Éphésiens 2:20
Le texte
Paul vient de dire aux croyants venus des nations qu'ils ne sont plus des étrangers de passage mais des citoyens et des familiers de Dieu. Puis il change d'image: cette maisonnée devient un bâtiment. Vous avez été « édifiés sur le fondement des apôtres et prophètes », écrit-il, et au point décisif de cette construction, là où tout se tient ou s'effondre, se trouve « Jésus Christ lui-même étant la maîtresse pierre du coin ». Trois éléments, donc: une fondation posée par d'autres, une pierre qui commande l'ensemble, et vous, pierres placées là sans avoir choisi votre place.
Le cœur
Remarquez le verbe: vous avez été édifiés. Pas vous vous êtes construits. L'Église n'est pas un rassemblement de volontaires qui décident de bâtir quelque chose pour Dieu; elle est un ouvrage dont le maçon est ailleurs. Cela rejoint ce que Paul vient de dire au verset 10: « nous sommes son ouvrage ». La passivité ici n'est pas une faiblesse, c'est la grâce sous forme architecturale. Et le mot grec derrière « maîtresse pierre du coin », akrogōniaios, désigne la pierre d'angle qui fixe l'alignement de tous les murs. Non pas un ornement posé au sommet, mais la référence qui détermine si le reste est droit ou de travers. Christ n'est pas le couronnement d'un édifice que nous aurions monté. Il est l'angle à partir duquel chaque pierre reçoit sa position.
Le fil conducteur
« Le fondement des apôtres et prophètes »: quels prophètes? Paul ne précise pas, et c'est précisément ce silence qui donne à penser. Si ce sont ceux d'Israël, alors l'édifice repose sur des siècles de paroles reçues avant que Christ ne vienne. Si ce sont les prophètes de l'Église naissante, le fondement est récent, fragile, humain. Peut-être les deux. Le Psaume 118 parlait déjà d'une pierre rejetée par les bâtisseurs devenue la tête de l'angle; Jésus se l'était appliquée. Le fil est donc ancien: Dieu bâtit avec ce que les constructeurs compétents ont mis au rebut. Et le temple qui se construit ici n'est pas de pierre taillée, il est fait de personnes autrefois « sans droit de cité en Israël ».
Le miroir
Vous avez sans doute votre idée de l'endroit où vous devriez vous trouver dans cet édifice. Plus en vue, peut-être. Ou au contraire bien à l'abri, loin des charges, loin de ce frère difficile dans le conseil d'église, loin de ces voisins de banc avec qui vous n'avez rien choisi en commun. Le texte ne vous demande pas votre avis sur votre emplacement. Vous avez été posé. Et la pierre voisine aussi, celle dont vous supportez le poids et qui supporte le vôtre. Ce que ce verset met à nu, c'est notre désir secret d'être des bâtisseurs plutôt que des pierres, de garder la main sur le plan.
Aujourd'hui: écrivez sur un papier le nom d'une personne de votre église avec qui vous n'avez rien choisi en commun, et dites à voix haute, en la nommant, qu'elle a été posée là par Dieu et non par vous.
La question
Si Christ est la pierre d'angle qui aligne tout, pourquoi l'édifice est-il si manifestement de travers? Les divisions que Paul combat ici, juifs et nations, se sont multipliées en des milliers de murs que nous avons rebâtis avec application, alors même que le verset 14 affirme que le mur mitoyen a été détruit. Paul n'offre pas d'explication. Il décrit ce qui est vrai en Christ sans nier ce qui est visible dans les communautés. Faut-il conclure que l'alignement est une réalité cachée, perceptible seulement d'en haut, et que ce que nous voyons de notre niveau est le chantier et non l'œuvre achevée? Le verset suivant parle d'un édifice qui « croît ». Un bâtiment qui croît: l'image est bancale exprès. Peut-être que l'inachèvement fait partie de ce que Dieu veut nous laisser porter.
Le personnage principal
« Jésus Christ lui-même ». Ce lui-même n'est pas un remplissage. Paul aurait pu écrire simplement « Christ étant la pierre d'angle ». Il insiste: c'est Lui, en personne, pas Son enseignement, pas Son exemple, pas la mémoire qu'on garde de Lui. Et la position qu'Il occupe est la plus basse et la plus exposée de l'édifice, celle qui prend la poussée de deux murs à la fois. Le verset 16 vient de dire qu'Il a réconcilié les deux en un seul corps par la croix. L'angle est l'endroit où la tension converge. Il est le seul à n'avoir pas été posé par un autre; Il est celui qui s'est laissé placer là.
Le profil
Les lecteurs d'Éphèse vivaient à l'ombre du temple d'Artémis, l'une des merveilles du monde antique: des colonnes énormes, un sanctuaire où l'on ne pénétrait pas sans conditions. Entendre que le vrai temple se construisait avec eux, anciens païens « sans espérance », a dû sonner comme une provocation ou comme une libération, selon le cœur. Ils savaient aussi ce qu'était un étranger domicilié, un forain sans droits civiques, toléré mais jamais chez lui. Dire à ces gens-là qu'ils étaient devenus pierres de l'habitation de Dieu, ce n'était pas une métaphore pieuse. C'était leur donner un statut que la cité leur refusait.
Réflexion
Si vous n'avez pas choisi votre place dans cet édifice, qu'est-ce que vous tenez encore pour un choix, et à quoi cela vous sert-il?
Qu'est-ce qui, dans votre vie, est resté de travers parce que vous l'avez aligné sur une autre pierre que Christ?
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Questions fréquentes sur Ephesians 2:20
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Ce que la communauté partage sur Ephesians 2
Réflexions, prières et actions de grâce des lecteurs et de l'équipe de rédaction sur ce passage.
Père, je suis ton ouvrage, même les jours où je ne me sens pas grand chose. Merci d'avoir préparé d'avance un chemin pour moi, avec des gestes simples à poser aujourd'hui. Aide-moi à les voir, et à y marcher sans peur.
Père, je veux me souvenir d'où tu m'as tiré. J'étais loin, étranger, sans place à ta table, et tu m'as fait entrer. Garde mon cœur humble devant ceux que je serais tenté de juger, car moi aussi, j'ai tout reçu de ta main.
« Mais Dieu, qui est riche en miséricorde, à cause de son grand amour dont il nous a aimés. » Deux mots renversent tout: mais Dieu. Avant eux, il n'y avait que la mort, les péchés, la colère. Rien en toi ne pouvait changer cela. Ce n'est pas ton effort qui a interrompu la phrase, c'est lui. Où en es-tu de ton « mais Dieu » aujourd'hui?
Seigneur, tu es venu jusqu'à moi quand j'étais loin, et tu as parlé de paix. Merci de ne pas avoir attendu que je fasse le chemin. Aujourd'hui, aide-moi à croire que cette paix est vraiment pour moi, et à la porter à ceux qui se sentent hors d'atteinte.
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