Colossiens 2:9
Le texte
Paul vient d'avertir : attention, que personne ne fasse de vous sa proie par de beaux discours, par « l'enseignement des hommes » et « les éléments du monde ». Puis il donne la raison, et elle tient en une ligne : « car en lui habite toute la plénitude de la déité corporellement ». Tout ce que Dieu est, sans réserve ni reste, habite dans Jésus, et cela de manière corporelle. Non pas une émanation divine, non pas un reflet, non pas une étincelle du ciel prêtée à un homme pour un temps. La totalité, dans un corps. C'est l'argument massif que Paul pose sous les pieds des Colossiens pour qu'ils cessent de chercher ailleurs.
Le cœur
Le mot que Paul choisit, sōmatikōs, « corporellement », est presque scandaleux dans son monde. La plénitude de Dieu ne flotte pas au-dessus de la matière, elle s'y installe. Et cela a des conséquences immédiates pour la manière dont nous vivons. Si Dieu habite un corps, alors le corps n'est ni un obstacle ni un déguisement : ce que vous faites de vos mains, de votre fatigue, de votre sommeil, de votre argent, n'est pas la périphérie de la vie spirituelle, c'en est le terrain. Et si tout est en Christ, alors aucun supplément religieux ne peut vous rendre plus complet. Le verset suivant le dit sans détour : « et vous êtes accomplis en lui ». Ce qui coupe court, en même temps, à deux stratégies très humaines : le mépris du corps et la recherche d'un accès supérieur à Dieu.
Le fil conducteur
Israël a vécu des siècles avec cette question : où Dieu habite-t-Il ? La réponse fut d'abord une tente, puis un temple, et toujours avec une réserve, car la gloire venait et repartait. Paul déclare ici que la recherche est terminée : le lieu où Dieu réside n'est plus une adresse mais une personne, et pas une personne éthérée, une personne avec des poumons et des cicatrices. C'est pourquoi il peut écrire un peu plus loin, à propos des fêtes et des sabbats, qu'ils sont « une ombre des choses à venir ; mais le corps est du Christ ». Toute la mise en scène de l'ancienne alliance pointait vers un corps. Ce corps est arrivé. Et vivre en chrétien, dès lors, ce n'est plus se rapprocher d'un lieu saint, c'est marcher en Lui.
Le miroir
Regardez ce que vous ajoutez. Presque tout le monde ajoute quelque chose : le régime spirituel qui vous rendrait enfin sérieux, la retraite dont vous parlez depuis trois ans, la règle alimentaire, le sommeil sacrifié pour prier davantage, ou simplement la performance au travail qui prouverait que vous méritez d'exister. Le verset ne dit pas que ces choses sont mauvaises ; il dit qu'elles n'ajoutent rien à une plénitude déjà entière. Et il travaille dans l'autre sens aussi : puisque Dieu a habité un corps, votre corps n'est pas un accessoire. Le repas pris trop vite, les nuits volées, la dureté envers votre propre chair sous couvert de zèle, tout cela est concerné. Aujourd'hui : écrivez sur un papier la chose que vous ajoutez à Christ pour vous sentir acceptable, lisez-la à voix haute, puis dites au-dessus « je suis accompli en Lui », et jetez le papier.
La question
Si toute la plénitude habite en Lui et que je suis accompli en Lui, pourquoi est-ce que je me sens si manifestement inachevé, à onze heures du soir, avec mes colères de la journée ? Paul ne propose pas ici de solution psychologique. Il affirme un fait qui ne dépend pas de mon ressenti : ce qui est complet, c'est ma position en Christ, pas encore ma pratique. Le texte refuse pourtant la sortie facile, car il ne dit pas « un jour vous serez complets ». Il dit que vous l'êtes. Il faut tenir les deux sans les fondre, et ce n'est pas confortable. La foi consiste souvent à croire un état de fait que l'expérience ne confirme pas encore.
Le détail
Le verbe « habite ». Le grec distingue le fait de séjourner et le fait de résider à demeure ; Paul emploie ici le second, et au présent. L'incarnation n'était pas un stage temporaire dont Dieu se serait débarrassé à l'Ascension. Aujourd'hui, à cette heure, la plénitude de la déité habite corporellement. Cela veut dire qu'il existe pour toujours un corps humain au centre de la vie de Dieu. Tirez-en la conséquence pratique : le corps que vous nourrissez, qui vieillit, qui a mal au dos le lundi, appartient à un ordre de réalité que Dieu a définitivement épousé. Mépriser sa chair, ou la diviniser, sont deux façons de ne pas croire ce présent-là.
Le contexte
Colosses est une petite ville de la vallée du Lycus, en Asie Mineure, à l'ombre de Laodicée plus riche et plus visible. Paul n'y est jamais allé ; il écrit depuis la prison à des gens qui n'ont « point vu son visage en la chair ». Dans cette communauté circulent des enseignants qui proposent un christianisme augmenté : observances alimentaires, calendrier de fêtes et de nouvelles lunes, ascèse, « culte des anges », accès réservé aux initiés. Rien de grossier, tout est présenté avec une « apparence de sagesse ». Dans une culture où le statut se gagne par l'accès aux cercles supérieurs, l'offre est séduisante. Paul répond en coupant la racine : il n'y a pas de cercle supérieur, parce qu'il n'y a pas de plénitude ailleurs.
Réflexion
Quelle pratique, bonne en elle-même, avez-vous secrètement transformée en preuve de votre valeur devant Dieu ?
Si Dieu habite corporellement, quelle décision très concrète concernant votre corps (sommeil, repas, travail, repos) devriez-vous prendre cette semaine ?
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Questions fréquentes sur Colossians 2:9
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En quoi Colossiens 2:9 reste-t-il pertinent aujourd'hui ?
Ce que la communauté partage sur Colossians 2
Réflexions, prières et actions de grâce des lecteurs et de l'équipe de rédaction sur ce passage.
Merci, Seigneur, pour ce lien qui traverse les distances: même absent de corps, Paul était avec eux en esprit, se réjouissant de voir leur ordre et la fermeté de leur foi en Christ. Merci pour les frères éloignés que tu gardes fermes, et pour cette joie que tu donnes à les savoir debout.
Merci, Seigneur, parce que je suis mort avec Christ aux éléments du monde. Je n'ai plus à porter le poids des ordonnances qui promettent tant et ne sauvent pas. Ta croix a coupé ces liens, et en Toi je respire librement aujourd'hui.
Père, quand je me sens incomplet, rappelle-moi que tout ce qui me manque se trouve déjà en Christ. Je n'ai pas à courir après ce qu'il m'a donné. Toi qui tiens toute autorité, tiens aussi ma vie aujourd'hui.
Ayant effacé l'obligation qui était écrite contre nous en ordonnances, laquelle nous était contraire, il l'a aussi ôtée en la clouant à la croix." Cette liste de dettes, tu la connais. Tu la relis parfois la nuit. Mais Dieu ne l'a pas rangée dans un tiroir: il l'a clouée, percée, exposée en pleine lumière, et elle est effacée. Que cherches-tu encore à payer?
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