Explication biblique

Job 14:7

Bible
Ce verset est dédié par PROPHETIC GOSPEL MINISTRY INT'L

Le texte

Job regarde un arbre abattu. La souche est là, morte en apparence, et pourtant des rejets percent l'écorce : « il y a de l'espoir pour un arbre : s'il est coupé, il repoussera encore, et ses rejetons ne cesseront pas. » Le mot qui commande tout, c'est « espoir ». Job l'accorde au bois, et dans les versets qui suivent il le refuse à l'homme : « l'homme meurt et gît là ; l'homme expire, et où est-il ? » La comparaison n'est pas une consolation, c'est une accusation. Le tronc mort a plus d'avenir que l'image de Dieu.

Le cœur

Job ne discute pas de biologie, il conteste une hiérarchie. Dans le récit de la création, l'homme reçoit la végétation comme nourriture ; il est au-dessus. Ici il se retrouve dessous. L'arbre a une réserve cachée dans ses racines, l'homme n'en a aucune. Ce que Job met sur la table, c'est la question de savoir si le Dieu qui a fait la vie cyclique dans la nature a prévu quelque chose de comparable pour Sa créature consciente, celle qui sait qu'elle meurt. Il n'a pas la réponse. Trois versets plus loin il ose quand même la formuler : « Si un homme meurt, revivra-t-il ? » Le texte laisse la question ouverte, et cette ouverture est plus honnête que la plupart de nos consolations funéraires.

Le fil rouge

L'image de la souche qui repousse ne reste pas sans écho. Ésaïe l'a reprise pour parler de la dynastie de David réduite à un moignon : un rejeton sortira du tronc d'Isaï, et de ses racines un surgeon portera du fruit. Ce que Job attribuait à l'arbre par contraste avec l'homme, Ésaïe l'attribue précisément à un homme, et à travers lui à tout un peuple abattu. Daniel 4 pousse plus loin : l'arbre de Nebucadnetsar est coupé, mais la souche est laissée dans la terre, liée, en attente. La logique de Job est donc retournée. Le Nouveau Testament la retourne complètement : le grain qui tombe en terre et meurt porte du fruit, non malgré la mort mais par elle. Christ est le rejeton de la souche coupée, et Sa résurrection donne à l'homme ce que Job ne pouvait accorder qu'au bois.

Le miroir

Vous connaissez peut-être ce moment devant un miroir de salle de bains, à quarante-cinq ans, où l'on comprend que certaines choses ne repousseront pas. La carrière qu'on ne reprendra pas, le corps qui ne récupère plus comme avant, la relation qu'on a coupée à la racine et qui n'a plus fait de rejets. La nature se moque de nous : le figuier taillé repart, le champ brûlé reverdit, et nous, nous allons dans un seul sens. Job ne vous demande pas de nier cette douleur avec une phrase pieuse. Il la met sur la table devant Dieu, ce qui est déjà un acte de foi plus robuste que le silence poli. Aujourd'hui : sortez dehors, posez la main sur un tronc ou une branche, et dites à voix haute la chose de votre vie qui a été coupée et dont vous doutez qu'elle repousse. Dites-la à Dieu, sans conclusion.

Le personnage principal

Job parle ici en homme qui a perdu ses enfants et sa santé, et qui n'a plus rien à protéger, pas même sa réputation de croyant convenable. Son état d'esprit est double : il croit assez en Dieu pour L'accuser, et pas assez pour se taire. Remarquez que dans le même chapitre il rêve à voix haute d'un Dieu qui le cacherait, se souviendrait de lui, l'appellerait : « Tu appellerais, et moi je te répondrais ; ton désir serait tourné vers l'œuvre de tes mains. » C'est un homme qui, au fond du deuil, invente presque la résurrection à force de désirer que Dieu soit fidèle à ce qu'Il a fabriqué de Ses mains. Il ne l'obtient pas comme doctrine. Il l'obtient comme faim.

La question

Pourquoi Dieu laisse-t-Il Job dans cette ignorance ? Job aurait pu être consolé en dix mots : oui, il y a une résurrection. Ces mots ne viennent pas, ni ici, ni dans le discours final où Dieu parle abondamment d'autruches et d'orages sans jamais aborder la vie après la mort. Il faut le reconnaître : la révélation est lente, et des générations de croyants ont vécu et sont mortes avec cette question ouverte. On peut y voir une cruauté. On peut aussi y voir que Dieu a d'abord voulu être connu comme digne de confiance dans le noir, avant d'être connu comme vainqueur de la mort. Cela ne rend pas l'attente moins longue.

Le contexte

Nous sommes dans le troisième discours de Job, à la fin du premier cycle de débats. Ses amis ont déployé la sagesse traditionnelle du Proche-Orient : le juste prospère, le méchant tombe, donc ta ruine te dénonce. Dans une société où la bénédiction se mesurait en troupeaux, en fils et en années, Job assis sur la cendre est socialement mort avant d'être physiquement mort. Il n'a plus d'interlocuteur crédible, alors il cesse de répondre aux hommes et s'adresse directement à Dieu, ce qui, dans les codes de l'époque, revient à porter plainte contre son propre roi. L'image de l'arbre est celle d'un homme de la terre, qui a vu des oliviers rasés repartir de la souche. Il connaît son sujet. C'est justement pour cela que la comparaison le blesse.

Réflexion

Où, dans votre vie, refusez-vous de formuler devant Dieu une question parce qu'elle vous paraît trop désespérée pour être priée ?

Si vous croyez à la résurrection, en quoi cela change-t-il concrètement votre manière de traverser une perte qui ne se répare pas ?

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Questions fréquentes sur Job 14:7

Des réponses rapides aux questions les plus courantes sur ce passage biblique.

Que signifie Job 14:7 ?
Job regarde un arbre abattu. La souche est là, morte en apparence, et pourtant des rejets percent l'écorce : « il y a de l'espoir pour un arbre : s'il est coupé, il repoussera encore, et ses rejetons ne cesseront pas. » Le mot qui commande tout, c'est « espoir ».
De quoi parle Job 14:7 ?
L'image de la souche qui repousse ne reste pas sans écho. Ésaïe l'a reprise pour parler de la dynastie de David réduite à un moignon : un rejeton sortira du tronc d'Isaï, et de ses racines un surgeon portera du fruit. Ce que Job attribuait à l'arbre par contraste avec l'homme, Ésaïe l'attribue précisément à un homme, et à travers lui à tout un peuple abattu.
Quel est le contexte historique de Job 14:7 ?
Job parle ici en homme qui a perdu ses enfants et sa santé, et qui n'a plus rien à protéger, pas même sa réputation de croyant convenable. Son état d'esprit est double : il croit assez en Dieu pour L'accuser, et pas assez pour se taire.
Que nous enseigne Job 14:7 sur le caractère de Dieu ?
Nous sommes dans le troisième discours de Job, à la fin du premier cycle de débats. Ses amis ont déployé la sagesse traditionnelle du Proche-Orient : le juste prospère, le méchant tombe, donc ta ruine te dénonce. Dans une société où la bénédiction se mesurait en troupeaux, en fils et en années, Job assis sur la cendre est socialement mort avant d'être physiquement mort.
En quoi Job 14:7 reste-t-il pertinent aujourd'hui ?
Si vous croyez à la résurrection, en quoi cela change-t-il concrètement votre manière de traverser une perte qui ne se répare pas ?

Qu'est-ce qui vous touche dans Job 14 ?

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