Explication biblique

Actes des Apôtres 2

Bible
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Le Texte

Le vent s'engouffre dans la maison, des langues de feu se posent sur chacun, et des Galiléens sans prestige se mettent à raconter « les choses magnifiques de Dieu » dans les langues de l'empire, si bien que la foule oscille entre l'ébahissement et le sarcasme : « Ils sont pleins de vin doux. » Pierre se lève alors avec les onze et fait tenir tout l'événement dans un nom : ce Jésus que vous avez crucifié, Dieu L'a ressuscité, exalté, et c'est Lui qui répand ce que vous voyez et entendez. Trois mille personnes, le cœur transpercé, se font baptiser ce jour-là, et une communauté naît qui persévère dans l'enseignement, la communion, la fraction du pain et les prières.

Le Cœur

Le centre de gravité du chapitre n'est pas le feu, ni les langues, ni même l'extase de la foule : c'est un homme assis. « Ayant donc été exalté par la droite de Dieu, et ayant reçu de la part du Père l'Esprit Saint promis, il a répandu ce que vous voyez et entendez. » Autrement dit, la Pentecôte n'est pas un phénomène religieux autonome, c'est la preuve audible d'une intronisation invisible. On ne peut pas voir Jésus à la droite du Père ; on peut entendre des pêcheurs parler le parthe et l'arabe. Le Saint Esprit est ici le premier acte de gouvernement du Christ élevé, la signature du Roi sur Son décret. Voilà pourquoi Pierre ne conclut pas par « recevez une expérience » mais par « Dieu a fait et Seigneur et Christ ce Jésus que vous avez crucifié ». Le don vient d'un trône, et ce trône fut d'abord une croix.

Le Fil Rouge

La Pentecôte n'est pas une fête improvisée : c'est la fête des semaines, la fête de la moisson, cinquante jours après la Pâque. Le Christ est mort à la Pâque comme l'Agneau ; cinquante jours plus tard, la première gerbe de la récolte humaine est engrangée, trois mille âmes. Luc ne dit pas cela explicitement, mais la logique du calendrier le dit pour lui. Et plus loin en arrière encore, il y a Babel, où Dieu avait dispersé les hommes en confondant leur langue (Genèse 11) ; ici les langues ne sont pas unifiées, elles sont traversées. Dieu ne rétablit pas une langue unique, Il rend Sa parole audible dans chacune. La malédiction n'est pas annulée, elle est retournée : le Christ élevé parle parthe, égyptien, latin. Le serment fait à David, « qu'il ferait asseoir [quelqu'un suscité] du fruit de ses reins, sur son trône », se réalise non à Jérusalem mais dans les cieux.

Le Miroir

Il y a dans ce chapitre une phrase qui nous vise plus que nous ne le pensons : « à vous est la promesse et à vos enfants, et à tous ceux qui sont loin ». Vous connaissez peut-être cette peur discrète que la promesse se soit épuisée en route, qu'elle ait été pleine pour les apôtres et diluée pour vous, croyant fatigué du mardi matin, avec un travail qui vous vide et un enfant qui ne prie plus. Pierre coupe court : la promesse porte jusqu'à ceux qui sont loin, en distance et en génération. Mais le texte grate ailleurs aussi. Ces gens vendaient leurs possessions et distribuaient « selon que quelqu'un pouvait en avoir besoin ». L'Esprit reçu a immédiatement touché leurs comptes. Si le don du Christ élevé n'a jamais atteint votre portefeuille ni votre agenda, il faut se demander ce qu'on a reçu au juste.

Contexte

Nous sommes à Jérusalem, une cinquantaine de jours après une exécution publique dont toute la ville a parlé. La fête des semaines est l'une des trois où l'on monte au Temple, la ville est donc gorgée de pèlerins de la diaspora, des Juifs pieux venus de Mésopotamie, de Crète, de Rome, avec leurs accents et leurs dialectes. Le Temple fonctionne, le sacerdoce est en place, Rome tient la garnison, le sanhédrin surveille. Les disciples, eux, ne sont rien : des provinciaux de Galilée, reconnaissables à leur parler, sans école rabbinique, associés à un condamné. Il est neuf heures du matin, « la troisième heure du jour », l'heure de la prière et du sacrifice, l'heure la moins compatible avec l'ivresse. Et c'est ce groupe méprisable qui annonce que le crucifié est désormais Seigneur.

Le Détail

Deux verbes se répondent à distance, et il faut y regarder de près. Pierre dit à la foule : « vous l'avez cloué à [une croix] ». Puis, au verset 37, « ils eurent le cœur saisi de componction ». Le mot grec, katenygēsan, signifie être transpercé, poignardé, frappé d'un coup net. Le clou qu'ils ont enfoncé leur revient, non dans la main mais dans le cœur. Ce n'est pas une émotion religieuse vague, c'est la blessure exacte du crucifié qui se retourne en eux et devient salut. Voilà comment l'Esprit prêche : Il ne rend pas les gens euphoriques, Il les transperce. Et remarquez leur réaction : pas « nous sommes désolés », mais « Que ferons-nous, frères ? ». La blessure appelle un acte, non un sentiment.

Le Personnage Principal

Le personnage central de ce chapitre n'apparaît pas une seule fois sur scène, et Il fait tout. Jésus est nommé « Jésus le Nazaréen, homme approuvé de Dieu », un homme de village, avec un lieu et un accent. Il a été livré, cloué, tué par des mains iniques ; Il a été ressuscité parce qu'« il n'était pas possible qu'il soit retenu » par la mort ; Il a été exalté, Il a reçu du Père l'Esprit promis, et Il l'a répandu. Le sujet actif de la Pentecôte, c'est Lui. Ce qui frappe, c'est la continuité de la personne : le même qui saignait est celui qui distribue l'Esprit. Le Christ élevé n'est pas une abstraction glorieuse ayant laissé Son humanité au vestiaire ; c'est le Nazaréen assis à la droite de Dieu, qui répand sur d'anciens ennemis ce que le Père Lui a donné.

L'Intertexte

Pierre lit trois textes en un seul mouvement. Joël promet l'Esprit « sur toute chair », avec des signes cosmiques et un jugement imminent ; Pierre ose dire que « les derniers jours » ont commencé ce matin-là. Le Psaume 16, « tu ne laisseras pas mon âme en hadès », il le déclare inapplicable à David, dont « son sépulcre est au milieu de nous jusqu'à ce jour » : preuve gênante et concrète, on peut aller voir la tombe. Donc David parlait d'un autre. Puis le Psaume 110, « Assieds-toi à ma droite », qui fournit la place du ressuscité. Une prophétie sur l'Esprit, une sur la résurrection, une sur l'intronisation : ensemble elles produisent la conclusion « Dieu a fait et Seigneur et Christ ce Jésus que vous avez crucifié ». L'Ancien Testament n'est pas illustration, il est démonstration.

Le Profil

Mettez-vous à leur place. Vous êtes un Juif pieux de Cappadoce, venu de loin, à grands frais, pour la fête. Vous entendez soudain votre dialecte maternel dans la bouche d'un Galiléen, et ce qu'il annonce, ce sont « les choses magnifiques de Dieu ». Puis un pêcheur vous explique que l'homme exécuté sept semaines plus tôt hors des murs est le Messie promis à David, et que vous êtes du côté des bourreaux. Pour cette oreille-là, l'accusation n'est pas psychologique mais nationale : la maison d'Israël a rejeté son propre Roi. Et pourtant la première parole après l'accusation est « Repentez-vous », suivie de « en rémission des péchés ». Ce que nous entendons comme une invitation, ils l'ont entendu comme une amnistie inespérée offerte à des coupables identifiés.

La Question

Reste une phrase que Pierre juxtapose sans la résoudre : Jésus a été « livré par le conseil défini et par la préconnaissance de Dieu », et pourtant « vous l'avez cloué à [une croix] et vous l'avez fait périr par la main d'hommes iniques ». Décidé par Dieu, commis par des hommes coupables. Si c'était le plan, comment le crime reste-t-il crime ? Le texte ne fait aucun effort pour concilier les deux, et il faut résister à la tentation de le faire à sa place. Notez seulement ceci : Pierre ne se sert pas du décret divin pour excuser la foule, ni de la culpabilité de la foule pour limiter Dieu. Il tient les deux, parce que l'Évangile a besoin des deux. Sans la souveraineté, la croix est un accident ; sans la culpabilité, il n'y a personne à pardonner. Le mystère demeure entier, mais il ne nous laisse pas les mains vides : il nous laisse au pied de la croix, coupables et convoqués.

Réflexion

Si la Pentecôte est la signature d'un Roi assis, où dans ma vie concrète le gouvernement de ce Roi se fait-il réellement sentir cette semaine, et où fais-je encore comme s'Il n'était pas monté sur le trône ?

Quand une parole me transperce le cœur, est-ce que je m'arrête à l'émotion, ou est-ce que je pose la question des trois mille : « Que ferons-nous ? »

Ils avaient « toutes choses communes ». Qu'est-ce que je considère comme intouchablement mien, et qu'est-ce que cela révèle sur ce que j'ai vraiment reçu de l'Esprit ?

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Questions fréquentes sur Acts 2

Des réponses rapides aux questions les plus courantes sur ce passage biblique.

Que signifie Actes des Apôtres 2 ?
Le vent s'engouffre dans la maison, des langues de feu se posent sur chacun, et des Galiléens sans prestige se mettent à raconter « les choses magnifiques de Dieu » dans les langues de l'empire, si bien que la foule oscille entre l'ébahissement et le sarcasme : « Ils sont pleins de vin doux.
De quoi parle Actes des Apôtres 2 ?
Il y a dans ce chapitre une phrase qui nous vise plus que nous ne le pensons : « à vous est la promesse et à vos enfants, et à tous ceux qui sont loin ». Vous connaissez peut-être cette peur discrète que la promesse se soit épuisée en route, qu'elle ait été pleine pour les apôtres et diluée pour vous, croyant fatigué du mardi matin, avec un travail qui vous vide et un enfant qui ne prie plus.
Quel est le contexte historique de Actes des Apôtres 2 ?
Le personnage central de ce chapitre n'apparaît pas une seule fois sur scène, et Il fait tout. Jésus est nommé « Jésus le Nazaréen, homme approuvé de Dieu », un homme de village, avec un lieu et un accent.
Que nous enseigne Actes des Apôtres 2 sur le caractère de Dieu ?
Reste une phrase que Pierre juxtapose sans la résoudre : Jésus a été « livré par le conseil défini et par la préconnaissance de Dieu », et pourtant « vous l'avez cloué à [une croix] et vous l'avez fait périr par la main d'hommes iniques ». Décidé par Dieu, commis par des hommes coupables.
En quoi Actes des Apôtres 2 reste-t-il pertinent aujourd'hui ?
Ils avaient « toutes choses communes ». Qu'est-ce que je considère comme intouchablement mien, et qu'est-ce que cela révèle sur ce que j'ai vraiment reçu de l'Esprit ?
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Réflexion Éditorial le verset 45

Et ils vendaient leurs possessions et leurs biens, et les distribuaient à tous, selon que quelqu'un pouvait en avoir besoin." Remarque le détail: selon le besoin, pas selon le mérite. Personne ne demandait comment l'autre en était arrivé là. La Pentecôte n'a pas seulement délié les langues, elle a délié les mains. Qu'est-ce que ton portefeuille dit de ce que tu as reçu?

Merci Éditorial le verset 19

Merci, Seigneur, de ne rien cacher: tu annonces d'avance «des prodiges dans le ciel en haut, et des signes sur la terre en bas». Le ciel et la terre t'obéissent, et ta parole avertit avant de juger. Merci pour cette patience qui me laisse le temps de revenir à toi.

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