Marc 11:22
Le texte
Pierre vient de remarquer, avec un mélange d'effroi et d'admiration, que le figuier maudit la veille est desséché jusqu'aux racines. Il n'a pas posé de question; il a simplement constaté: « Rabbi, voici, le figuier que tu as maudit est sec. » La réponse de Jésus ne porte pas sur l'arbre, ni sur le pouvoir de la malédiction, ni même sur le jugement qu'elle annonce pour le temple. Elle déplace tout: « Ayez foi en Dieu. » Quatre mots, adressés non à Pierre seul mais au groupe, qui transforment un fait divers botanique en leçon sur la relation que ces hommes doivent entretenir avec Celui qui marche devant eux vers Jérusalem.
Le cœur
Remarquez ce que Jésus ne dit pas. Il ne dit pas: « Ayez foi en Moi », ni « ayez foi en la foi ». Il dit: ayez foi en Dieu, et dans la phrase grecque l'objet est premier, presque brutal: c'est vers Dieu que la confiance doit se tendre. Le figuier stérile, couvert de feuilles mais sans fruit, est l'image du culte qui a l'apparence sans la substance; Jésus vient précisément de renverser les tables de ceux qui faisaient commerce de cette apparence. La foi dont Il parle n'est donc pas une technique spirituelle pour obtenir des résultats, mais l'inverse exact du figuier: une vie réellement suspendue à Dieu, qui produit parce qu'elle reçoit. C'est pourquoi le verset suivant parle de montagnes déplacées, et celui d'après de pardon accordé. La confiance en Dieu n'est jamais stérile, et jamais privée.
Le fil rouge
Le figuier n'est pas un arbre quelconque. Chez les prophètes, la vigne et le figuier disent Israël: Osée compare les pères à des figues précoces, Michée gémit de parcourir le pays sans plus y trouver une seule grappe mûre, Jérémie voit des paniers de figues bonnes et pourries pour désigner ceux qui restent et ceux qui partent en exil. Quand Jésus condamne un arbre feuillu et stérile entre deux visites au temple, Il parle le langage des prophètes, et tout le monde autour de Lui devrait le comprendre. Mais le fil rouge ne s'arrête pas au jugement. Au moment précis où l'ancien centre est déclaré stérile, Jésus ouvre autre chose: non plus un lieu, mais une confiance. Ce que le temple ne pouvait plus porter, un homme va le porter jusqu'au bout, Lui qui a vécu la seule foi en Dieu sans faille.
Le miroir
Vous connaissez la tentation des feuilles. Le groupe de maison qui tourne bien, la Bible lue chaque matin, la réputation de personne solide vers qui on se tourne. Et dessous, une zone que vous gérez seul depuis des mois: la facture qui revient, le diagnostic qu'on vous a posé, l'enfant qui ne décroche plus un mot, le conflit au travail que vous avez cessé d'évoquer devant Dieu parce qu'il vous paraît trop banal ou trop sale. On peut avoir une foi très feuillue et une confiance très mince. Jésus ne demande pas davantage de feuilles. Il demande que la sève remonte. Prenez une feuille de papier, écrivez-y en une phrase la chose que vous portez seul sans jamais l'avoir dite à Dieu à voix haute, puis lisez-la Lui, debout, à voix haute, maintenant.
L'intertexte
« Cette montagne »: Jésus et les disciples viennent du mont des Oliviers et marchent vers la colline du temple. Zacharie avait annoncé qu'une grande montagne deviendrait plaine devant Zorobabel, celui qui rebâtissait la maison de Dieu, et que le mont des Oliviers se fendrait au jour du Seigneur. Le lien n'est pas décoratif: la foi dont parle Jésus concerne la fin d'un ordre religieux et la construction d'un autre. Mais l'intertexte crée aussi une tension dure. Paul prie trois fois pour que l'écharde lui soit ôtée, et Dieu refuse. Jésus Lui-même, quelques jours plus tard, demandera au jardin que la coupe s'éloigne, sans l'obtenir. Celui qui dit « tout ce que vous demanderez en priant, croyez que vous le recevez » essuiera Lui-même un non. L'Écriture refuse de se laisser réduire à une formule.
La question
Alors, que faire du verset 23, qui semble promettre un succès sans réserve à celui qui « ne doutera pas dans son cœur »? Cette phrase a fait beaucoup de dégâts. On l'a retournée contre des malades: si vous n'êtes pas guéri, c'est que vous avez douté. Je ne vois pas comment adoucir le texte; il dit bien ce qu'il dit. Mais il est prononcé par un homme en route vers une croix, et suivi immédiatement d'un appel au pardon, ce qui situe la prière dans une relation et non dans un mécanisme. Reste un écart que je n'arrive pas à combler: entre la promesse énorme et l'expérience des prières restées sans réponse. Je le laisse ouvert. La foi en Dieu inclut de continuer à demander sans savoir pourquoi certaines portes demeurent fermées.
Le profil
Mettez-vous à la place des Douze. C'est la semaine de la Pâque, Jérusalem est pleine, le temple fonctionne à plein régime, et leur Maître vient d'y faire un scandale. Les autorités cherchent déjà comment le faire mourir. Pour un Juif de ce temps, le temple n'est pas un bâtiment religieux parmi d'autres: c'est la banque, l'identité nationale, le lieu du pardon. Entendre « ayez foi en Dieu » à cet endroit-là revient à entendre que tout l'appareil visible peut tomber sans que Dieu tombe avec lui. Les premiers lecteurs de Marc, probablement à Rome, persécutés, apprenant ou ayant appris la destruction du temple en 70, ont lu ces quatre mots autrement que nous: non comme un encouragement, mais comme la seule chose qui leur restait debout.
Réflexion
Où, dans votre vie de foi, produisez-vous des feuilles parce que le fruit tarde, et qui le sait à part vous?
Si l'édifice religieux qui vous porte aujourd'hui s'effondrait, que resterait-il concrètement de votre confiance en Dieu?
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Questions fréquentes sur Mark 11:22
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Ce que la communauté partage sur Mark 11
Réflexions, prières et actions de grâce des lecteurs et de l'équipe de rédaction sur ce passage.
« Mais si nous disons: Des hommes... ils craignaient le peuple. » Ces hommes ne cherchent pas ce qui est vrai, ils cherchent ce qui est sans risque. Leur réponse se décide d'après le regard de la foule, jamais devant Dieu. Et toi, combien de fois as-tu calculé ta réponse avant même de l'avoir cherchée?
« Que désormais personne ne mange jamais de fruit de toi. » Ce figuier avait des feuilles, donc une promesse. De loin il annonçait de quoi nourrir un affamé, et de près il n'y avait rien. Juste après, Jésus entre dans le temple. Et toi, que promettent tes feuilles à celui qui s'approche de toi avec faim?
« Le Seigneur en a besoin. » Voilà toute la raison donnée au propriétaire de l'ânon. Celui qui possède tout choisit de demander, et d'attendre qu'on lui ouvre la main. Aujourd'hui encore, il ne force rien. Il dit simplement qu'il en a besoin. De ton temps, de ta maison, de ce que tu serres si fort. Le laisseras-tu partir ?
Après les acclamations et les manteaux jetés sur le chemin, voici ce que fait Jésus: « après avoir promené ses regards de tous côtés sur tout, comme il était déjà tard, il sortit ». Pas de discours, pas de coup d'éclat. Il regarde. Il voit tout, et il attend le lendemain. Son silence n'est pas de l'indifférence. Que verrait-il en toi, ce soir, avant de parler?
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