Explication biblique

Psaumes 143

Bible
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Le texte

David crie vers Dieu depuis un enfermement: l'ennemi le poursuit, l'écrase au sol, le relègue dans l'obscurité des morts oubliés. Son esprit flanche, son cœur est dévasté, et pourtant il se met à se souvenir des œuvres anciennes de Dieu et tend les mains comme une terre fendue par la sécheresse. De cette soif naissent des demandes: fais-moi entendre ta bonté au matin, fais-moi connaître le chemin, enseigne-moi à faire ce qui Te plaît, délivre-moi. Le psaume se termine sans récit de délivrance, seulement sur un titre: « car je suis ton serviteur ».

Le cœur

Remarquez l'ordre étrange des phrases. Avant de parler de l'ennemi, David dit: « n'entre pas en jugement avec ton serviteur, car devant toi nul homme vivant ne sera justifié ». Il demande justice (« dans ta justice réponds-moi ») et redoute en même temps d'être jugé. Comment tenir les deux? Parce que la justice de Dieu, ici, n'est pas une balance neutre mais Sa fidélité à Son alliance. David ne plaide pas son innocence, il plaide l'attachement de Dieu. C'est pourquoi tout repose sur deux mots répétés: « ta fidélité », « ta bonté » (en hébreu hesed, cette loyauté tendre qui engage Dieu envers les Siens). Non pas: je mérite d'être sauvé. Mais: Tu T'es lié à moi.

Le fil conducteur

« Devant toi nul homme vivant ne sera justifié »: Paul reprendra exactement cette phrase pour démontrer que personne, juif ou grec, ne tient debout dans le tribunal de Dieu (Romains 3). Le psaume creuse donc un vide que lui-même ne comble pas. David sait qu'il ne peut pas être justifié, et il demande malgré tout à vivre « à cause de ton nom ». Il mise tout sur la réputation de Dieu. Et puis il y a cette prière: « que ton bon Esprit me conduise dans un pays uni ». Un homme écrasé qui demande à être conduit par l'Esprit vers un terrain plat, sans pièges: la prière reste ouverte, inachevée, jusqu'à ce qu'un autre Serviteur descende dans la fosse et en remonte.

Le miroir

Il y a des périodes où l'on habite « dans des lieux ténébreux ». Un diagnostic. Un couple qui se tait depuis des mois. Un travail où quelqu'un vous abîme patiemment. Ce que David ne fait pas, c'est se raconter des histoires: son esprit est accablé, son cœur désolé, et il le dit à Dieu sans le maquiller en action de grâce. Mais il ne reste pas non plus enfermé dans son propre commentaire. Il se souvient, il médite, il tend les mains. Et sa demande la plus surprenante n'est pas « sors-moi de là » mais « enseigne-moi à faire ce qui te plaît ». Qui demande cela au fond du trou? Aujourd'hui: prenez cinq minutes, écrivez une seule chose que Dieu a faite dans votre vie il y a plus de dix ans, et relisez-la à voix haute.

Le profil

Les premiers à chanter ce psaume étaient des gens qui connaissaient les « lieux ténébreux » autrement que comme métaphore: l'exil, le siège, la fosse où l'on jetait les corps. Pour eux, « ne me cache pas ta face » n'était pas une sensation de sécheresse spirituelle mais une question de survie nationale: si Dieu détourne Son visage, le Temple tombe. Et ils entendaient dans « fais-moi entendre dès le matin ta bonté » le rythme du culte, le sacrifice du matin, l'aube après une nuit de veille. Prier ce psaume, pour eux, c'était attendre le lever du jour en sachant que la nuit peut aussi se refermer. Ils chantaient sans garantie.

Contexte

Le titre dit seulement « Psaume de David », sans circonstance. C'est voulu, peut-être: la fuite devant Saül, la trahison d'Absalom, chacun peut y poser son propre siège. Ce qui est clair, c'est la position sociale du locuteur: il est « serviteur », mot qui dans le monde ancien désigne le sujet d'un roi, celui dont le maître doit défendre l'honneur. Un serviteur abandonné déshonore son seigneur. Voilà pourquoi la dernière ligne, après la demande terrible que les ennemis soient exterminés, est simplement: « car je suis ton serviteur ». Ce n'est pas un argument moral, c'est un argument de relation. Et ce « Sélah » au milieu du psaume, au verset 6, impose un silence là où nous voudrions une réponse.

Le personnage principal

Dieu, dans ce psaume, ne parle pas. Il est entièrement objet de prière: Sa fidélité, Sa justice, Sa face, Sa bonté, Son nom, Son bon Esprit. Il n'y a aucun oracle, aucune voix du ciel, aucune promesse citée. Et pourtant le psaume est saturé de Lui. C'est peut-être le portrait le plus honnête de Dieu que l'Écriture nous donne pour les temps difficiles: un Dieu dont on connaît les actes passés, « je pense à tous tes actes », mais dont on ne voit pas encore le geste présent. David ne décrit pas un Dieu qui répond vite; il décrit un Dieu à qui l'on peut dire « hâte-toi » sans être insolent. Il laisse la prière ouverte et refuse de la refermer sur un happy end.

Réflexion

Que demandez-vous réellement quand vous priez dans l'obscurité: d'en sortir, ou d'apprendre à faire ce qui plaît à Dieu pendant que vous y êtes?

David termine sans délivrance, seulement sur « je suis ton serviteur ». Qu'est-ce qui vous resterait, si tout le reste vous était retiré?

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Questions fréquentes sur Psalms 143

Des réponses rapides aux questions les plus courantes sur ce passage biblique.

Que signifie Psaumes 143 ?
David crie vers Dieu depuis un enfermement: l'ennemi le poursuit, l'écrase au sol, le relègue dans l'obscurité des morts oubliés. Son esprit flanche, son cœur est dévasté, et pourtant il se met à se souvenir des œuvres anciennes de Dieu et tend les mains comme une terre fendue par la sécheresse.
De quoi parle Psaumes 143 ?
« Devant toi nul homme vivant ne sera justifié »: Paul reprendra exactement cette phrase pour démontrer que personne, juif ou grec, ne tient debout dans le tribunal de Dieu (Romains 3). Le psaume creuse donc un vide que lui-même ne comble pas. David sait qu'il ne peut pas être justifié, et il demande malgré tout à vivre « à cause de ton nom ».
Quel est le contexte historique de Psaumes 143 ?
Les premiers à chanter ce psaume étaient des gens qui connaissaient les « lieux ténébreux » autrement que comme métaphore: l'exil, le siège, la fosse où l'on jetait les corps. Pour eux, « ne me cache pas ta face » n'était pas une sensation de sécheresse spirituelle mais une question de survie nationale: si Dieu détourne Son visage, le Temple tombe.
Que nous enseigne Psaumes 143 sur le caractère de Dieu ?
Dieu, dans ce psaume, ne parle pas. Il est entièrement objet de prière: Sa fidélité, Sa justice, Sa face, Sa bonté, Son nom, Son bon Esprit. Il n'y a aucun oracle, aucune voix du ciel, aucune promesse citée. Et pourtant le psaume est saturé de Lui.
En quoi Psaumes 143 reste-t-il pertinent aujourd'hui ?
David termine sans délivrance, seulement sur « je suis ton serviteur ». Qu'est-ce qui vous resterait, si tout le reste vous était retiré?

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