Explication biblique

Jérémie 1:10

Bible
Ce verset est dédié par CHRIST BLESS NATIONS MISSION

Le texte

Au terme de l'appel, Dieu donne à Jérémie sa commission en une seule phrase : « Regarde, je t'ai établi ce jour-ci sur les nations et sur les royaumes, pour arracher, et pour démolir, et pour détruire, et pour renverser, pour bâtir et pour planter. » Six verbes, dont quatre démolissent et deux construisent. Un adolescent de village reçoit une autorité sur des empires, et son seul instrument sera sa bouche, que Dieu vient de toucher.

Le contexte

Anathoth, un bourg à une heure de marche au nord-est de Jérusalem. On y sent la poussière des terrasses d'oliviers, la fumée des foyers, l'odeur du bétail. Hilkija et les siens sont prêtres, mais prêtres de province, probablement issus de la lignée écartée du sanctuaire depuis des siècles : une famille avec un passé, pas un avenir. Nous sommes dans la treizième année de Josias, vers 627 avant Jésus-Christ. Au nord, l'Assyrie, qui terrorisait la région depuis un siècle, commence à vaciller ; à l'est, Babylone lève la tête. Les paysans de Juda ne lisent pas les dépêches diplomatiques, mais ils savent reconnaître l'odeur d'une guerre qui approche. C'est dans ce village-là que l'Éternel parle.

Le cœur

L'ordre des verbes est brutal et il est voulu. Avant de bâtir, Dieu arrache. Avant de planter, Il renverse. Nous préférerions l'inverse : un Dieu qui ajoute, qui améliore, qui complète ce que nous avons déjà construit. Jérémie apprend d'emblée que la parole de Dieu n'est pas un supplément religieux mais une force qui agit dans l'histoire réelle, qui défait des institutions, des cultes, des dynasties. Et cette parole ne se contente pas de décrire : elle fait. Dieu ne donne pas à Jérémie un programme politique, Il lui donne des mots, et ces mots seront l'instrument par lequel des royaumes tombent. Voilà pourquoi la Bible prend la prédication tellement au sérieux : ce qui est dit au nom de Dieu entre dans le réel.

Le détail

« Je t'ai établi » traduit un verbe qui appartient au vocabulaire administratif et militaire : nommer quelqu'un à un poste, le préposer, lui confier une charge comme on confie une province à un commissaire royal. C'est le mot qu'on emploierait pour l'intendant que le roi installe sur un district. Imaginez la scène du point de vue d'un contemporain : les vrais commissaires, ceux qui comptent, portent le sceau du pharaon ou du roi d'Assyrie, voyagent avec une escorte et peuvent faire raser un village. Et voici un garçon d'Anathoth, sans troupe, sans sceau, sans titre, nommé par un autre Souverain « sur les nations et sur les royaumes ». Toute la tension du livre tient dans cet écart entre la charge et l'apparence de celui qui la porte.

Le personnage principal

Dieu, ici, est étonnamment proche et terriblement souverain à la fois. Il tend la main, Il touche une bouche humaine : geste d'une intimité presque physique, contraire à toute la distance que la religion antique mettait entre le ciel et la terre. Et dans le même souffle, Il parle en maître d'empires. Il connaît Jérémie avant le sein maternel, Il l'a mis à part, Il ne discute pas l'objection « je suis un enfant », Il la déplace : la question n'est pas ta compétence, mais Mon envoi. C'est un Dieu qui n'embellit rien. Il annonce à Son serviteur une vie d'arrachage avant de promettre la plantation, et Il assume d'avance l'hostilité que cela provoquera, en lui promettant simplement : je suis avec toi.

Le fil rouge

L'histoire d'Israël avance par arrachements et replantations : un peuple déraciné d'Égypte et planté en Canaan, puis déraciné vers Babylone, puis replanté. Jérémie reçoit ce rythme comme vocation personnelle, et il le portera jusqu'à voir Jérusalem partir en captivité. Mais les deux derniers verbes restent debout, et c'est décisif : la destruction n'est jamais le dernier mot de Dieu. En Jésus, les six verbes se rejoignent dans une seule personne : Lui-même arraché, démoli, renversé sur une croix, puis relevé comme le premier plant d'une création nouvelle. Quand Paul dira que l'autorité qu'il a reçue sert à édifier et non à détruire, il reprend consciemment le vocabulaire de Jérémie, mais cette fois du côté de la résurrection.

Le miroir

Nous aimons les deux derniers verbes. Bâtir une carrière, planter une famille, faire croître un groupe, un compte, une réputation. Les quatre premiers nous font horreur, surtout quand Dieu les applique à ce que nous avions construit en Son nom : une image de nous-mêmes comme croyant solide, une relation où nous gardons discrètement le pouvoir, une sécurité financière qui est devenue notre vraie confession de foi. Il faut le dire sans adoucissement : Dieu démolit parfois ce que vous avez mis vingt ans à monter, non parce qu'Il est cruel, mais parce que rien de vivant ne pousse dans un terrain occupé. Prenez un papier, écrivez-y la seule chose que vous savez déjà que Dieu doit arracher de votre vie, et lisez cette phrase à voix haute devant Lui, aujourd'hui.

Réflexion

Quelle construction de ma vie ai-je appelée « bénédiction » alors qu'elle occupe la place où Dieu voulait planter autre chose ?

Jérémie n'avait que sa bouche là où les autres avaient des armées : où est-ce que je méprise la parole de Dieu parce qu'elle me semble trop peu de chose face à ce qui me fait peur ?

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Questions fréquentes sur Jeremiah 1:10

Des réponses rapides aux questions les plus courantes sur ce passage biblique.

Que signifie Jérémie 1:10 ?
Au terme de l'appel, Dieu donne à Jérémie sa commission en une seule phrase : « Regarde, je t'ai établi ce jour-ci sur les nations et sur les royaumes, pour arracher, et pour démolir, et pour détruire, et pour renverser, pour bâtir et pour planter. » Six verbes, dont quatre démolissent et deux construisent.
De quoi parle Jérémie 1:10 ?
L'ordre des verbes est brutal et il est voulu. Avant de bâtir, Dieu arrache. Avant de planter, Il renverse. Nous préférerions l'inverse : un Dieu qui ajoute, qui améliore, qui complète ce que nous avons déjà construit.
Quel est le contexte historique de Jérémie 1:10 ?
Dieu, ici, est étonnamment proche et terriblement souverain à la fois. Il tend la main, Il touche une bouche humaine : geste d'une intimité presque physique, contraire à toute la distance que la religion antique mettait entre le ciel et la terre. Et dans le même souffle, Il parle en maître d'empires.
Que nous enseigne Jérémie 1:10 sur le caractère de Dieu ?
Nous aimons les deux derniers verbes. Bâtir une carrière, planter une famille, faire croître un groupe, un compte, une réputation. Les quatre premiers nous font horreur, surtout quand Dieu les applique à ce que nous avions construit en Son nom : une image de nous-mêmes comme croyant solide, une relation où nous gardons discrètement le pouvoir, une sécurité financière qui est devenue notre vraie confession de foi.
En quoi Jérémie 1:10 reste-t-il pertinent aujourd'hui ?
Jérémie n'avait que sa bouche là où les autres avaient des armées : où est-ce que je méprise la parole de Dieu parce qu'elle me semble trop peu de chose face à ce qui me fait peur ?

Qu'est-ce qui vous touche dans Jeremiah 1 ?

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