Explication biblique

Jérémie 1

Bible
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Le texte

Un fils de prêtre d'Anathoth, village à quelques kilomètres de Jérusalem, reçoit la parole de l'Éternel la treizième année de Josias, et il la recevra encore jusqu'au jour où « Jérusalem fut emmenée en captivité ». Dieu lui annonce qu'Il le connaissait avant de le former dans le ventre de sa mère et qu'Il l'a établi « prophète pour les nations » ; Jérémie proteste qu'il ne sait pas parler, qu'il est un enfant, et Dieu lui touche la bouche : « j'ai mis mes paroles dans ta bouche ». Suivent deux images brèves, un bâton d'amandier et un pot bouillant tourné vers le nord, puis un ordre sans douceur : ceins tes reins, lève-toi, parle, et ne sois pas effrayé d'eux.

Le cœur

Ce chapitre déplace le centre de gravité de la vie humaine. Jérémie n'entre pas en fonction parce qu'il a discerné ses dons, mesuré ses forces ou senti un élan intérieur ; il entre en fonction parce qu'une parole plus ancienne que lui l'a rejoint. « Avant que je te forme dans le ventre de ta mère, je t'ai connu. » Sa vocation n'est pas la floraison de son potentiel, elle est une assignation. Cela a une conséquence éthique immédiate et gênante : son incapacité, réelle, n'est pas un argument recevable. Dieu ne conteste pas qu'il soit jeune, Il lui interdit seulement d'en faire son abri.

Et cette parole n'est pas information, elle est action. Elle « arrache », « démolit », « détruit », « renverse », avant de « bâtir » et de « planter ». Quatre verbes de démolition contre deux de construction : Dieu ne rénove pas en surface. Le jeu de mots hébreu le confirme, car l'amandier (shaqed) fait entendre le verbe shoqed, veiller : « je veille sur ma parole pour l'exécuter ». Dieu n'est pas un locuteur distrait. Ce qu'Il dit, Il le poursuit jusqu'au bout, dans l'histoire de Juda comme dans la nôtre. Ce qui signifie, très concrètement, que Sa parole entendue et rangée sur une étagère n'est pas neutralisée ; elle continue de travailler contre nous ou pour nous.

Le fil rouge

Jérémie est établi « sur les nations et sur les royaumes » sans posséder ni trône ni armée. Sa seule arme est une bouche touchée. C'est une manière de gouverner qui traverse toute l'Écriture et qui aboutit à un homme qui n'écrit aucun livre, ne lève aucune troupe, et dont on dit qu'Il parle avec autorité. Le Christ reprend d'ailleurs le même double mouvement : Il pleure sur Jérusalem, annonce que le temple sera démoli, et bâtit un peuple nouveau. Arracher et planter, dans le même geste. Retenez surtout ceci : le Verbe fait chair ne vient pas adoucir la parole qui arrache, Il vient la porter en Sa propre chair jusqu'à la croix, et c'est là que le « bâtir » commence pour de bon.

Le miroir

« Je suis un enfant » est une phrase que nous savons tous prononcer, avec les mots de notre âge. Je ne suis pas formé pour cela. Je n'ai pas les mots. Ce n'est pas mon rôle. Le collègue qui truque les chiffres, et vous qui vous dites que ce n'est pas votre service. Le parent vieillissant dont personne ne veut parler du testament. L'ami dont le mariage se défait et que vous n'osez pas interroger, par délicatesse, dites-vous. Dieu ne discute pas la sincérité de l'excuse ; Il en refuse l'usage. Et Il ajoute un avertissement redoutable : « ne sois point effrayé d'eux, de peur que moi je ne t'épouvante devant eux ». Craindre les visages humains finit par coûter plus cher que les affronter.

Le contexte

Anathoth est un village de prêtres, en territoire de Benjamin, et probablement le lieu où avait été relégué le sacerdoce écarté du temple. Jérémie appartient donc à une famille religieuse de second rang, en marge du pouvoir. La treizième année de Josias, vers 627 avant notre ère, le grand réveil du roi bat son plein : le temple est purifié, la loi retrouvée, l'espoir national palpable. Et c'est à ce moment-là que Dieu annonce un pot bouillant venant du nord. Le prophète prendra la parole contre l'optimisme officiel, sous quatre rois, pendant quarante ans, jusqu'à voir les trônes étrangers installés « à l'entrée des portes de Jérusalem ». Il aura eu raison, seul, et cela ne lui aura rien rapporté.

La question

Si Dieu connaît et sanctifie Jérémie avant sa formation, que reste-t-il de sa liberté ? Le texte ne résout rien : il laisse Jérémie protester, et il laisse Dieu écarter la protestation sans la mépriser. Ce qui est promis n'est pas une carrière heureuse, mais une délivrance dans le combat : « ils combattront contre toi, mais ils ne prévaudront pas sur toi ». Nous voudrions savoir si nous sommes libres de refuser. La Bible répond de biais : ce que Dieu a décidé pour vous vous précède, et pourtant votre obéissance de demain matin est bien la vôtre, avec sa peur, son coût, son mérite nul. Il faut vivre dans cette tension plutôt que de la dénouer.

Le personnage principal

Le personnage central est Celui qui parle, et Il est étonnamment tactile. Il forme dans le ventre, Il étend Sa main, Il touche une bouche. Cette tendresse ne contredit pas la dureté : le même Dieu qui touche les lèvres de Jérémie transforme ensuite ce jeune homme en « ville forte », « colonne de fer », « murailles d'airain ». Il ne lui épargne pas l'hostilité, Il le rend capable de la traverser. Et Sa colère a une cause précise, énoncée sans détour : ils L'ont abandonné et se sont prosternés « devant l'ouvrage de leurs mains ». Voilà le portrait : un Dieu blessé par l'infidélité, résolu à démolir ce qui est faux, et qui pour cela commence par toucher la bouche d'un homme effrayé.

Réflexion

Quelle est actuellement votre version de « je suis un enfant », et devant qui exactement l'utilisez-vous ?

Où, dans votre vie, la parole de Dieu doit-elle d'abord arracher avant de pouvoir planter, et qu'est-ce que vous préférez ne pas nommer ?

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Questions fréquentes sur Jeremiah 1

Des réponses rapides aux questions les plus courantes sur ce passage biblique.

Que signifie Jérémie 1 ?
Un fils de prêtre d'Anathoth, village à quelques kilomètres de Jérusalem, reçoit la parole de l'Éternel la treizième année de Josias, et il la recevra encore jusqu'au jour où « Jérusalem fut emmenée en captivité ».
De quoi parle Jérémie 1 ?
Et cette parole n'est pas information, elle est action. Elle « arrache », « démolit », « détruit », « renverse », avant de « bâtir » et de « planter ». Quatre verbes de démolition contre deux de construction : Dieu ne rénove pas en surface. Le jeu de mots hébreu le confirme, car l'amandier (shaqed) fait entendre le verbe shoqed, veiller : « je veille sur ma parole pour l'exécuter ».
Quel est le contexte historique de Jérémie 1 ?
« Je suis un enfant » est une phrase que nous savons tous prononcer, avec les mots de notre âge. Je ne suis pas formé pour cela. Je n'ai pas les mots. Ce n'est pas mon rôle. Le collègue qui truque les chiffres, et vous qui vous dites que ce n'est pas votre service. Le parent vieillissant dont personne ne veut parler du testament.
Que nous enseigne Jérémie 1 sur le caractère de Dieu ?
Si Dieu connaît et sanctifie Jérémie avant sa formation, que reste-t-il de sa liberté ? Le texte ne résout rien : il laisse Jérémie protester, et il laisse Dieu écarter la protestation sans la mépriser. Ce qui est promis n'est pas une carrière heureuse, mais une délivrance dans le combat : « ils combattront contre toi, mais ils ne prévaudront pas sur toi ».
En quoi Jérémie 1 reste-t-il pertinent aujourd'hui ?
Où, dans votre vie, la parole de Dieu doit-elle d'abord arracher avant de pouvoir planter, et qu'est-ce que vous préférez ne pas nommer ?

Qu'est-ce qui vous touche dans Jeremiah 1 ?

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