Explication biblique

Jérémie 25

Bible
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Le texte

En la quatrième année de Jehoïakim, l'année même où Nebucadretsar écrase l'Égypte à Carkemish, Jérémie fait les comptes : vingt-trois ans qu'il parle, vingt-trois ans qu'on ne l'écoute pas. Alors vient la sentence : soixante-dix ans de servitude sous Babylone, puis le jugement de Babylone elle-même. Et pour finir, une vision étrange : le prophète reçoit une coupe de la main de l'Éternel et doit la faire boire, nation après nation, jusqu'au dernier roi de la liste.

Le cœur

Le mot qui devrait nous arrêter est au verset 9 : « Nebucadretsar, roi de Babylone, mon serviteur ». Le tyran païen porte le titre habituellement réservé à Moïse, à David, aux prophètes. Dieu ne se contente pas de tolérer l'histoire, Il la conduit, y compris par des mains qui ne Le connaissent pas et qui devront rendre des comptes (v. 12). C'est un scandale théologique assumé : la souveraineté de Dieu ne dissout pas la responsabilité de l'instrument. Et le verset 29 pose le principe qui ordonne tout le chapitre : le jugement commence par « la ville qui est appelée de mon nom ». Non par faveur inversée, mais parce que le nom de Dieu porté publiquement engage plus lourdement.

Le fil rouge

La coupe est l'image maîtresse. Boire la coupe, c'est absorber la colère jusqu'à l'ivresse, le vomissement, la chute (v. 27). Ici, personne n'y échappe : « s'ils refusent de prendre la coupe de ta main pour boire », la réponse tombe, « Certainement, vous en boirez ». Or c'est exactement cette image que Jésus reprend à Gethsémané, quand Il demande que la coupe passe loin de Lui, puis la prend. Le fil ne tient pas à une simple ressemblance de vocabulaire : Jérémie décrit une coupe qui circule de nation en nation sans que personne ne puisse la refuser, et l'Évangile montre un seul homme qui la reçoit volontairement. La croix n'annule pas Jérémie 25, elle en déplace le destinataire.

Le miroir

Regardez ce que Dieu annonce qu'Il fera taire : « la voix de l'allégresse et la voix de la joie, la voix de l'époux et la voix de l'épouse, le bruit des meules et la lumière de la lampe ». Pas les temples, pas les armées : la noce, le pain qu'on moud, la lampe du soir. Ce que le jugement emporte, c'est la banalité heureuse. Nous protégeons nos idoles parce que nous croyons qu'elles protègent précisément cela, la maison, le travail, les enfants qui dorment. Le texte dit l'inverse : c'est « l'œuvre de vos mains » (v. 7) qui vide la maison. Et il pose une question inconfortable à quiconque lit sa Bible chaque matin depuis vingt ans : combien d'années d'avertissements entendus sans jamais incliner l'oreille ?

L'intertexte

Trois échos éclairent ce chapitre. D'abord Daniel 9 : Daniel, en exil, lit précisément ces soixante-dix ans dans le livre de Jérémie et se met à prier, ce qui montre comment une prophétie de malheur devient un moteur d'intercession plutôt qu'un fatalisme. Ensuite 2 Chroniques 36, qui relit les soixante-dix ans comme les sabbats que la terre n'avait pas reçus : le chiffre n'est pas arbitraire, il rend à Dieu un repos volé. Enfin Amos, qui ouvre son livre par l'Éternel rugissant de Sion, puis énumère les nations voisines avant de retomber sur Israël. Jérémie fait le même mouvement, en plus vaste : « il rugira contre son habitation » (v. 30). Le rugissement part du sanctuaire, pas des frontières. Et l'Apocalypse gardera cette coupe de la fureur, avec la même image du pressoir.

Le personnage principal

Le portrait de Dieu ici est double et il ne faut pas l'adoucir. D'un côté, un Dieu qui se lève « de bonne heure » pour parler, geste d'une insistance presque humiliante, répété deux fois (v. 3, 4) : Il envoie, Il recommence, Il attend un retour. De l'autre, le lion du verset 38, qui « a abandonné son tabernacle comme un jeune lion [son fourré] ». Le lieu de la présence devient une tanière vide, et le prédateur est dehors. Entre les deux, il n'y a pas contradiction mais chronologie : la patience a une durée, ici vingt-trois ans, et la fin de la patience n'est pas de l'indifférence, c'est une colère qui a un « débat avec les nations » (v. 31), donc un procès, donc une justice.

Le profil

Ceux qui écoutent en 605 avant Jésus-Christ viennent d'apprendre que l'Égypte, leur assurance politique, a été brisée. Le nom de Nebucadretsar est neuf, menaçant, encore lointain. Et Jérémie récite une liste de peuples que ses auditeurs connaissent par cœur : les Philistins de Gaza, Édom, Moab, Tyr, l'Arabie, l'Élam. Chaque nom coché devait produire un soulagement satisfait, comme toute prédication sur le jugement des autres. Puis vient le verset 26 : « et le roi de Shéshac boira après eux », un nom codé pour Babel. Personne, jusqu'au bourreau lui-même, n'est hors du champ. Mais l'auditeur de Jérusalem avait déjà entendu son propre nom en tête de liste, au verset 18, avant tous les autres.

Réflexion

Où, dans ma vie, ai-je entendu la même correction depuis des années sans jamais y répondre, en prenant l'absence de conséquences pour une approbation ?

Si le jugement commence par la maison qui porte le nom de Dieu, qu'est-ce que cela change à la manière dont je parle du monde qui l'ignore ?

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Questions fréquentes sur Jeremiah 25

Des réponses rapides aux questions les plus courantes sur ce passage biblique.

Que signifie Jérémie 25 ?
En la quatrième année de Jehoïakim, l'année même où Nebucadretsar écrase l'Égypte à Carkemish, Jérémie fait les comptes : vingt-trois ans qu'il parle, vingt-trois ans qu'on ne l'écoute pas. Alors vient la sentence : soixante-dix ans de servitude sous Babylone, puis le jugement de Babylone elle-même.
De quoi parle Jérémie 25 ?
La coupe est l'image maîtresse. Boire la coupe, c'est absorber la colère jusqu'à l'ivresse, le vomissement, la chute (v. 27). Ici, personne n'y échappe : « s'ils refusent de prendre la coupe de ta main pour boire », la réponse tombe, « Certainement, vous en boirez ».
Quel est le contexte historique de Jérémie 25 ?
Trois échos éclairent ce chapitre. D'abord Daniel 9 : Daniel, en exil, lit précisément ces soixante-dix ans dans le livre de Jérémie et se met à prier, ce qui montre comment une prophétie de malheur devient un moteur d'intercession plutôt qu'un fatalisme.
Que nous enseigne Jérémie 25 sur le caractère de Dieu ?
Ceux qui écoutent en 605 avant Jésus-Christ viennent d'apprendre que l'Égypte, leur assurance politique, a été brisée. Le nom de Nebucadretsar est neuf, menaçant, encore lointain. Et Jérémie récite une liste de peuples que ses auditeurs connaissent par cœur : les Philistins de Gaza, Édom, Moab, Tyr, l'Arabie, l'Élam.
En quoi Jérémie 25 reste-t-il pertinent aujourd'hui ?
Si le jugement commence par la maison qui porte le nom de Dieu, qu'est-ce que cela change à la manière dont je parle du monde qui l'ignore ?
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Merci Éditorial le verset 36

Merci, Seigneur, parce que tu entends « le cri des bergers, et le hurlement des principaux du troupeau ». Rien de l'injustice de ceux qui abusent de ton peuple ne t'échappe. Merci d'être le vrai Berger, celui qui rassemble au lieu de dévaster.

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