Ésaïe 43:17
Le Texte
Le Seigneur se présente ici par ce qu'Il fait : Il « donne un chemin dans la mer », et dans le même mouvement Il « fait sortir le char et le cheval, l'armée et les forts ». Il conduit Lui-même la puissance militaire hors de ses casernes, comme on mène un troupeau au pâturage, et la mène vers son terme. Le verset se referme sur une image d'une brièveté brutale : ces hommes armés jusqu'aux dents « sont couchés ensemble, ils ne se lèveront pas ; ils finissent, éteints comme une mèche ». Aucun combat n'est décrit, aucun héros israélite ne brandit d'épée. Il n'y a qu'un sujet actif dans la phrase, et ce sujet est Dieu.
Le Cœur
Ce verset dit quelque chose de dérangeant et de libérateur à la fois : le jugement de Dieu et le salut de Dieu ne sont pas deux actes séparés, mais un seul geste vu de deux côtés. La même main qui ouvre un sentier dans les eaux fait sortir l'armée qui s'y engouffrera. Le Créateur, celui qui a « formé » Israël au verset 1, est aussi celui qui décrée, qui éteint. Et remarquez l'ordre : ce n'est pas la puissance de Pharaon qui provoque Dieu à réagir ; c'est Dieu qui la fait sortir. La souveraineté n'est pas une réaction, elle est initiative. Pour un peuple qui se sait faible, c'est là le fondement de toute confiance : le pouvoir qui te terrifie est déjà tenu en laisse par ton Rédempteur.
Le Fil Rouge
L'auditeur juif entend immédiatement la mer Rouge : le chemin dans les eaux, les chars, l'armée qui ne se relève pas. Mais Ésaïe raconte l'Exode pour aussitôt en détacher son peuple : « Ne vous souvenez pas des choses précédentes » (v. 18). L'ancien récit devient le patron d'un récit neuf. Ce mouvement traverse toute l'Écriture et trouve son point d'arrivée à la croix, où Dieu ouvre à nouveau un passage et met à terre, dans le même acte, les puissances qui tenaient l'humanité. Paul le dit presque avec les mêmes images quand il écrit que Dieu, à la croix, a dépouillé les principautés et les a données en spectacle (Colossiens 2.15). Là encore, un seul sujet agissant. Là encore, aucun héros humain qui brandit l'épée.
Le Miroir
Nommez la puissance qui vous impressionne en ce moment. Le supérieur qui peut décider de votre poste d'un mot. Le résultat d'analyse qui n'est pas encore tombé. L'avocat de votre ex-conjoint. Le crédit qui court plus vite que votre salaire. L'atmosphère politique qui vous serre la poitrine chaque matin. Ces choses ont des chars et des chevaux, elles ont l'air imbattables, et notre peur leur donne une éternité qu'elles n'ont pas. Ésaïe ne vous dit pas qu'elles sont inoffensives. Il dit qu'elles ont une durée, et que cette durée est tenue par Quelqu'un. Ce soir, écrivez sur un bout de papier le nom exact de ce qui vous fait peur, puis lisez à voix haute au-dessus de ce nom : « ils finissent, éteints comme une mèche ». Puis gardez le papier dans votre Bible.
La Question
Reste ce qui gratte : ces soldats étaient des hommes. Des conscrits, des cochers, des pères de famille égyptiens qui obéissaient à un ordre. Le texte les couche « ensemble » sans un mot de compassion, sans sépulture, et passe à autre chose. Faut-il s'en réjouir ? Le texte ne le demande pas, il ne l'interdit pas non plus. Et il y a pire : l'expérience de beaucoup, c'est que l'armée ne s'éteint pas, que les eaux submergent, que l'oppresseur meurt vieux et tranquille dans son lit. Ésaïe ne résout pas cela. Il annonce seulement que le dernier mot n'appartient pas à la force. Le croire quand on ne le voit pas encore, c'est exactement ce que la Bible appelle la foi, et cela reste coûteux.
Le Détail
« Éteints comme une mèche ». Le mot désigne le fil de lin d'une lampe à huile, ce petit tortillon qui fume quand l'huile est finie. On l'écrase entre deux doigts mouillés, sans y penser, en quittant la pièce. Ésaïe met ce détail domestique juste après « l'armée et les forts ». Toute la puissance impériale du monde tient dans un geste de fin de soirée. Et l'ironie va plus loin : quelques chapitres plus tôt, le Serviteur de l'Éternel n'éteint pas « la mèche qui fume » (Ésaïe 42.3), il épargne ce qui est faible et vacillant. Même image, traitement inverse. Dieu souffle sur les forts et protège les fragiles. C'est le renversement du Royaume, en un seul mot de trois lettres en hébreu.
Le Contexte
Nous sommes au sixième siècle avant Jésus-Christ, chez des déportés à Babylone. Le temple est en ruine, la dynastie de David humiliée, et chaque année les Babyloniens promènent en procession les statues de leurs dieux dans des rues que les exilés n'ont pas choisies. Aux yeux du monde, la question est réglée : le Dieu d'Israël a perdu. C'est à ce peuple-là, sans armée, sans terre, sans prestige, qu'Ésaïe rappelle une mer ouverte huit siècles plus tôt, en annonçant que Dieu a déjà envoyé quelqu'un contre Babylone (v. 14). Le verset 17 n'est donc pas une leçon d'histoire. C'est une déclaration de guerre théologique adressée à des gens qui n'ont plus rien à opposer, sinon la mémoire de ce que leur Dieu sait faire.
Réflexion
Quelle puissance, dans votre vie, traitez-vous en pratique comme si elle était éternelle, alors que Dieu la voit comme une mèche ?
Si le jugement et le salut sont un seul geste de Dieu, qu'est-ce que cela change à votre manière de prier pour ceux qui vous font du mal ?
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Questions fréquentes sur Isaiah 43:17
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