Ésaü, le premier-né d'Isaac et père d'Édom
Qui est Ésaü
Ésaü (עֵשָׂו) est le fils d'Isaac et de Rebecca, le frère jumeau de Jacob, et le père de la nation d'Édom. Il appartient à l'époque des patriarches ; selon Ussher, Annals of the World (1650), sa vie commence par une naissance en 1836 av. J.-C. Son nom traverse toute l'Écriture : 84 versets répartis en 17 passages, du premier, Genesis 25:25, jusqu'à Hebrews. Le gros de ce matériau se trouve dans Genesis (64 versets), puis Deuteronomy (6), 1 Chronicles (4), Hebrews (2), Jeremiah (2), Obadiah (2), Malachi (2), Joshua (1) et Romans (1).
Deux frères dès la naissance
La première scène le montre avant même qu'il n'agisse : « Et le premier sortit, roux, tout entier comme un manteau de poil ; et ils appelèrent son nom Ésaü. Et ensuite sortit son frère, et sa main tenait le talon d'Ésaü ; et on appela son nom Jacob. Et Isaac était âgé de 60 ans quand ils naquirent » (Genesis 25:25-30). Le même passage dessine deux caractères et deux affections : « Et Ésaü était un homme habile à la chasse, un homme des champs ; et Jacob était un homme simple, qui habitait les tentes. Et Isaac aimait Ésaü, car le gibier était sa viande ; mais Rebecca aimait Jacob. » La scène se ferme sur un détail lourd de suite : « Et Jacob cuisait un potage ; et Ésaü arriva des champs, et il était las. » Ce qui suit immédiatement se lit en Genesis 25:32 et Genesis 25:34, que le dossier ne cite pas mot pour mot ; le lecteur est renvoyé au texte lui-même.
La bénédiction dérobée
Le chapitre 27 de Genesis est celui où Ésaü est le plus nommé sans être présent. Le récit court de Genesis 27:1 à Genesis 27:42, avec l'affaire du vêtement et des mains (Genesis 27:11 ; Genesis 27:15), la parole de Jacob devant son père (Genesis 27:19), puis le retour d'Ésaü (Genesis 27:30 ; Genesis 27:32 ; Genesis 27:34). Le cœur de la scène est cité : « Et Isaac dit à Jacob : Approche, je te prie, et je te tâterai, mon fils, [pour savoir] si tu es véritablement mon fils Ésaü, ou non. Et Jacob s'approcha d'Isaac, son père ; et il le tâta, et dit : La voix est la voix de Jacob ; mais les mains sont les mains d'Ésaü. Et il ne le reconnut pas, parce que ses mains étaient velues comme les mains d'Ésaü, son frère ; et il le bénit ; et il dit : Es-tu vraiment mon fils Ésaü ? Et il dit : Je le suis » (Genesis 27:21-24). Le péché ici nommé est celui de Jacob : un mensonge froid, répété, sous la main d'un père qui ne voit plus. La suite se lit en Genesis 27:37-38 et Genesis 27:41-42, puis en Genesis 28:5-6 et Genesis 28:8-9.
La rencontre redoutée
Des années plus tard, Jacob envoie des messagers au-devant de son frère (Genesis 32:3-4 ; Genesis 32:6 ; Genesis 32:8 ; Genesis 32:11 ; Genesis 32:13). Le dossier cite ses instructions : « Quand Ésaü, mon frère, te rencontrera, et t'interrogera, disant : À qui es-tu ? et où vas-tu ? et à qui sont ces [troupeaux] devant toi ? tu diras : À ton serviteur Jacob ; c'est un présent envoyé à mon seigneur Ésaü ; et voici, lui-même aussi [vient] après nous » (Genesis 32:17-19). La rencontre elle-même est rapportée en Genesis 33:1, Genesis 33:4 et Genesis 33:15-16.
Ésaü, c'est Édom
Le chapitre 36 fait de lui une tête de peuple. « Et Ada enfanta à Ésaü Éliphaz ; et Basmath enfanta Rehuel. Et Oholibama enfanta Jehush, et Jahlam, et Coré. Ce sont là les fils d'Ésaü, qui lui naquirent dans le pays de Canaan. » Puis vient la séparation : il prend ses femmes, ses fils et ses filles, toutes les personnes de sa maison, ses troupeaux, son bétail et tout son bien acquis en Canaan, « et il s'en alla dans un pays, loin de Jacob, son frère » (Genesis 36:4-6). « Et Ésaü habita dans la montagne de Séhir : Ésaü, c'est Édom. Et ce sont ici les générations d'Ésaü, père d'Édom, dans la montagne de Séhir » (Genesis 36:8-10). La lignée s'étend encore : Thimna, concubine d'Éliphaz, enfante Amalek, et les chefs sortis d'Éliphaz sont nommés Théman, Omar, Tsepho, Kenaz (Genesis 36:12-15 ; voir aussi Genesis 36:1-2 et Genesis 36:17-19). Le dossier compte parmi ses femmes Judith (Genesis 26:34) et Mahalath (Genesis 28:9). Les généalogies reprennent son nom en 1 Chronicles 1:34-35, 1 Chronicles 1:51 et 1 Chronicles 1:54 ; Deuteronomy 2:4-5, 2:8, 2:12, 2:22 et 2:29 le nomment comme ancêtre d'un peuple voisin ; Malachi 1:2-3 le met en balance avec son frère.
Les fautes, sans les lisser
Les fautes d'Ésaü lui-même ne sont pas racontées dans les passages cités ici. Elles sont signalées par renvoi : Genesis 25:32 et Genesis 25:34, Genesis 26:34, Genesis 27:34 et Genesis 27:41-42, ainsi que Hebrews 12:16. Honnêteté oblige : ce que ces versets contiennent, il faut aller le lire, non le recevoir de seconde main. Ce que le texte cité montre en revanche sans détour, c'est la tromperie dont il est la victime dans la chambre de son père (Genesis 27:21-24).
Ce que nous ne savons pas
La chronologie ne donne qu'une naissance en 1836 av. J.-C. (Ussher, Annals of the World, 1650) ; aucune année de mort n'est fournie. Le dossier ne consigne aucune autre question ouverte, et il ne livre pas le texte des passages situés hors de Genesis.
Son nom dans le Nouveau Testament
L'histoire ne s'arrête pas au premier livre. Trois passages apostoliques portent son nom : Hebrews 11:20, Hebrews 12:16 et Romans 9:13. Leur texte n'est pas cité ici ; ce sont pourtant ces trois lignes qui rattachent l'homme roux des champs à la foi, à l'avertissement et à l'élection dont vit l'Église du Christ. Qui veut suivre cette ligne doit ouvrir lui-même ces trois références.
