Gédéon, le juge que Dieu réduisit à une poignée d'hommes
Qui il est, et quand
Gédéon (גִּדְעוֹן) est présenté simplement comme un juge, vivant avant la monarchie d'Israël. Son père se nomme Joas (Judges 6:11), et le texte lui donne un second nom : « Et Jerubbaal, qui est Gédéon, se leva de bonne heure » (Judges 7:1). Trois de ses fils sont nommés : Jether, Abimelech et Jotham. Son époque est située environ 1451 av. J.-C. à 1095 av. J.-C. (époque située selon la chronologie d'Ussher (1650)). Cinquante versets portent son nom, répartis entre Judges, 1 Samuel, 2 Samuel et Hebrews.
Le chapitre d'ouverture, que nous ne pouvons que signaler
Son histoire commence en Judges 6:11, et son nom revient tout au long de ce chapitre (Judges 6:13 ; 6:19 ; 6:22 ; 6:24 ; 6:27 ; 6:29 ; 6:32 ; 6:34 ; 6:36 ; 6:39). Ces mentions sont ici de simples références : le texte de ce chapitre ne m'est pas fourni, et je ne le raconterai donc pas. Le lecteur fera bien d'ouvrir sa Bible à cet endroit.
Dieu réduit l'armée
Là où le récit se donne à lire, il commence par un retranchement. Gédéon campe « près de la source de Harod », avec « le camp de Madian au nord, du côté de la colline de Moré, dans la vallée » (Judges 7:1). Et la parole qui vient n'est pas un renfort : « Le peuple qui est avec toi est trop nombreux, pour que je livre Madian en leur main, de peur qu'Israël ne se glorifie contre moi, disant : Ma main m'a sauvé » (Judges 7:2). La victoire est retirée d'avance aux mains qui voudraient s'en créditer.
Le tri continue près de l'eau : « Le peuple est encore nombreux ; fais-les descendre vers l'eau, et là je te les épurerai » (Judges 7:4). Le critère est déconcertant : « Quiconque lapera l'eau avec sa langue, comme lape le chien, tu le mettras à part, et aussi tous ceux qui se courberont sur leurs genoux pour boire » (Judges 7:5). La suite du tri est rapportée en Judges 7:7.
Un songe entendu, et des trompettes
Gédéon entend un homme raconter un songe : « un gâteau de pain d'orge roulait dans le camp de Madian, et il arriva jusqu'à la tente et la heurta, et elle tomba » (Judges 7:13). Le compagnon interprète : « Ce n'est pas autre chose que l'épée de Gédéon, fils de Joas, homme d'Israël : Dieu a livré Madian et tout le camp en sa main » (Judges 7:14). La réaction de Gédéon tient en un mot : « il se prosterna » (Judges 7:15). Puis il retourne au camp : « Levez-vous, car l'Éternel a livré le camp de Madian en votre main » (Judges 7:15).
L'attaque est un bruit avant d'être une bataille. Le cri est donné d'avance : « Pour l'Éternel et pour Gédéon ! » (Judges 7:18). « Et Gédéon et les 100 hommes qui étaient avec lui arrivèrent au bout du camp, au commencement de la veille du milieu [de la nuit] » (Judges 7:19). Ils sonnent, brisent les cruches, tiennent « dans leur main gauche les torches, et dans leur main droite les trompettes pour sonner », et crient : « L'épée de l'Éternel et de Gédéon ! » (Judges 7:20). La poursuite est rapportée en Judges 7:24-25, et la suite de la campagne en Judges 8:4 ; 8:7 ; 8:11 ; 8:13.
Une couronne refusée
Deux hommes le provoquent : « Lève-toi, toi-même, et jette-toi sur nous ; car tel qu'est l'homme, telle est sa force. » « Et Gédéon se leva et tua Zébakh et Tsalmunna, et prit les petites lunes qui étaient aux cous de leurs chameaux » (Judges 8:21). Alors Israël lui offre une dynastie : « Domine sur nous, et toi et ton fils, et le fils de ton fils ; car tu nous as sauvés de la main de Madian » (Judges 8:22). Sa réponse est l'un des sommets du livre : « Je ne dominerai point sur vous, et mon fils ne dominera point sur vous ; l'Éternel dominera sur vous » (Judges 8:23).
Les fautes, telles que le texte les dit
Ce refus est aussitôt suivi d'une demande : « Donnez-moi chacun de vous les anneaux de son butin » (Judges 8:24). Et ce qu'il en fait, le texte le juge sans détour : « Et Gédéon en fit un éphod, et le mit dans sa ville, dans Ophra ; et tout Israël se prostitua là après celui-ci ; et cela devint un piège pour Gédéon et pour sa maison » (Judges 8:27). L'homme qui avait renvoyé la royauté à l'Éternel fabrique l'objet qui détourne le peuple. Le pays est « en repos 40 ans » (Judges 8:28), mais le récit ajoute : « Et Gédéon eut 70 fils, issus de ses reins, car il eut beaucoup de femmes » (Judges 8:30). Sa fin et ce qui suit se lisent en Judges 8:32-33 et 8:35, et son nom reste attaché au drame de Judges 9:1-2 ; 9:5 ; 9:16 ; 9:19 ; 9:24 ; 9:28 ; 9:57. Son souvenir est encore invoqué plus tard en 1 Samuel 12:11 et 2 Samuel 11:21.
Ce que nous ne savons pas
Aucune tribu, aucun peuple ne lui est attribué. Sa mère n'est pas nommée ; seul son père Joas l'est (Judges 6:11). Pour beaucoup de versets qui portent son nom, le texte ne m'est pas donné, et je ne comblerai pas ces vides.
Le fil jusqu'au Christ
Une seule référence néotestamentaire est listée pour lui : Hebrews 11:32. Rien de plus ne nous est rapporté ici sur cette mention, et je n'y ajoute rien. Mais cela suffit : le juge des trompettes, celui qui refusa de régner et qui pourtant fabriqua un piège, est retenu par son nom dans ce verset. L'homme qui dit « l'Éternel dominera sur vous » (Judges 8:23) n'a pas tenu cette parole dans sa propre maison ; son nom demeure cité quand même, porté par une fidélité qui n'est pas la sienne.
