Jérémie 30:2
Le texte
Une parole arrive à Jérémie, et cette parole ne demande pas d'abord qu'il prêche, ni qu'il pleure, ni qu'il aille se planter devant le roi. Elle demande qu'il écrive : « Écris pour toi dans un livre toutes les paroles que je t'ai dites. » Toutes. Pas une sélection des plus encourageantes, pas un florilège pour temps difficiles. L'ensemble de ce que Dieu a dit à ce prophète, y compris ce qui a fait de lui un homme haï dans sa propre ville. Et ce qui suit immédiatement, au verset 3, explique pourquoi il faut de l'encre plutôt que de la voix : « les jours viennent », des jours que Jérémie ne verra probablement pas. On écrit pour ceux qui ne sont pas encore là.
Le cœur
Dieu confie Sa parole à un support qui Lui survivra, et cela dit quelque chose de troublant sur la manière dont Il travaille. Le verbe hébreu ici, katab, « écrire, graver », n'a rien de sentimental : c'est le mot des contrats, des actes, des choses qu'on ne peut plus renier ensuite. Dieu se lie. Il ne se contente pas de promettre à voix haute à une génération qui va mourir en exil ; Il met Sa promesse par écrit pour que des gens nés à Babylone, qui n'auront jamais vu Jérusalem, puissent la tenir entre leurs mains et vérifier. La grâce, ici, prend la forme d'un document. Et cela signifie que le salut ne dépend pas de la mémoire, souvent défaillante, de ceux qui l'ont entendu, mais de la fidélité de Celui qui l'a dicté.
Le fil conducteur
Ce petit ordre d'écrire ouvre ce qu'on appelle depuis longtemps le « livre de la consolation », les chapitres 30 à 33, et il annonce déjà l'essentiel : un roi issu du peuple lui-même, « David, leur roi, lequel je leur susciterai », et une alliance résumée en une phrase, « vous serez mon peuple, et moi je serai votre Dieu ». Jérémie écrit donc, sans le savoir entièrement, une promesse qui dépassera de plusieurs siècles le retour de Babylone. Le rouleau tient plus qu'il ne semble. Et l'Église chrétienne a hérité de ce même réflexe : on n'a pas gardé Jésus en mémoire orale, on L'a mis par écrit, parce qu'une parole qui doit traverser les générations a besoin d'être fixée quelque part que la nostalgie ne peut pas retoucher.
Le miroir
Vous connaissez la tentation de la sélection. On garde les paroles de Dieu qui réconfortent et on laisse glisser celles qui accusent ; on souligne le verset 10, « ne crains point », et on saute le verset 15, « je t'ai fait ces choses à cause de la grandeur de ton iniquité ». Dieu dit : toutes les paroles. Écrivez aussi celle-là. Et il y a une seconde chose, plus sourde : ce texte vous demande de travailler pour un résultat que vous ne verrez pas. Vous élevez un enfant dont vous ne connaîtrez pas l'âge adulte ; vous priez pour un frère qui ne bouge pas ; vous enseignez un groupe qui semble n'avancer sur rien. Jérémie écrit pour des lecteurs qui ne sont pas encore nés. Est-ce que votre fidélité tient, quand la récompense se situe hors de votre vue ?
Le personnage principal
Le vrai personnage ici, c'est Dieu, et Il apparaît sous un jour inattendu : Il dicte. Celui qui a parlé au Sinaï dans le feu se penche maintenant vers un homme épuisé et Lui demande de prendre la plume. Il y a de la patience là-dedans, et une forme de vulnérabilité choisie : mettre Sa parole entre des mains humaines, sur un matériau qui brûle, qui se perd, que Jehoïakim brûlera d'ailleurs un jour. Dieu accepte ce risque. Et le même Dieu qui écrira plus loin « ta blessure est incurable » écrit aussi « je te guérirai de tes plaies ». Ce n'est pas de l'ambivalence, c'est un seul mouvement : Il ne minimise jamais le mal qu'Il a l'intention de guérir.
Le contexte
Nous sommes à la fin du royaume de Juda, autour de la chute de Jérusalem en 587 avant Jésus-Christ. Babylone domine, une partie de l'élite est déjà déportée, et la voix publique de Jérémie ne sert plus à grand-chose : il est méprisé, parfois emprisonné, considéré comme traître parce qu'il refuse la ligne patriotique. Dans ce monde, un livre est un objet coûteux, réservé aux archives royales et aux temples. Écrire un rouleau, c'est déclarer que ces paroles-là appartiennent aux documents officiels de la nation, pas aux rumeurs. Un prophète qu'on ne veut plus entendre devient ainsi le greffier de l'avenir.
L'intertexte
Ésaïe reçoit un ordre semblable : écrire sur une tablette pour que cela reste « pour les jours à venir », quand le témoignage oral aura été rejeté. L'écriture est le refuge de la parole quand l'oreille se ferme. Et à la fin de notre chapitre, une phrase répond exactement à cette logique : « À la fin des jours vous le comprendrez. » Le texte lui-même prévoit son propre retard de compréhension. C'est peut-être la consolation la plus dure et la plus solide qui soit : ce que vous ne saisissez pas aujourd'hui de l'agir de Dieu n'est pas perdu, il est simplement archivé jusqu'au moment où vous serez capables de le lire.
Réflexion
Quelle parole de Dieu avez-vous discrètement écartée de votre « livre » personnel parce qu'elle vous accusait plutôt qu'elle ne vous consolait ?
Pour qui écrivez-vous, priez-vous ou travaillez-vous en ce moment, sans espoir raisonnable d'en voir le fruit de votre vivant, et qu'est-ce qui vous y tient encore ?
Des livres chrétiens à découvrir
Des livres choisis avec soin, disponibles dans votre langue.
Ce récit intime de conversion invite le lecteur à contempler la grâce de Dieu qui transforme les cœurs les plus tourmentés.
Cette allégorie intemporelle éclaire chaque étape de la vie chrétienne, des combats aux joies célestes.
Les Fondements du christianisme
Lewis expose avec clarté et humour les vérités essentielles de la foi, affermissant l'intelligence et le cœur.
Ces lettres pleines d'esprit démasquent les ruses spirituelles quotidiennes et encouragent la vigilance dans la foi.
Un compagnon de méditation qui appelle à une intimité profonde et humble avec le Christ.
Faith.network earns a small commission on Kobo purchases made through these links, at no extra cost to you. It helps keep the studies free.
Questions fréquentes sur Jeremiah 30:2
Des réponses rapides aux questions les plus courantes sur ce passage biblique.
Que signifie Jérémie 30:2 ?
De quoi parle Jérémie 30:2 ?
Quel est le contexte historique de Jérémie 30:2 ?
Que nous enseigne Jérémie 30:2 sur le caractère de Dieu ?
En quoi Jérémie 30:2 reste-t-il pertinent aujourd'hui ?
Ce que la communauté partage sur Jeremiah 30
Réflexions, prières et actions de grâce des lecteurs et de l'équipe de rédaction sur ce passage.
Père, tu promets un jour où tout ce qui a été perdu sera ramené. J'ai du mal à voir cet horizon, mais je m'appuie sur ta parole. Ramène-moi vers toi, restaure ce qui est brisé en moi, et apprends-moi à attendre avec confiance.
Père, il y a des choses que je ne comprends pas encore. Ton cœur poursuit un dessein que mes yeux ne saisissent pas aujourd'hui. Apprends-moi à attendre sans me durcir, à te faire confiance jusqu'au jour où tout deviendra clair.
Explorer ce passage à un autre niveau
Débutant, théologien, ou une autre longueur de lecture ? Ajustez les paramètres et générez votre propre version.
Ouvrir dans l'outil d'étude