Ruth la Moabite : treize versets, un attachement, une lignée
Qui est Ruth
Ruth est une femme moabite (רוּת, H7327), qui vit avant la monarchie, dans la période située environ 1451 av. J.-C. à 1095 av. J.-C. (époque située selon la chronologie d'Ussher (1650)). Son empreinte biblique est brève et nette : treize versets, répartis en cinq passages, douze dans le livre de Ruth et un dans le livre de Matthew. Sa première mention est Ruth 1:4, sa dernière se trouve dans Matthew. Selon les données familiales de ce dossier, elle est liée à Mahlon, puis à Boaz, et elle est la mère d'Obed. Elle n'appartient pas à une tribu d'Israël : le dossier la rattache à Moab, et le texte la désigne à plusieurs reprises par ce nom.
Les mentions, l'une après l'autre
La première fois que son nom paraît, il paraît dans la notice d'un mariage : « Et ils prirent des femmes moabites : le nom de l'une était Orpa, et le nom de la seconde, Ruth ; et ils habitèrent là environ dix ans » (Ruth 1:4). Dix ans, et rien d'autre n'est dit de ces années. Ruth entre dans l'Écriture comme une épouse étrangère dans un pays étranger.
La deuxième mention la sépare de celle qui lui ressemblait : « Et elles élevèrent leur voix, et pleurèrent encore ; et Orpa embrassa sa belle-mère, mais Ruth s'attacha à elle » (Ruth 1:14). Deux femmes, une même larme, deux décisions. Le verbe qui porte Ruth est celui de l'attachement.
Puis vient sa parole, la seule de cette longueur qui lui soit rapportée dans les passages cités ici : « Et Ruth dit : Ne me prie pas de te laisser, pour que je m'en retourne d'avec toi ; car où tu iras, j'irai, et où tu demeureras, je demeurerai : ton peuple sera mon peuple, et ton Dieu sera mon Dieu » (Ruth 1:16). Quatre engagements tenus ensemble : la route, la demeure, le peuple, Dieu. Elle ne promet pas un sentiment, elle lie son sort à un autre sort.
Le récit la montre ensuite en compagnie de Naomi : « Ainsi Naomi revint, et avec elle Ruth, la Moabite, sa belle-fille, qui était venue des champs de Moab ; et elles vinrent à Bethléhem, au commencement de la moisson des orges » (Ruth 1:22). Le texte insiste encore sur son origine, et sur le moment : le commencement de la moisson des orges.
La dernière séquence citée ici la montre rapportant une parole et recevant un conseil : « Et Ruth, la Moabite, dit : Même il m'a dit : Tiens-toi près de mes jeunes hommes jusqu'à ce qu'ils aient achevé toute la moisson que j'ai. Et Naomi dit à Ruth, sa belle-fille : Il est bon, ma fille, que tu sortes avec ses jeunes filles, et qu'on ne te rencontre pas dans un autre champ » (Ruth 2:21-22). C'est un échange de travail et de prudence, entre une belle-fille et une belle-mère.
D'autres versets la nomment encore, sans que leur texte soit reproduit dans ce dossier : Ruth 2:2, Ruth 2:8, Ruth 3:9, Ruth 4:5, Ruth 4:10 et Ruth 4:13. Ils sont cités ici comme références, et rien de plus ne sera ajouté autour d'eux.
Aucune faute n'est consignée
Le dossier ne relève aucun péché ni aucun manquement de Ruth. Il faut le dire tel quel : les passages retenus ne rapportent de sa part ni faute, ni reproche, ni jugement. Ce silence n'est pas un éloge complet, c'est un silence. Ce que l'Écriture montre d'elle, ce sont un attachement, une parole d'engagement, un retour, un travail dans un champ, puis un nom dans une généalogie.
Ce que nous ne savons pas
L'Écriture ne nomme pas ses parents. Nous ignorons donc de quelle famille moabite elle vient. Le dossier note aussi qu'aucune scène développée ne lui est consacrée : ses mentions sont des notes brèves, des listes ou une généalogie, et le plus long ensemble continu ne dépasse pas deux versets. Nous ne savons rien non plus de ce qui remplit les dix années de Ruth 1:4, ni de la fin de sa vie : le texte s'arrête sur elle sans la suivre jusque-là.
La ligne jusqu'au Christ
Une seule référence hors du livre de Ruth la nomme, et c'est une généalogie : « et Salmon engendra Booz, de Rachab ; et Booz engendra Obed, de Ruth ; et Obed engendra Jessé » (Matthew 1:5). La femme moabite de Ruth 1:4, celle qui disait « ton peuple sera mon peuple, et ton Dieu sera mon Dieu » (Ruth 1:16), est inscrite dans cette liste comme mère d'Obed. Sa dernière mention biblique n'est donc pas un récit sur elle : c'est son nom porté dans une descendance qui continue après elle, et que Matthew 1:5 place au commencement d'une lignée.
