Philippiens 2:1
Le texte
Quatre fois le même « si ». Paul empile les conditions comme quelqu'un qui pose des pierres l'une sur l'autre avant de faire porter tout le poids : « Si donc il y a quelque consolation en Christ, si quelque soulagement d'amour, si quelque communion de l'Esprit, si quelque tendresse et quelques compassions ». La phrase reste ouverte, suspendue ; elle n'aboutit qu'au verset suivant, dans une demande précise : soyez d'une même pensée. Autrement dit : tout ce que vous avez reçu du Christ doit maintenant devenir quelque chose entre vous.
Le cœur
Ces « si » ne sont pas des doutes. Paul ne demande pas aux Philippiens s'ils ont goûté la consolation du Christ ; il le sait, et eux aussi. Le « si » fonctionne comme un levier : puisque c'est vrai, alors il y a des conséquences. Et voilà la logique morale la plus profonde du Nouveau Testament : l'éthique chrétienne n'est jamais un effort pour obtenir quelque chose de Dieu, elle est la circulation de ce qui a déjà été donné. La consolation reçue devient consolation offerte. La tendresse subie devient tendresse pratiquée. Ce qui est troublant, c'est que Paul rend l'inverse impensable : recevoir la grâce sans qu'elle traverse la relation avec le frère, c'est prétendre n'avoir rien reçu du tout.
Le fil conducteur
Le mot que Darby traduit par « tendresse » rend un terme grec qui désigne littéralement les entrailles, le ventre. Dans l'Ancien Testament, c'est le vocabulaire des viscères de Dieu qui se retournent sur Son peuple, comme en Osée 11, où Dieu dit qu'Il ne peut pas détruire Éphraïm parce que Son cœur se retourne en Lui. La compassion de Dieu n'est pas une décision froide, c'est un mouvement des profondeurs. Et Paul, quelques versets plus loin, montre où ce mouvement a abouti : Celui qui « s'est anéanti lui-même, prenant la forme d'esclave ». Voilà le fil. La miséricorde divine descend, prend un corps, meurt, puis demande à être imitée dans les gestes les plus ordinaires d'une communauté.
Le miroir
Alors testez-le là où cela coûte. Vous avez reçu consolation en Christ : que faites-vous du collègue dont les plaintes vous fatiguent depuis deux ans ? Vous connaissez le soulagement de l'amour : votre conjoint le reçoit-il de vous après une journée où vous n'avez plus rien à donner ? Vous parlez de communion de l'Esprit : combien de fois avez-vous quitté une conversation dans l'église en gardant votre point de vue intact, sans avoir cherché une seule seconde à comprendre l'autre ? Et cette « tendresse » : elle se mesure en temps, en argent prêté sans compter, en messages envoyés à celui que personne n'appelle plus. Paul ne demande pas des sentiments chauds. Il demande que ce que vous avez reçu vous rende utilisable.
Réflexion
Quelle personne précise, cette semaine, devrait recevoir de moi ce que j'ai moi-même reçu du Christ, et pourquoi ai-je jusqu'ici trouvé de bonnes raisons de m'en abstenir ?
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Questions fréquentes sur Philippians 2:1
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Ce que la communauté partage sur Philippians 2
Réflexions, prières et actions de grâce des lecteurs et de l'équipe de rédaction sur ce passage.
Paul vient de dire que Jésus s'est anéanti lui-même, prenant la forme d'esclave. Puis ceci: « il s'est abaissé lui-même, étant devenu obéissant jusqu'à la mort, et à la mort de la croix. »
Remarque l'ordre. D'abord s'abaisser, ensuite obéir. Beaucoup d'entre nous voulons obéir sans nous abaisser. Nous voulons servir en gardant notre rang, notre fierté, notre droit d'être compris. Jésus a laissé tomber tout cela avant même de monter à la croix.
Où t'accroches-tu encore à ta dignité quand Dieu te demande simplement de descendre ?
Merci, Père, pour ceux qui, comme Timothée, ne cherchent pas leur propre intérêt mais celui de Jésus Christ. Merci pour ces frères et sœurs qui prennent soin de nous sans rien attendre en retour. Change mon cœur pour que je serve ainsi, à ton tour.
« Travaillez à votre propre salut avec crainte et tremblement. » Paul ne dit pas gagnez-le, mais faites-le vivre, sortez-le au grand jour. Et remarque le moment : Paul est absent. Ta foi ne tient donc pas à un regard humain qui te surveille. Que fais-tu quand personne ne te voit ? C'est là que le Christ te façonne.
Père, façonne en moi la même façon de penser que celle de Jésus. Là où je veux être vu, apprends-moi à servir. Là où je défends ma place, donne-moi le courage de m'abaisser. Que ton humilité devienne peu à peu la mienne.
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