Explication biblique

Jérémie 30:6

Bible

Le Texte

Dieu pose une question dont la réponse est évidente : un homme peut-il accoucher ? Non, bien sûr. Et pourtant c'est exactement ce que le prophète voit, des guerriers pliés en deux, les mains serrées sur les reins comme une femme prise par les contractions, et sur chaque visage la même pâleur. « Demandez, je vous prie, et voyez si un mâle enfante. » L'image est volontairement dérangeante, presque indécente pour l'oreille antique. Elle décrit un peuple entier saisi d'une douleur qui le dépasse, une douleur qui ne ressemble à rien de ce qu'il connaît. Et le verset précédent a déjà donné le ton : « Nous entendons la voix de la frayeur ; il y a la peur, et point de paix. »

Le Cœur

Ce qui frappe ici, ce n'est pas seulement la terreur, c'est le regard de Dieu sur cette terreur. « Pourquoi vois-je tout homme… » Le Seigneur ne détourne pas les yeux du spectacle de Son peuple humilié, Il le regarde et Il le nomme. Et Il choisit, pour dire cette souffrance, l'image de l'enfantement plutôt que celle de l'agonie. Une nuance immense se cache là. La douleur qui vient n'est pas la fin, elle est un travail, quelque chose se prépare dans ce corps convulsé. Le verset suivant le dira sans détour : « c'est le temps de la détresse pour Jacob, mais il en sera sauvé. » Dieu ne minimise pas la peur. Il la place dans une histoire qui ne s'arrête pas à elle.

Le Fil conducteur

L'image de l'enfantement traverse toute l'Écriture comme un fil tendu. Dieu ne promet jamais un salut sans passage, sans traversée, sans cri. Ici, le peuple entier devient une femme en travail, et ce que ce travail va mettre au monde, le chapitre le dit quelques versets plus loin : un joug brisé, un roi suscité, « David, leur roi, lequel je leur susciterai ». Autrement dit, la douleur de Jacob est en route vers un Messie. Jésus reprendra exactement cette grammaire quand Il parlera à Ses disciples de la femme qui souffre à l'heure de l'accouchement puis oublie sa douleur (Jean 16). Il ne l'a pas inventée. Il l'a reçue de prophètes comme Jérémie. Et Il l'a portée dans Son propre corps, Lui aussi défiguré, Lui aussi seul, jusqu'à ce que quelque chose naisse.

Le Miroir

Nous connaissons ces mains serrées sur les reins. Le diagnostic qu'on n'attendait pas. Le mail du service des ressources humaines. L'adolescent qui se referme et qu'on n'atteint plus. Le compte en banque qui ne suit plus. Ce que ce verset met à nu, c'est notre prétention à rester debout, à faire bonne figure, à être l'homme fort qui n'enfante pas. Jérémie nous refuse ce masque : les visages sont pâles, tous. Et Dieu le voit sans mépris. Il ne dit pas « ressaisissez-vous », Il dit « pourquoi vois-je ». Cesser de jouer les solides est peut-être la première forme de foi. Aujourd'hui, prenez trois minutes, seul, et dites à voix haute devant Dieu la peur précise que vous cachez aux autres, en une phrase, sans la commenter ni la corriger.

Le Détail

« Comme une femme qui enfante. » Dans un oracle adressé à des soldats, à une nation guerrière, cette comparaison est une gifle. Le mot hébreu pour l'homme ici désigne le mâle, le viril, celui qui porte les armes. Jérémie lui met un ventre. Il retourne l'imaginaire militaire contre lui-même : vos forces ne vous serviront de rien, votre corps entier va vous trahir. Mais retenez ceci : une femme en travail n'est pas en train de mourir, elle est en train de donner la vie, et elle ne contrôle rien. Le verbe ne lui appartient plus. Le corps fait ce qu'il doit faire. Dieu choisit donc l'image de l'impuissance la plus féconde qui existe. Humiliation et promesse dans le même souffle.

Le Profil

Ceux qui ont entendu cela voyaient Babylone approcher, ou l'avaient déjà vue. Des hommes qui avaient grandi avec la certitude que le Temple tiendrait, que Sion était imprenable, que Dieu ne laisserait jamais tomber Sa maison. Et voici que le prophète leur dit : vous serez pliés en deux comme des femmes. Pour un auditoire où l'honneur masculin structurait tout, la famille, la guerre, le tribunal, c'était insupportable. Ils entendaient l'effondrement de leur monde, pas seulement la perte d'une ville. Et pourtant, dans la même phrase, quelqu'un les regardait encore. Le Dieu qu'ils croyaient parti était celui qui décrivait leur pâleur. Ils n'étaient pas seuls dans le noir, ils étaient vus dans le noir.

La Question

Alors pourquoi ce travail-là ? Si Dieu peut sauver, pourquoi passer par la contraction, la sueur, la honte ? Le texte ne l'explique pas. Il dit ailleurs, sèchement, « je te corrigerai avec mesure », et cela ne résout rien pour celui qui compte ses nuits blanches. On peut affirmer que Dieu ne gaspille aucune douleur sans pouvoir dire pourquoi celle-ci était nécessaire. Jérémie lui-même ne dit pas « comprenez maintenant », il dit à la fin du chapitre : « À la fin des jours vous le comprendrez. » Cette promesse est vraie et elle est différée. Nous vivons dans cet écart. C'est un lieu inconfortable, et c'est là que la foi ressemble le moins à une explication et le plus à une main tenue.

Réflexion

Quelle peur, dans ma vie actuelle, ai-je qualifiée d'agonie alors que Dieu la nomme peut-être enfantement ?

Qu'est-ce que je refuse encore de laisser voir à Dieu, alors qu'Il dit déjà : « pourquoi vois-je » ?

Des livres chrétiens à découvrir

Des livres choisis avec soin, disponibles dans votre langue.

En attendant Noël

En attendant Noël

Faith.network

En attendant Noël : 25 lectures de l'Avent guidées par l'Évangile selon Luc. Une promesse faite à David, tenue dans une mangeoire. Chaque jour, un...

Les Confessions

Les Confessions

Saint Augustin

Ce récit intime de conversion invite le lecteur à contempler la grâce de Dieu qui transforme les cœurs les plus tourmentés.

Le Voyage du pèlerin

Le Voyage du pèlerin

John Bunyan

Cette allégorie intemporelle éclaire chaque étape de la vie chrétienne, des combats aux joies célestes.

Les Fondements du christianisme

Les Fondements du christianisme

C.S. Lewis

Lewis expose avec clarté et humour les vérités essentielles de la foi, affermissant l'intelligence et le cœur.

Tactiques de diable

Tactiques de diable

C.S. Lewis

Ces lettres pleines d'esprit démasquent les ruses spirituelles quotidiennes et encouragent la vigilance dans la foi.

L'Imitation de Jésus-Christ

L'Imitation de Jésus-Christ

Thomas a Kempis

Un compagnon de méditation qui appelle à une intimité profonde et humble avec le Christ.

Faith.network earns a small commission on Kobo purchases made through these links, at no extra cost to you. It helps keep the studies free.

Partager cette explication

Aidez à répandre l'Évangile. Envoyez cette explication à quelqu'un qui pourrait en être encouragé.

WhatsApp Email Facebook X / Twitter

Questions fréquentes sur Jeremiah 30:6

Des réponses rapides aux questions les plus courantes sur ce passage biblique.

Que signifie Jérémie 30:6 ?
Dieu pose une question dont la réponse est évidente : un homme peut-il accoucher ? Non, bien sûr. Et pourtant c'est exactement ce que le prophète voit, des guerriers pliés en deux, les mains serrées sur les reins comme une femme prise par les contractions, et sur chaque visage la même pâleur.
De quoi parle Jérémie 30:6 ?
L'image de l'enfantement traverse toute l'Écriture comme un fil tendu. Dieu ne promet jamais un salut sans passage, sans traversée, sans cri. Ici, le peuple entier devient une femme en travail, et ce que ce travail va mettre au monde, le chapitre le dit quelques versets plus loin : un joug brisé, un roi suscité, « David, leur roi, lequel je leur susciterai ».
Quel est le contexte historique de Jérémie 30:6 ?
« Comme une femme qui enfante. » Dans un oracle adressé à des soldats, à une nation guerrière, cette comparaison est une gifle. Le mot hébreu pour l'homme ici désigne le mâle, le viril, celui qui porte les armes. Jérémie lui met un ventre. Il retourne l'imaginaire militaire contre lui-même : vos forces ne vous serviront de rien, votre corps entier va vous trahir.
Que nous enseigne Jérémie 30:6 sur le caractère de Dieu ?
Alors pourquoi ce travail-là ? Si Dieu peut sauver, pourquoi passer par la contraction, la sueur, la honte ? Le texte ne l'explique pas. Il dit ailleurs, sèchement, « je te corrigerai avec mesure », et cela ne résout rien pour celui qui compte ses nuits blanches. On peut affirmer que Dieu ne gaspille aucune douleur sans pouvoir dire pourquoi celle-ci était nécessaire.
En quoi Jérémie 30:6 reste-t-il pertinent aujourd'hui ?
Qu'est-ce que je refuse encore de laisser voir à Dieu, alors qu'Il dit déjà : « pourquoi vois-je » ?
Grâce à nos partenaires

Ce que la communauté partage sur Jeremiah 30

Réflexions, prières et actions de grâce des lecteurs et de l'équipe de rédaction sur ce passage.

Réflexion Éditorial le verset 16

Juste avant, Dieu dit à son peuple que sa blessure est incurable, qu'il l'a frappé à cause de ses péchés. Et soudain : « tous ceux qui te dévorent seront dévorés ». Celui qui t'a corrigé ne laissera pas les autres t'écraser. La discipline de Dieu n'est jamais un abandon. Il te reprend d'une main et te défend de l'autre.

Prière Éditorial le verset 3

Père, tu promets un jour où tout ce qui a été perdu sera ramené. J'ai du mal à voir cet horizon, mais je m'appuie sur ta parole. Ramène-moi vers toi, restaure ce qui est brisé en moi, et apprends-moi à attendre avec confiance.

Prière Éditorial le verset 24

Père, il y a des choses que je ne comprends pas encore. Ton cœur poursuit un dessein que mes yeux ne saisissent pas aujourd'hui. Apprends-moi à attendre sans me durcir, à te faire confiance jusqu'au jour où tout deviendra clair.

Explorer ce passage à un autre niveau

Débutant, théologien, ou une autre longueur de lecture ? Ajustez les paramètres et générez votre propre version.

Ouvrir dans l'outil d'étude