Explication biblique

2 Corinthiens 1:1

Bible

Le texte

Une seule phrase, et pourtant elle contient tout un monde : « Paul, apôtre de Jésus Christ par la volonté de Dieu, et Timothée, le frère, à l'assemblée de Dieu qui est à Corinthe, avec tous les saints qui sont dans l'Achaïe tout entière ». Un homme se nomme, mentionne son mandat, associe un compagnon plus jeune, et désigne ses destinataires : une communauté dans une ville portuaire bruyante, et au-delà d'elle, tous les croyants dispersés dans la province romaine environnante. Rien de plus. Pas de salutation chaleureuse encore, pas d'anecdote, pas de captatio bienveillante. D'abord l'identité, ensuite l'adresse. Celui qui connaît la suite de la lettre sait pourquoi : chacun de ces mots sera contesté à Corinthe, y compris le premier.

Le cœur

« Par la volonté de Dieu » : voilà le pivot. Paul n'écrit pas parce qu'il a du talent, ni parce qu'une assemblée l'a élu, ni parce qu'il possède des lettres de recommandation, ce qui à Corinthe pesait lourd. Son autorité ne remonte pas à lui-même mais à une décision prise en dehors de lui, dans le vouloir de Dieu. Cela déplace tout : on ne peut pas destituer un envoyé qu'on n'a pas nommé. Et l'autre moitié de la phrase est tout aussi renversante : « l'assemblée de Dieu qui est à Corinthe ». Deux mots qui, mis côte à côte, auraient fait sourire n'importe quel habitant de la ville. Corinthe, port de commerce, marins, temples, argent rapide, réputation douteuse. Et pourtant : l'assemblée de Dieu, là. La grâce n'attend pas un lieu convenable ; elle prend adresse dans un quartier réel.

Le fil conducteur

Le mot que Paul emploie pour « assemblée », ekklēsia, n'était pas un terme religieux dans la bouche d'un Corinthien. C'était le mot civique par excellence : le rassemblement des citoyens convoqués sur la place publique pour délibérer. Mais dans les Écritures grecques que Paul avait apprises, ce même mot désignait Israël convoqué au pied du Sinaï pour entendre la voix de Dieu. Les deux sens se percutent dans cette adresse. Un groupe de dockers, d'affranchis, de femmes tenant boutique et de quelques notables se réunit dans une maison, et Paul leur applique le nom du peuple rassemblé devant la montagne fumante. Ce qui a rendu ce transfert possible n'est pas une idée mais une personne : Jésus Christ, dont Paul se dit l'apôtre avant même de dire un mot sur lui-même. La convocation continue, mais elle passe désormais par Lui.

Le miroir

Il y a une phrase que vous n'oserez peut-être jamais dire à voix haute, et c'est pourtant celle de Paul : ce que je fais ici, je le fais par la volonté de Dieu. Nous préférons les formulations prudentes, parce que se réclamer de Dieu quand on anime un groupe, quand on enseigne, quand on porte une famille, semble prétentieux. Mais l'alternative est pire : vous fondez alors votre légitimité sur les retours que vous recevez, sur le nombre de gens présents, sur l'estime de ceux qui vous critiquent. C'est un sol mouvant, et il cède toujours au mauvais moment. Paul écrit à des gens qui doutent de lui, et il ne commence pas par se justifier ; il commence par se situer. Aujourd'hui : écrivez sur une feuille le nom de votre église et de votre rue, précédé des mots « l'assemblée de Dieu qui est à », relisez-le à voix haute, et priez pour une seule personne de ce lieu que vous avez du mal à appeler « saint ».

L'intertexte

Dans la lettre aux Galates, Paul ouvre presque de la même manière, mais avec une virulence supplémentaire : apôtre non de la part des hommes ni par un homme. Là, il se bat contre des adversaires qui contestent son évangile. Ici, à Corinthe, la contestation porte plutôt sur sa personne : il parle mal, il change ses plans, il n'a pas d'allure. La formule reste la même, mais le ton s'est adouci, et il ajoute Timothée à ses côtés. Et dans la première lettre à cette même ville, il avait déjà appelé ces gens « sanctifiés » avant de leur reprocher des choses graves. La logique est constante chez lui : le statut précède la correction. On ne devient pas saint en se corrigeant, on se corrige parce qu'on a été mis à part.

Le personnage principal

Paul est ici un homme blessé qui garde sa tenue. La suite de la lettre montrera à quel point : il parlera de désespérer même de vivre, il devra se défendre d'être léger, il en appellera à Dieu comme témoin sur son âme. Mais dans la première ligne, rien ne transparaît de cette tempête. Il se nomme, il nomme son mandat, il nomme son compagnon. Et ce détail-là est révélateur : Timothée, plus jeune, timide, méprisé par certains, il l'appelle simplement « le frère », sans titre. Paul défend son propre apostolat parce qu'il en va de l'évangile, mais il ne l'utilise jamais pour écraser quelqu'un. Un homme qui sait d'où il tient son autorité n'a pas besoin de la faire sentir à son cadet.

Le contexte

Corinthe avait été rasée par Rome, puis refondée par Jules César comme colonie, peuplée en bonne partie d'affranchis. C'était une ville sans vieille noblesse, donc une ville obsédée par le statut acquis : on y montait vite, on y exhibait sa réussite, on y jugeait un orateur à sa prestance. Deux ports, celui de Léchaion et celui de Cenchrées, l'odeur de poix et de poisson, les langues mêlées, l'argent qui circule. Paul écrit vraisemblablement depuis la Macédoine, après une visite douloureuse et une lettre sévère, dans un climat de méfiance. Et il élargit l'adresse à « tous les saints qui sont dans l'Achaïe tout entière », toute la province dont Corinthe était la capitale administrative. Autrement dit : ce que vous lisez, d'autres le liront. Le conflit n'est pas une affaire privée.

Réflexion

Sur quoi repose, concrètement, votre légitimité à faire ce que vous faites dans l'Église : sur un appel reçu, ou sur l'approbation que vous espérez encore obtenir ?

Quel nom donneriez-vous à votre communauté si vous deviez l'écrire comme Paul : ce qu'elle est aux yeux des gens, ou ce qu'elle est aux yeux de Dieu ?

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Questions fréquentes sur 2 Corinthians 1:1

Des réponses rapides aux questions les plus courantes sur ce passage biblique.

Que signifie 2 Corinthiens 1:1 ?
Une seule phrase, et pourtant elle contient tout un monde : « Paul, apôtre de Jésus Christ par la volonté de Dieu, et Timothée, le frère, à l'assemblée de Dieu qui est à Corinthe, avec tous les saints qui sont dans l'Achaïe tout entière ».
De quoi parle 2 Corinthiens 1:1 ?
Le mot que Paul emploie pour « assemblée », ekklēsia, n'était pas un terme religieux dans la bouche d'un Corinthien. C'était le mot civique par excellence : le rassemblement des citoyens convoqués sur la place publique pour délibérer. Mais dans les Écritures grecques que Paul avait apprises, ce même mot désignait Israël convoqué au pied du Sinaï pour entendre la voix de Dieu.
Quel est le contexte historique de 2 Corinthiens 1:1 ?
Dans la lettre aux Galates, Paul ouvre presque de la même manière, mais avec une virulence supplémentaire : apôtre non de la part des hommes ni par un homme. Là, il se bat contre des adversaires qui contestent son évangile. Ici, à Corinthe, la contestation porte plutôt sur sa personne : il parle mal, il change ses plans, il n'a pas d'allure.
Que nous enseigne 2 Corinthiens 1:1 sur le caractère de Dieu ?
Corinthe avait été rasée par Rome, puis refondée par Jules César comme colonie, peuplée en bonne partie d'affranchis. C'était une ville sans vieille noblesse, donc une ville obsédée par le statut acquis : on y montait vite, on y exhibait sa réussite, on y jugeait un orateur à sa prestance.
En quoi 2 Corinthiens 1:1 reste-t-il pertinent aujourd'hui ?
Quel nom donneriez-vous à votre communauté si vous deviez l'écrire comme Paul : ce qu'elle est aux yeux des gens, ou ce qu'elle est aux yeux de Dieu ?
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Ce que la communauté partage sur 2 Corinthians 1

Réflexions, prières et actions de grâce des lecteurs et de l'équipe de rédaction sur ce passage.

Réflexion Éditorial le verset 15

Paul appelle sa visite une grâce: « afin que vous eussiez une seconde grâce ». Il ne vient pas pour inspecter, ni pour reprendre en main, mais pour donner encore. Ses projets ont changé, et on l'a accusé de légèreté. Pourtant son cœur, lui, n'avait pas bougé. Et toi, quand tu penses à quelqu'un, est-ce pour lui apporter une grâce?

Réflexion Éditorial le verset 10

Trois temps dans un même souffle: «qui nous a délivrés d'une si grande mort, et qui nous délivre; en qui nous espérons qu'il nous délivrera aussi encore.» Paul ne dit pas que l'épreuve est finie. Il dit que Celui qui l'a porté hier le porte aujourd'hui. Ton passé n'est pas un souvenir, c'est une preuve.

Prière Éditorial le verset 12

Père, je veux vivre sans double fond, transparent devant toi comme devant les autres. Garde-moi de la ruse et des calculs, et laisse ta grâce guider ma manière d'être, pour que ma conscience soit en paix.

Réflexion Éditorial le verset 6

Paul ne dit pas que ses souffrances sont inutiles. Il dit: "Or, soit que nous soyons dans la tribulation, c'est pour votre consolation et votre salut." Ce que tu traverses aujourd'hui pourrait bien devenir demain la consolation de quelqu'un d'autre. Ta peine n'est pas un trou perdu. Dieu s'en sert, même quand tu ne vois rien.

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