Livre biblique

La première épître aux Corinthiens : résumé et message central

Introduction

Imaginez un dimanche matin à Corinthe. L'assemblée se réunit dans la maison d'un membre aisé. Les premiers arrivés, ceux qui n'ont pas de patron au-dessus d'eux, mangent déjà; certains ont trop bu. Les esclaves et les ouvriers arrivent après leur journée et trouvent les plats vides. Dans un coin, trois personnes parlent en langues en même temps. Dans un autre, on se dispute pour savoir si Paul vaut mieux qu'Apollos. Quelqu'un vient d'intenter un procès à son frère devant le tribunal de la ville. Et pourtant, ces gens-là sont convaincus d'être spirituellement avancés.

C'est à cette assemblée que Paul écrit la lettre la plus concrète du Nouveau Testament. Vous allez découvrir ici qui l'a écrite et quand, ce qui se passait vraiment à Corinthe, comment la lettre est bâtie, quels en sont les versets clés, et surtout pourquoi ses seize chapitres apparemment décousus ne traitent au fond que d'une seule question.

L'angle de ce guide

La plupart des résumés présentent la première épître aux Corinthiens comme une liste de problèmes: les divisions, l'immoralité, les procès, le mariage, les viandes sacrifiées, la cène, les dons, la résurrection. Ce guide la lit autrement: comme une seule opération chirurgicale, menée avec un seul scalpel. Paul ne distribue pas douze conseils indépendants. Il applique à chaque désordre la même mesure: la parole de la croix. Corinthe n'a pas d'abord un problème de morale, mais un problème de sagesse. Les croyants ont gardé la croix comme porte d'entrée du salut et l'ont remplacée, pour la vie quotidienne, par les valeurs de leur ville: le statut, l'éloquence, la force, la réussite visible.

Que dit la Bible au sujet de la première épître aux Corinthiens ?

L'auteur se nomme dès le premier mot: Paul, apôtre appelé de Jésus Christ, associé à Sosthène, probablement l'ancien chef de synagogue de Corinthe mentionné en Actes 18:17. Personne, dans l'histoire de l'Église, n'a sérieusement contesté cette paternité; la lettre est citée dès la fin du premier siècle par Clément de Rome, qui écrit d'ailleurs à la même ville, pour la même raison: des querelles.

La date se laisse calculer avec une précision rare. Paul a fondé l'assemblée de Corinthe lors de son deuxième voyage, vers l'an 50 ou 51, et y est resté dix-huit mois (Actes 18:11). Son passage devant le proconsul Gallion, dont une inscription retrouvée à Delphes fixe le mandat aux années 51 et 52, sert de point d'ancrage. Quelques années plus tard, Paul séjourne à Éphèse, de l'autre côté de la mer Égée, et il écrit: «mais je demeurerai à Éphèse jusqu'à la Pentecôte» (1 Corinthiens 16:8). Nous sommes donc vers l'an 54 ou 55, au printemps, dans une ville portuaire d'où les nouvelles de Corinthe arrivaient par bateau.

Et les nouvelles n'étaient pas bonnes. Trois canaux d'information se croisent dans la lettre. D'abord un rapport oral: «Car, mes frères, il m'a été dit de vous, par ceux qui sont de chez Chloé, qu'il y a des dissensions parmi vous» (1 Corinthiens 1:11). Ensuite une lettre des Corinthiens eux-mêmes, avec une série de questions que Paul reprend une à une à partir de 1 Corinthiens 7:1. Enfin une délégation, Stéphanas, Fortunat et Achaïque, qui a comblé l'absence de l'assemblée auprès de l'apôtre (1 Corinthiens 16:17). Notons aussi qu'une lettre antérieure, aujourd'hui perdue, avait déjà été envoyée: «Je vous ai écrit dans la lettre, de ne pas avoir de commerce avec les fornicateurs» (1 Corinthiens 5:9). Ce que nous appelons «première épître» est en réalité la deuxième.

La réponse de Paul, dès les premiers paragraphes, pose le scalpel sur la table. Voici son appel fondateur: «Or je vous exhorte, frères, par le nom de notre seigneur Jésus Christ, à parler tous un même langage, et à ce qu'il n'y ait pas de divisions parmi vous, mais que vous soyez parfaitement unis dans un même sentiment et dans un même avis» (1 Corinthiens 1:10). Le mot traduit par «divisions» évoque une déchirure dans un tissu, et le mot traduit par «parfaitement unis» désigne la remise en place d'un os démis ou le raccommodage d'un filet de pêche. L'assemblée est un corps luxé.

Et d'où vient la luxation? Pas d'un manque d'information, mais d'un centre de gravité déplacé. Huit versets plus loin, Paul nomme la cause et le remède d'un seul coup: «car la parole de la croix est folie pour ceux qui périssent, mais à nous qui obtenons le salut elle est la puissance de Dieu» (1 Corinthiens 1:18). Les Corinthiens voulaient une religion qui les fasse monter. Paul leur annonce un Messie crucifié, c'est-à-dire exécuté comme un esclave rebelle, et il refuse de prêcher autre chose: «car je n'ai pas jugé bon de savoir quoi que ce soit parmi vous, sinon Jésus Christ, et Jésus Christ crucifié» (1 Corinthiens 2:2).

Il faut mesurer le choc. Corinthe, détruite par Rome en 146 avant Jésus Christ puis refondée comme colonie en 44, était une ville de nouveaux riches, d'affranchis devenus notables, de sportifs célèbres grâce aux jeux isthmiques, d'orateurs payés pour impressionner. On y montait dans l'échelle sociale et on le faisait savoir. Les croyants avaient apporté ces réflexes dans l'assemblée. D'où cette question qui traverse toute la lettre: «Et qu'as-tu, que tu n'aies reçu? Et si aussi tu l'as reçu, pourquoi te glorifies-tu, comme si tu ne l'avais pas reçu?» (1 Corinthiens 4:7).

Le fil conducteur de la Bible

Le renversement que Paul opère à Corinthe n'est pas une nouveauté chrétienne. Il cite l'Ancien Testament parce que Dieu a toujours travaillé à contre-courant de nos classements. Pour justifier la démolition de la sagesse humaine, Paul reprend Ésaïe: «Je détruirai la sagesse des sages et j'annulerai l'intelligence des intelligents» (1 Corinthiens 1:19). Pour clore le chapitre, il reprend Jérémie: «celui qui se glorifie, se glorifie dans le Seigneur» (1 Corinthiens 1:31). Le cadet préféré à l'aîné, le berger choisi plutôt que les frères impressionnants, la veuve de Sarepta nourrie plutôt qu'Israël, Gédéon réduit à trois cents hommes: l'histoire d'Israël est une longue école du dépouillement. Dieu sauve de telle manière que personne ne puisse s'attribuer le mérite.

Le deuxième grand fil est celui du temple. Dieu habite d'abord dans une tente au milieu d'un peuple en marche, puis dans la maison bâtie par Salomon, puis, après l'exil, dans un second temple dont la gloire semblait diminuée. Ésaïe et Ézéchiel annoncent un jour où la présence ne sera plus localisée. Paul affirme que ce jour est arrivé, et il le dit deux fois: «Ne savez-vous pas que vous êtes le temple de Dieu et que l'Esprit de Dieu habite en vous?» (1 Corinthiens 3:16), puis, de façon encore plus dérangeante, au niveau du corps individuel: «Ne savez-vous pas que votre corps est le temple du Saint Esprit qui est en vous, et que vous avez de Dieu? Et vous n'êtes pas à vous-mêmes» (1 Corinthiens 6:19). La sainteté du sanctuaire s'est déplacée dans la chair des croyants.

Le troisième fil est celui de la Pâque et de l'exode. Paul écrit: «Car aussi notre pâque, Christ, a été sacrifiée» (1 Corinthiens 5:7). Et au chapitre 10, il relit la traversée du désert comme un avertissement adressé à des gens trop sûrs d'eux: la nuée, la mer, la manne, le rocher, et malgré tout la chute. L'assemblée de Corinthe est Israël au désert, avec les mêmes privilèges et les mêmes tentations.

Tout cela converge vers un seul point. La sagesse que Dieu détruit, le temple qu'Il déplace, la Pâque qu'Il accomplit, tout se rassemble dans un homme cloué hors des murs de Jérusalem. Voici le cœur de la tradition que Paul a reçue et transmise: «Car je vous ai communiqué avant toutes choses ce que j'ai aussi reçu, que Christ est mort pour nos péchés, selon les écritures» (1 Corinthiens 15:3). Ce verset, écrit vers l'an 55, cite une formule plus ancienne encore, apprise par Paul dans les années qui ont suivi sa conversion. C'est le plus ancien résumé de l'Évangile que nous possédions, et il est entièrement ancré dans les Écritures d'Israël.

La croix n'est pas un détour; elle est la ligne droite de Dieu.

Structure et thèmes principaux

La lettre se lit en cinq mouvements, et chacun reçoit le même traitement.

Les chapitres 1 à 4 traitent des partis qui déchirent l'assemblée: celui de Paul, celui d'Apollos, celui de Céphas, et le plus pieux de tous, celui qui se réclame directement du Christ pour mieux mépriser les autres. Paul ne propose pas une médiation diplomatique. Il démonte la grille d'évaluation elle-même. Vos chefs ne sont pas des gourous mais des serviteurs, des cultivateurs, des maçons travaillant sur un fondement qu'ils n'ont pas posé: «Car personne ne peut poser d'autre fondement que celui qui est posé, lequel est Jésus Christ» (1 Corinthiens 3:11). Et l'apôtre lui-même, loin d'être une vedette, ressemble à un condamné qui ferme le cortège.

Les chapitres 5 et 6 abordent trois scandales que Paul a appris par ouï-dire: un cas d'inceste toléré avec fierté, des procès entre frères devant les tribunaux païens, et une liberté sexuelle justifiée par des slogans spirituels. Le même scalpel: vous avez été achetés à prix, votre corps appartient au Seigneur, et l'assemblée n'est pas un club dont les membres défendent leurs droits mais un corps racheté.

Les chapitres 7 à 14 répondent aux questions écrites des Corinthiens, signalées par la formule «or, pour ce qui est de». Le mariage et le célibat (chapitre 7), les viandes offertes aux idoles et les limites de la liberté (chapitres 8 à 10), puis la vie du rassemblement: la tenue dans l'assemblée, la cène profanée par les inégalités sociales (chapitre 11), les dons spirituels, le corps aux multiples membres, la supériorité de l'amour et l'ordre dans le culte (chapitres 12 à 14). Ici encore, le critère n'est jamais «qu'est-ce qui m'est permis», mais «qu'est-ce qui édifie»: «la connaissance enfle, mais l'amour édifie» (1 Corinthiens 8:1).

Le chapitre 15 est le sommet doctrinal. Certains à Corinthe niaient la résurrection des corps, jugeant la matière méprisable et préférant une immortalité spirituelle désincarnée. Paul répond que cette négation fait s'effondrer tout l'édifice: «et si Christ n'a pas été ressuscité, notre prédication donc est vaine aussi, et votre foi aussi est vaine» (1 Corinthiens 15:14). Puis il décrit le corps ressuscité, la victoire sur la mort, et conclut par un appel au travail persévérant.

Le chapitre 16 paraît prosaïque, avec la collecte pour les pauvres de Jérusalem, les itinéraires de voyage et les salutations. Il est en réalité l'atterrissage de toute la lettre: une assemblée réconciliée ouvre sa bourse pour des croyants qu'elle n'a jamais vus, et Paul résume tout en six mots: «Que toutes choses parmi vous se fassent dans l'amour» (1 Corinthiens 16:14).

Les grands thèmes se laissent alors nommer: la croix comme sagesse et puissance de Dieu, l'assemblée comme temple et comme corps, la sainteté du corps physique, la liberté limitée par l'amour du faible, l'ordre dans le culte, et la résurrection comme horizon qui donne son poids à chaque geste présent.

Versets clés de ce livre

Trois versets portent l'épître, et chacun déplace un centre de gravité.

«car la parole de la croix est folie pour ceux qui périssent, mais à nous qui obtenons le salut elle est la puissance de Dieu» (1 Corinthiens 1:18). Remarquez que Paul ne dit pas que la croix est folie, puis devient sagesse. Il dit qu'elle est, en elle-même, la puissance de Dieu, et que la différence se joue dans celui qui écoute. Le verbe «périssent» et l'expression «qui obtenons le salut» sont au présent continu: deux trajectoires en cours, révélées par la réaction au Crucifié. Pour un Corinthien ambitieux, la croix est insupportable, car elle dit que le chemin de Dieu passe par le bas. C'est pourquoi tout l'orgueil ecclésial se dissout ici, et seulement ici.

«Ne savez-vous pas que votre corps est le temple du Saint Esprit qui est en vous, et que vous avez de Dieu? Et vous n'êtes pas à vous-mêmes» (1 Corinthiens 6:19). Les Corinthiens disaient: «toutes choses me sont permises». Paul ne répond pas par une liste d'interdits mais par un titre de propriété. Votre corps n'est pas un vêtement jetable autour d'une âme immortelle; il est le lieu où Dieu a choisi d'habiter, et le verset suivant ajoute: «car vous avez été achetés à prix. Glorifiez donc Dieu dans votre corps». La sexualité, l'alimentation, le sommeil, le travail physique cessent d'être des zones neutres. Et notez la logique: nous ne sommes pas appelés à nous respecter parce que nous aurions de la valeur en nous-mêmes, mais parce que Quelqu'un a payé.

«Car de même que le corps est un et qu'il a plusieurs membres, mais que tous les membres du corps, quoiqu'ils soient plusieurs, sont un seul corps, ainsi aussi est le Christ» (1 Corinthiens 12:12). L'image du corps était connue des orateurs antiques, qui s'en servaient pour dire aux petites gens de rester à leur place. Paul la retourne. Il ne conclut pas «ainsi en est-il de l'Église», mais «ainsi aussi est le Christ»: l'assemblée n'illustre pas seulement un organisme, elle est l'expression du Christ dans le monde. Du coup, le pied n'a pas à envier la main, et l'œil n'a pas le droit de congédier le pied. Dans le même chapitre, Paul insiste sur l'honneur dû aux membres les plus faibles, exactement l'inverse de la hiérarchie corinthienne.

Un guide de lecture pratique

Lisez d'abord la lettre d'un seul trait, à voix haute si possible, en une heure et demie environ. Elle a été écrite pour être lue ainsi, debout, devant une assemblée réunie. Vous entendrez alors les reprises que la lecture fragmentée efface: les «ne savez-vous pas» répétés dix fois, les slogans corinthiens que Paul cite avant de les corriger, le mot «édifier» qui revient comme un refrain.

Ensuite, prenez-la en cinq semaines. Semaine un, les chapitres 1 à 4, avec une question en main: sur quoi est-ce que je juge les prédicateurs et les chrétiens autour de moi? Semaine deux, les chapitres 5 et 6, en notant tout ce que Paul dit du corps. Semaine trois, les chapitres 7 à 10, en repérant la logique de la liberté renoncée par amour, et en lisant 1 Corinthiens 9 comme l'autoportrait d'un homme qui pratique ce qu'il enseigne. Semaine quatre, les chapitres 11 à 14, en lisant 1 Corinthiens 13 non comme un poème de mariage mais comme une correction adressée à des gens doués et durs. Semaine cinq, les chapitres 15 et 16, en vous demandant ce que change, très concrètement, la certitude que votre corps ressuscitera.

Pour approfondir, trois compagnons de route. Actes 18 vous donne le récit de la fondation de l'assemblée. La deuxième épître aux Corinthiens vous montre la suite de l'histoire, plus douloureuse et plus tendre. Et l'épître aux Romains, écrite peu après depuis Corinthe même, expose calmement la doctrine que cette lettre-ci applique dans l'urgence.

Un conseil pour finir: notez dans un carnet chaque fois que Paul ramène un sujet à la croix ou à la résurrection. Vous obtiendrez la colonne vertébrale de la lettre, et un modèle pour vos propres décisions.

Le miroir

Vous ne vivez probablement pas à côté d'un temple d'Aphrodite. Mais vous vivez dans une ville corinthienne. Vous comparez votre assemblée à celle d'à côté, mieux organisée, mieux chantante. Vous mesurez les prédicateurs à leur éloquence et vous appelez cela du discernement. Vous avez un avis très ferme sur le frère qui vous a blessé, et vous avez déjà choisi vos alliés. Vous dites que votre corps vous appartient quand il s'agit de ce que vous en faites le soir, et vous dites qu'il ne compte pas vraiment quand il s'agit de fatigue, de nourriture ou de repos.

Paul vous dérange sur un point précis: il refuse de séparer votre théologie de votre agenda. Celui qui confesse un Christ crucifié ne peut pas se battre pour la première place à table. Celui qui sait que son corps est un sanctuaire ne peut pas le traiter comme un distributeur de sensations. Celui qui attend la résurrection ne peut pas estimer que son travail invisible, le ménage, les soins à un parent âgé, les années passées auprès d'enfants ingrats, soit perdu.

Et pourtant, écoutez comment cette lettre commence. Paul écrit à des gens qui se déchirent, qui tolèrent l'inceste, qui s'enivrent à la table du Seigneur, et il les appelle «sanctifiés dans le christ Jésus, saints appelés». Il ajoute: «Et quelques-uns de vous, vous étiez tels; mais vous avez été lavés, mais vous avez été sanctifiés, mais vous avez été justifiés au nom du seigneur Jésus, et par l'Esprit de notre Dieu» (1 Corinthiens 6:11). La grâce vient avant la correction, et c'est elle qui rend la correction supportable.

Vous n'êtes pas corrigé pour être aimé; vous êtes corrigé parce qu'aimé.

Expliqué aux enfants

Pour un enfant, la première épître aux Corinthiens devient vivante si on la présente comme une lettre, une vraie, avec un facteur. Paul est loin, de l'autre côté de la mer. Il a appris que ses amis de Corinthe se disputent beaucoup. Alors il prend sa plume et il leur écrit une longue lettre pour leur dire: vous vous trompez de chef. Votre chef, c'est Jésus, et Jésus n'a pas gagné en écrasant les autres, Il a gagné en donnant Sa vie.

L'image du corps est un cadeau pour expliquer cela. Un enfant comprend tout de suite qu'un pied ne peut pas dire à une main: «je n'ai pas besoin de toi». Demandez-lui ce qui arriverait si le corps n'était qu'un énorme œil, ou qu'une oreille géante. Puis faites le lien: dans l'assemblée, celui qui chante, celle qui range les chaises, celui qui prie tout bas, tous sont nécessaires, parce que tous ensemble forment le corps du Christ. Le chapitre 13 se raconte ensuite très simplement: on peut savoir beaucoup de choses et parler très bien, et pourtant blesser les autres; l'amour, lui, prend son temps et ne se vante pas.

Selon l'âge, le ton change beaucoup. Avec les tout-petits de trois à six ans, on reste sur la lettre et le corps. Entre sept et douze ans, on peut aborder la croix qui renverse les classements de la cour de récréation. Avec les adolescents, les questions sur le corps, la pureté et la pression du groupe deviennent centrales. Des explications adaptées à chacune de ces tranches d'âge sont disponibles sur Faith.network, pour que la même lettre parle dans chaque langage.

Questions fréquentes

Qui a écrit la première épître aux Corinthiens ?

L'apôtre Paul, qui se nomme dès le premier verset et signe de sa main au chapitre 16. Il associe à sa salutation un certain Sosthène, probablement l'ancien chef de synagogue de Corinthe mentionné en Actes 18:17, devenu croyant et compagnon de l'apôtre. La paternité paulinienne n'a jamais été sérieusement contestée, ni dans l'Église ancienne ni dans la recherche moderne: le style, le vocabulaire et les détails biographiques concordent avec les autres lettres de Paul, et le texte est cité dès la fin du premier siècle par Clément de Rome.

Quand et d'où la première épître aux Corinthiens a-t-elle été écrite ?

Depuis Éphèse, vers l'an 54 ou 55, au printemps. Paul l'indique lui-même: «mais je demeurerai à Éphèse jusqu'à la Pentecôte» (1 Corinthiens 16:8). La datation s'appuie aussi sur une inscription retrouvée à Delphes qui situe le proconsulat de Gallion, devant qui Paul comparut à Corinthe, aux années 51 et 52. En comptant les dix-huit mois de fondation puis le long séjour éphésien, on arrive au milieu des années cinquante, ce qui fait de cette lettre l'un des plus anciens écrits chrétiens que nous possédions.

Quel est le message central de la première épître aux Corinthiens ?

Que la croix du Christ n'est pas seulement la porte d'entrée du salut, mais la mesure permanente de toute la vie chrétienne, personnelle et collective. Tous les désordres corinthiens, divisions, procès, immoralité, cène profanée, course aux dons spectaculaires, viennent d'une même racine: une assemblée qui juge selon les critères de sa ville, le statut, l'éloquence, la force. Paul répond en répétant la parole de la croix et en la faisant descendre dans les détails les plus triviaux, jusqu'à la manière de partager un repas.

Pourquoi Paul a-t-il écrit aux Corinthiens ?

Pour trois raisons qui s'additionnent. Des membres de la maison de Chloé lui ont rapporté qu'il y avait des dissensions dans l'assemblée (1 Corinthiens 1:11). D'autres informations, plus graves encore, lui sont parvenues au sujet d'un cas d'immoralité toléré. Enfin, les Corinthiens eux-mêmes lui ont envoyé une lettre avec une série de questions pratiques, auxquelles il répond à partir du chapitre 7 en reprenant chaque fois la formule «or, pour ce qui est de». La lettre est donc à la fois une correction et une consultation pastorale.

Y a-t-il eu une lettre perdue aux Corinthiens ?

Oui, au moins une. Paul écrit: «Je vous ai écrit dans la lettre, de ne pas avoir de commerce avec les fornicateurs» (1 Corinthiens 5:9), en se référant à un courrier antérieur que nous n'avons plus. La deuxième épître mentionne également une lettre écrite «dans une grande affliction», que beaucoup identifient à une troisième missive, elle aussi disparue. Cela ne pose aucun problème pour la foi: Dieu a conservé dans le canon ce qu'Il destinait à toute l'Église, et non la totalité de la correspondance administrative de l'apôtre.

Quelle est la différence entre la première et la deuxième épître aux Corinthiens ?

La première traite des problèmes de l'assemblée, la seconde traite de la relation entre l'assemblée et l'apôtre. Après un passage douloureux et une lettre sévère, Paul défend dans la deuxième épître son ministère contre des concurrents brillants, parle de ses faiblesses, de ses souffrances et de la consolation de Dieu, et achève d'organiser la collecte pour Jérusalem. On passe donc de la correction doctrinale et pratique à l'ouverture du cœur. Les deux lettres se lisent idéalement à la suite, comme deux actes d'une même histoire.

Que signifie « votre corps est le temple du Saint Esprit » ?

Que Dieu, qui habitait autrefois le tabernacle puis le temple de Jérusalem, habite désormais par Son Esprit dans le corps des croyants. Paul en tire une conséquence immédiate: «Et vous n'êtes pas à vous-mêmes» (1 Corinthiens 6:19). L'argument n'est pas que notre corps serait sacré par nature, mais qu'il a été racheté à grand prix et qu'il est devenu un lieu de présence. Cela concerne la sexualité, dont parle le contexte immédiat, mais aussi tout ce que nous faisons de notre chair: le repos, la nourriture, le travail, les soins.

Que dit 1 Corinthiens 13 sur l'amour ?

Que l'amour est la seule chose qui donne du prix à tout le reste. Paul écrit à des gens fiers de leurs dons et leur dit qu'une langue angélique sans amour n'est qu'un instrument bruyant. Puis il décrit cet amour par des verbes, non par des sentiments: «L'amour use de longanimité; il est plein de bonté; l'amour n'est pas envieux; l'amour ne se vante pas; il ne s'enfle pas d'orgueil» (1 Corinthiens 13:4). Chaque trait vise un défaut corinthien précis. Ce chapitre n'est pas un poème de mariage, c'est un miroir tendu à une communauté douée et dure.

Les dons de langues existent-ils encore aujourd'hui selon 1 Corinthiens ?

Des chrétiens fidèles à l'Écriture répondent différemment à cette question, les uns estimant que les dons de signes ont accompagné la fondation apostolique, les autres qu'ils demeurent. Ce que la lettre dit sans ambiguïté, en revanche, c'est la règle d'usage: dans l'assemblée, tout doit être intelligible, ordonné et édifiant, chacun parlant à son tour et avec interprétation, cinq mots compris valant mieux que dix mille incompréhensibles. Paul ne méprise pas le don, mais il refuse qu'un don serve à établir une hiérarchie spirituelle. L'amour reste le critère.

Pourquoi Paul parle-t-il du voile des femmes en 1 Corinthiens 11 ?

Parce que la question lui avait été posée et que la tenue, dans la Corinthe du premier siècle, communiquait un message social immédiat. Paul argumente à partir de l'ordre de la création et de la bienséance, tout en affirmant l'interdépendance de l'homme et de la femme dans le Seigneur. Les interprètes se divisent sur la part de principe permanent et la part de convention culturelle. Ce qui demeure clair, c'est le souci de Paul que le rassemblement chrétien ne devienne pas un lieu de provocation ni de confusion, et que les femmes prient et prophétisent dans l'assemblée.

Que dit 1 Corinthiens 15 sur la résurrection ?

Que la résurrection de Jésus est un fait attesté et le fondement de tout l'Évangile: Christ est mort pour nos péchés, Il a été enseveli, Il a été ressuscité le troisième jour, et Il est apparu à Céphas, aux douze, puis à plus de cinq cents frères à la fois, dont la plupart vivaient encore quand Paul écrivait. De là découle la résurrection corporelle des croyants, semée dans la corruption et relevée dans l'incorruptibilité. Paul en tire une conclusion très pratique: notre travail présent n'est pas vain dans le Seigneur.

Comment comprendre que « la parole de la croix est folie » ?

Pour un Grec cultivé, l'idée d'un dieu crucifié était absurde; pour un Juif, un Messie pendu au bois était maudit. La croix est donc scandaleuse par construction, et aucune présentation habile ne la rendra respectable. Paul affirme que cette apparente folie est précisément le lieu de la puissance de Dieu (1 Corinthiens 1:18), parce qu'elle ruine toute possibilité de se glorifier soi-même. Celui qui cherche d'abord à paraître sage ou fort trouvera toujours la croix insupportable; celui qui se laisse sauver y découvre la sagesse même de Dieu.

Combien de chapitres compte la première épître aux Corinthiens, et comment la situer dans la Bible ?

Seize chapitres, environ 437 versets, ce qui en fait la deuxième plus longue lettre de Paul après celle aux Romains. Elle se trouve dans le Nouveau Testament juste après l'épître aux Romains et avant la deuxième épître aux Corinthiens. Sa place dans le canon est précieuse: aucun autre livre biblique ne décrit avec autant de détail la vie concrète d'une assemblée du premier siècle, et c'est là que se trouvent les plus anciens récits écrits de la cène (1 Corinthiens 11:23) et de la résurrection.

Pour conclure

Seize chapitres, une dizaine de sujets, un seul scalpel. Si vous retenez une chose de la première épître aux Corinthiens, que ce soit celle-ci: Paul n'a pas réglé les problèmes de Corinthe en multipliant les règlements, il les a tous ramenés sous la croix. Les partis se dissolvent devant un Messie crucifié. Le corps retrouve sa dignité parce qu'il a été acheté à prix. La table du Seigneur redevient une table commune parce qu'on y annonce une mort, et non un rang social. Les dons cessent d'être des trophées quand l'amour reprend la première place. Et le travail le plus obscur retrouve son poids parce que la mort a été vaincue.

Reprenez la lettre, lentement, avec un carnet. Notez chaque fois que Paul remonte de la question posée jusqu'au Crucifié ressuscité, et vous apprendrez une manière de penser qui vaut bien au-delà de Corinthe. Rien n'est trop banal pour être remis sous la croix. Puis laissez-vous arrêter par la dernière exhortation pratique de l'apôtre, celle qui résume tout: «Que toutes choses parmi vous se fassent dans l'amour».

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