Figure principale

Caïn, le premier fils et le premier meurtrier

Caïn, fils d'Adam et Ève : offrande refusée, meurtre d'Abel, signe de l'Éternel, pays de Nod, et son nom repris en 1 John, Hebrews et Jude.
environ 4004 av. J.-C. à 2348 av. J.-C. · époque située selon la chronologie d'Ussher (1650)
Époque
Before the flood
Famille
Adam · Eve · Enoch · Abel · Seth
Dans les Écritures
16 versets · 4 passages
Première et dernière
Genesis 4:1 → Jude

Un homme d'avant le déluge

Caïn (קַ֫יִן) est le fils d'Adam et d'Ève, frère d'Abel et de Seth, père d'Hénoc. Il appartient à l'époque qui précède le déluge, située environ 4004 av. J.-C. à 2348 av. J.-C. selon la chronologie d'Ussher (1650). Sa trace dans l'Écriture est courte mais tenace : seize versets, répartis entre Genesis, Hebrews, 1 John et Jude, de sa naissance en Genesis 4:1 jusqu'à la lettre de Jude. Treize de ces versets se trouvent dans un seul chapitre, Genesis 4, qui raconte presque tout ce que nous savons de lui.

La naissance et l'offrande

Le récit s'ouvre sur une parole de joie : « Et l'homme connut Ève sa femme ; et elle conçut, et enfanta Caïn ; et elle dit : J'ai acquis un homme avec l'Éternel. Et elle enfanta encore son frère, Abel . Et Abel paissait le menu bétail, et Caïn labourait la terre. Et il arriva, au bout de quelque temps, que Caïn apporta, du fruit du sol, une offrande à l'Éternel » (Genesis 4:1-3). Deux frères, deux métiers, et une initiative de Caïn : c'est lui qui apporte le premier une offrande dont le texte parle.

La suite tourne court. « mais à Caïn et à son offrande, il n'eut pas égard. Et Caïn fut très irrité, et son visage fut abattu. Et l'Éternel dit à Caïn : Pourquoi es-tu irrité, et pourquoi ton visage est-il abattu ? » (Genesis 4:5-6). Il faut noter la manière dont Dieu traite Caïn : non par le silence, mais par une question posée à sa colère, avant tout acte, pendant qu'il en est encore temps.

Le champ et la question

Caïn ne répond pas à la question. Il agit. « Et Caïn parla à Abel son frère ; et il arriva, comme ils étaient aux champs, que Caïn se leva contre Abel, son frère, et le tua. Et l'Éternel dit à Caïn : Où est Abel, ton frère ? Et il dit : Je ne sais. Suis-je, moi, le gardien de mon frère ? » (Genesis 4:8-9). Le texte insiste trois fois sur le mot « frère ». Et la réponse de Caïn est double : un mensonge, puis une esquive qui se donne des airs de question théologique.

La parole de Caïn en Genesis 4:13 poursuit cet échange. Puis vient une réponse de l'Éternel que l'on n'attendait peut-être pas : « Et l'Éternel lui dit : C'est pourquoi quiconque tuera Caïn sera puni sept fois. Et l'Éternel mit un signe sur Caïn, afin que quiconque le trouverait ne le tue point. Et Caïn sortit de devant l'Éternel ; et il habita dans le pays de Nod, à l'orient d'Éden. Et Caïn connut sa femme, et elle conçut, et enfanta Hénoc ; et il bâtit une ville, et appela le nom de la ville d'après le nom de son fils Hénoc » (Genesis 4:15-17). Le meurtrier reçoit une protection. Il sort de devant l'Éternel, s'installe, engendre, bâtit. La vie des hommes continue par lui, et la ville qu'il élève porte le nom de son fils.

Son nom revient encore deux fois dans le chapitre, et jamais en bien. Dans la vantardise de Lémec : « si Caïn est vengé sept fois, Lémec le sera 77 fois » ; et dans la bouche d'Ève : « Et Adam connut encore sa femme ; et elle enfanta un fils, et appela son nom Seth ; car, [dit-elle], Dieu m'a assigné une autre semence au lieu d'Abel ; car Caïn l'a tué » (Genesis 4:24-25). Le premier fils est devenu, pour sa propre mère, celui par qui un autre fils manque.

Les fautes, nommées

L'Écriture ne ménage pas Caïn. Sa colère au lieu de l'écoute lorsque Dieu l'interroge (Genesis 4:5-6). Le meurtre de son frère dans les champs (Genesis 4:8). Le mensonge froid devant l'Éternel et le refus de toute responsabilité (Genesis 4:9). Les lettres apostoliques n'adoucissent rien : « non comme Caïn était du méchant et tua son frère. Et pour quelle raison le tua-t-il ? Parce que ses œuvres étaient mauvaises et que celles de son frère étaient justes » (1 John 3:12). Son nom est encore prononcé en Jude 1:11.

Ce que nous ne savons pas

Beaucoup. Les textes cités ne nous disent pas pourquoi l'offrande de Caïn ne fut pas agréée, ni ce qu'était le signe mis sur lui, ni qui était sa femme, ni où se trouvait exactement le pays de Nod sinon « à l'orient d'Éden » (Genesis 4:16). Nous ne savons rien de sa mort. Rien ne comble ces vides, et il vaut mieux les laisser ouverts que les meubler.

La ligne vers le Christ

Elle passe par trois textes seulement. 1 John 3:12 fait de Caïn le contre-exemple : il « était du méchant », ses œuvres étaient mauvaises, celles de son frère justes. Le nom de Caïn sert donc, dans l'enseignement des apôtres, à mesurer ce que n'est pas l'amour fraternel. Hebrews 11:4 et Jude 1:11 le nomment également, l'un dans le souvenir de la foi d'Abel, l'autre dans un avertissement. Là où Caïn demande « Suis-je, moi, le gardien de mon frère ? » (Genesis 4:9), ces trois versets renvoient le lecteur à une justice qui n'est pas la sienne. Le chemin s'arrête là où s'arrêtent les textes, et pas plus loin.

Genesis 4:1-3 Genesis 4:15-17 Genesis 4:5-6 Genesis 4:8-9 Genesis 4:24-25 1 John 3:12 Hebrews 11:4 Jude 1:11
Chaque fait de cette page renvoie aux versets indiqués. La chronologie suit Ussher, Annals of the World (1650). Données sources : TIPNR, STEP Bible (CC BY 4.0).
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