Jérémie 33:2
Le Texte
Jérémie est toujours enfermé dans la cour de la prison, et pour la seconde fois la parole vient à lui. Ce qui suit n'est pas encore la promesse, mais la signature qui l'authentifie : « Ainsi dit l'Éternel qui fait cela, l'Éternel qui se le propose pour l'effectuer, l'Éternel est son nom ». Trois fois le Nom, comme un sceau apposé trois fois sur un document officiel. Avant d'annoncer la guérison, le retour des captifs, le Germe de justice, Dieu décline d'abord Son identité : Celui qui fait, Celui qui conçoit le projet et le mène à terme. Le verset ne dit rien encore du contenu ; il dit tout de Celui qui parle, et c'est précisément là que repose le poids de la suite.
Le Cœur
Derrière « qui se le propose pour l'effectuer » se cache le verbe hébreu yatsar, « façonner », le mot du potier qui pétrit l'argile. C'est le même verbe que Jérémie avait vu à l'œuvre dans l'atelier, quelques chapitres plus tôt, quand le vase manqué fut refait en un autre vase. Dieu ne se contente pas de prédire l'avenir : Il le modèle de Ses mains, et Il le modèle en vue de l'établir solidement. Et la triple mention du Nom renvoie inévitablement au buisson d'Exode 3, où l'Éternel se définit par Son être même et par Sa fidélité à tenir parole. Dans une ville assiégée, dont les maisons sont « renversées à cause des terrasses et à cause de l'épée », cette signature est le seul terrain ferme qui reste.
Le Fil Rouge
La formule « l'Éternel est son nom » n'est pas propre à ce verset. Jérémie l'avait déjà employée deux chapitres plus tôt, à propos de Celui qui donne le soleil pour la lumière du jour et fixe les ordonnances de la lune et des étoiles ; et c'est exactement là que ce chapitre-ci revient à la fin, quand Dieu lie Son alliance avec David à Son « alliance touchant le jour » et « touchant la nuit ». Le Nom fonctionne donc comme le pont entre la création et la rédemption : Celui qui tient les astres tient aussi Sa promesse. Amos utilise la même signature pour le Créateur qui renverse les puissants. Et ce que ce Dieu façonne ici prend, quelques versets plus loin, un visage précis : « je ferai germer à David un Germe de justice ». Le verbe du potier aboutit à une personne.
Le Miroir
Il y a une différence énorme entre un Dieu qui souhaite du bien et un Dieu qui l'exécute. Nous vivons souvent avec le premier : un Dieu bienveillant mais un peu spectateur, tandis que nous gérons seuls le dossier médical, le conflit au travail, l'enfant qui a claqué la porte, le compte en banque qui ne suit plus. Ce verset ne console pas en promettant que tout ira bien ; il console en affirmant que Celui qui parle est aussi Celui qui exécute, et qu'Il l'a « proposé », pensé, décidé, avant même de le dire. Jérémie entend cela derrière des barreaux, sans preuve. Vous aussi, sans doute, aujourd'hui. Alors faites ceci maintenant : prenez une feuille, écrivez en une phrase la situation que vous avez cessé de croire réparable, et sous cette phrase écrivez les trois verbes du verset, Il fait, Il conçoit, Il achève. Gardez la feuille sur votre bureau.
La Question
Que désigne « cela » ? Le texte ne le précise pas, et c'est gênant. Si l'on lit la suite, « cela » comprend la guérison, le pardon, le retour des captifs. Mais le même chapitre dit aussi : « les cadavres des hommes que j'ai frappés dans ma colère et dans ma fureur ». Le Dieu qui façonne le salut est le Dieu qui a façonné le siège. On ne peut pas garder la moitié rassurante de cette signature et laisser l'autre dehors. La Bible ne résout pas cette tension par une explication ; elle la maintient et la déplace vers la croix, où le jugement et la guérison tombent sur la même personne. Cela n'apaise pas toutes les questions. Cela empêche seulement de conclure que Dieu est capricieux.
Le Profil
Ceux qui entendent ces mots sont des gens qui répètent, selon le verset 24, que l'Éternel a rejeté les deux familles qu'Il avait choisies. Autrement dit : le contrat est rompu, Dieu s'est retiré du dossier. Dans ce climat, entendre trois fois le Nom, c'est entendre un notaire relire l'identité du signataire avant de valider l'acte. Pour un Judéen de 587, le nom divin n'est pas une étiquette religieuse mais un engagement juridique et personnel, celui qui a été donné à Moïse au moment de la sortie d'Égypte. Redire ce Nom au moment où la ville tombe revient à dire : le même Dieu, le même engagement, la même main. Rien n'a été annulé, même si tout brûle.
Le Contexte
Nous sommes dans la dernière année du siège babylonien, sous Sédécias. Les rampes de terre montent contre les murs, les maisons de la ville et même celles des rois sont démolies pour renforcer les défenses ou parce que l'épée les a traversées. Jérémie est détenu dans la cour de la prison, non par les Babyloniens mais par les siens, pour défaitisme : il annonce depuis des années que la résistance est vaine. C'est là, précisément, qu'il vient d'acheter un champ à Anathoth, geste absurde pour un pays qui va être déporté. La parole du chapitre 33 arrive « une seconde fois » dans ce même lieu clos. Le prophète est enfermé, la ville est encerclée, la parole, elle, circule librement.
Réflexion
Dans quelle situation ai-je réduit Dieu à Celui qui compatit, sans plus Le croire capable d'exécuter ?
Si le Nom est la garantie de la promesse, qu'est-ce que je fonde encore, en pratique, sur autre chose que ce Nom ?
Des livres chrétiens à découvrir
Des livres choisis avec soin, disponibles dans votre langue.
Ce récit intime de conversion invite le lecteur à contempler la grâce de Dieu qui transforme les cœurs les plus tourmentés.
Cette allégorie intemporelle éclaire chaque étape de la vie chrétienne, des combats aux joies célestes.
Les Fondements du christianisme
Lewis expose avec clarté et humour les vérités essentielles de la foi, affermissant l'intelligence et le cœur.
Ces lettres pleines d'esprit démasquent les ruses spirituelles quotidiennes et encouragent la vigilance dans la foi.
Un compagnon de méditation qui appelle à une intimité profonde et humble avec le Christ.
Faith.network earns a small commission on Kobo purchases made through these links, at no extra cost to you. It helps keep the studies free.
Questions fréquentes sur Jeremiah 33:2
Des réponses rapides aux questions les plus courantes sur ce passage biblique.
Que signifie Jérémie 33:2 ?
De quoi parle Jérémie 33:2 ?
Quel est le contexte historique de Jérémie 33:2 ?
Que nous enseigne Jérémie 33:2 sur le caractère de Dieu ?
En quoi Jérémie 33:2 reste-t-il pertinent aujourd'hui ?
Ce que la communauté partage sur Jeremiah 33
Réflexions, prières et actions de grâce des lecteurs et de l'équipe de rédaction sur ce passage.
Père, tu m'invites à crier vers toi, et tu promets de répondre. Alors je viens, avec mes questions sans réponse et ce que je ne comprends pas encore. Montre-moi ce que je ne peux pas voir seul, et apprends-moi à te faire confiance dans l'attente.
La ville est en ruines, Jérémie est enfermé, et Dieu parle déjà de fête: « Et ce sera pour moi un nom d'allégresse, une louange et un ornement devant toutes les nations de la terre. » Ce qui le réjouit, ce n'est pas ta beauté d'avant, c'est le bien qu'il va faire chez toi. Laisse-le travailler sur tes décombres.
Père, il y a des jours où j'entends dire que tu nous as laissés tomber, et parfois cette voix résonne aussi en moi. Rappelle-moi que tu ne renies jamais ceux que tu as choisis. Tiens-moi quand je doute de ton amour.
Ainsi dit l'Éternel qui fait cela, l'Éternel qui le forme pour l'accomplir, l'Éternel est son nom." Jérémie entend cela enfermé, la ville assiégée, tout perdu. Et Dieu ne dit pas d'abord ce qu'il fera, mais qui il est: celui qui forme et qui achève. Ce qu'il commence en toi, il ne l'abandonne pas à moitié.
Explorer ce passage à un autre niveau
Débutant, théologien, ou une autre longueur de lecture ? Ajustez les paramètres et générez votre propre version.
Ouvrir dans l'outil d'étude