du mur, en face du chandelier. Le roi blêmit, ses genoux s'entrechoquent, ses sages restent muets. Daniel, appelé sur le conseil de la reine, refuse les cadeaux, rappelle la folie de Nebucadnetsar, et lit la sentence : Mené, Mené, Thekel, Upharsin. Compté, pesé, divisé. Cette nuit-là même, Belshatsar est tué.

Le cœur

Le péché de Belshatsar n'est pas d'abord l'ivrognerie ni même l'idolâtrie ordinaire : c'est d'avoir touché aux coupes. Ces vases avaient été emportés de Jérusalem comme trophées de guerre, preuve apparente que Mardouk avait vaincu le Dieu d'Israël. Les boire, en louant des dieux qui « ne voient, et n'entendent, et ne comprennent point », c'est célébrer une victoire imaginaire sur le Vivant. Daniel met le doigt exactement là : « le Dieu en la main duquel est ton souffle, et à qui appartiennent toutes tes voies, tu ne l'as pas glorifié. » Voilà le cœur théologique. Dieu ne juge pas Belshatsar parce qu'il aurait manqué une règle religieuse, mais parce qu'il a reçu son souffle même d'une main qu'il refuse de reconnaître. La main qui donne le souffle est aussi celle qui écrit sur le mur. Le jugement n'est pas une intrusion étrangère : c'est le Créateur qui réclame Son dû.

Le fil conducteur

Suivez les coupes, et vous tenez tout le récit biblique en raccourci. Elles sont emportées de Jérusalem au moment de la catastrophe, elles reparaissent ici comme jouets d'un roi ivre, et quelques années plus tard, dans les premières lignes du livre d'Esdras, Cyrus les fait compter une à une et les renvoie à Jérusalem. Le jugement de Babylone n'est donc pas un simple règlement de comptes : il ouvre le chemin du retour. Dieu abat un empire pour rendre à Son peuple les objets de Son culte. L'Apocalypse reprendra ce nom, Babylone, pour toute puissance qui se croit éternelle, et reprendra aussi ce rythme : une seule nuit suffit. Entre les deux, il y a un autre roi, qui a été pesé et n'a pas été trouvé manquant, et qui, « en cette nuit-là », a été livré.

Le miroir

Le danger n'est pas de mépriser les choses saintes, mais de s'en servir. Belshatsar ne casse pas les coupes, il les utilise pour faire briller sa fête. C'est exactement ce que nous faisons quand la foi devient un accessoire de notre crédibilité : la Bible citée pour gagner une discussion à table, la responsabilité dans l'Église portée comme une preuve de valeur, la prière qui sert à calmer nos nerfs avant une réunion importante. Les coupes restent en or ; c'est l'usage qui blasphème. Et remarquez le détail le plus humiliant du chapitre : ce roi qui gouverne un empire ne contrôle même pas ses genoux. Notre souffle ne nous appartient pas, et notre corps le sait avant notre théologie. Aujourd'hui : écrivez sur un papier « le Dieu en la main duquel est ton souffle », posez-le sur votre bureau, puis restez assis une minute à compter dix respirations en les recevant de Sa main.

Le profil

Imaginez des Juifs de la diaspora qui entendent lire ce texte. Ils savent ce que c'est de voir les objets sacrés de leurs pères exposés comme butin, et d'entendre qu'un dieu étranger a gagné. Pour eux, la scène du banquet n'est pas pittoresque, elle est une blessure. Et voici la réponse : seul un exilé, un « fils de la captivité de Juda », peut lire l'écriture que toute la sagesse chaldéenne ne déchiffre pas. Ils entendaient aussi le jeu de mots que nous perdons : mené, thekel, perès sont des poids et des monnaies, mine, sicle, demi-sicle. L'empire est passé à la caisse. Et « perès » sonne comme « Perse ». Le comptable, c'est Dieu ; l'huissier s'appelle Cyrus.

La question

Pourquoi Nebucadnetsar reçoit-il sept ans de folie et un retour à la raison, tandis que son successeur est tué dans la nuit, sans qu'aucun appel à la repentance ne lui soit adressé ? Daniel ne lui dit pas : humilie-toi et tu vivras. Il lit une sentence déjà exécutée. Le texte donne une raison, et elle est dure : « tu n'as pas humilié ton cœur, bien que tu aies su tout cela. » Le savoir aggrave. Belshatsar n'est pas un païen ignorant, il est l'héritier d'un témoignage qu'il a choisi de traiter comme une anecdote de famille. Reste que le seuil exact où la patience de Dieu cesse d'attendre nous demeure caché. Le texte ne nous permet ni de le fixer, ni de faire comme s'il n'existait pas.

Le personnage principal

Belshatsar est un roi de seconde main. Il offre le troisième rang du royaume, ce qui trahit qu'il n'occupe lui-même que le deuxième. Tout ce qu'il possède lui vient d'un autre : le trône, les coupes, la mémoire de Nebucadnetsar dont Daniel lui rappelle l'histoire comme on rappelle un dossier oublié. Il lui faut mille convives pour se sentir réel. Et quand la main écrit, il ne se repent pas ; il cherche un traducteur, puis un cadeau à faire. Le geste final est presque touchant de vanité : il fait revêtir Daniel de pourpre et proclamer sa promotion dans un royaume qui n'a plus quelques heures à vivre. Jusqu'au bout il joue au souverain. La grandeur empruntée qu'on refuse de reconnaître comme empruntée finit toujours par être réclamée.

Réflexion

Quelle chose sainte utilisez-vous, sans y penser, pour rehausser votre propre nom ?

Si votre vie était pesée ce soir, sur quoi comptez-vous pour ne pas être « trouvé manquant de poids » ?

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Questions fréquentes sur Daniel 5

Des réponses rapides aux questions les plus courantes sur ce passage biblique.

Que signifie Daniel 5 ?
Belshatsar donne un banquet pour mille de ses grands, et au milieu de l'ivresse il fait apporter les coupes d'or arrachées au temple de Jérusalem, pour que lui, ses femmes et ses concubines y boivent en louant « les dieux d'or et d'argent, d'airain, de fer, de bois, et de pierre ».
De quoi parle Daniel 5 ?
Le péché de Belshatsar n'est pas d'abord l'ivrognerie ni même l'idolâtrie ordinaire : c'est d'avoir touché aux coupes. Ces vases avaient été emportés de Jérusalem comme trophées de guerre, preuve apparente que Mardouk avait vaincu le Dieu d'Israël.
Quel est le contexte historique de Daniel 5 ?
Suivez les coupes, et vous tenez tout le récit biblique en raccourci. Elles sont emportées de Jérusalem au moment de la catastrophe, elles reparaissent ici comme jouets d'un roi ivre, et quelques années plus tard, dans les premières lignes du livre d'Esdras, Cyrus les fait compter une à une et les renvoie à Jérusalem.
Que nous enseigne Daniel 5 sur le caractère de Dieu ?
Le danger n'est pas de mépriser les choses saintes, mais de s'en servir. Belshatsar ne casse pas les coupes, il les utilise pour faire briller sa fête.
En quoi Daniel 5 reste-t-il pertinent aujourd'hui ?
Imaginez des Juifs de la diaspora qui entendent lire ce texte. Ils savent ce que c'est de voir les objets sacrés de leurs pères exposés comme butin, et d'entendre qu'un dieu étranger a gagné. Pour eux, la scène du banquet n'est pas pittoresque, elle est une blessure.
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Réflexions, prières et actions de grâce des lecteurs et de l'équipe de rédaction sur ce passage.

Réflexion Éditorial le verset 14

Et j'ai ouï dire de toi que l'esprit des dieux est en toi, et que lumière, et intelligence, et sagesse extraordinaire se trouvent en toi." Belshatsar n'a jamais cherché Daniel avant la nuit où une main écrit sur le mur. Toi aussi, tu peux avoir entendu parler de Dieu longtemps sans jamais l'appeler. Faut-il un mur qui parle pour que tu te tournes vers lui ?

Réflexion Éditorial le verset 25

« Et c'est ici l'écriture qui a été tracée : MENE, MENE, TEKEL, UPHARSIN. » Quelques mots seulement, et toute une vie pesée. Belshatsar buvait dans les coupes du temple sans y penser, persuadé d'avoir encore du temps. Et si la balance de Dieu se posait ce soir sur tes journées, que dirait-elle ? Il reste aujourd'hui pour changer de mains.

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