Silas, envoyé à Antioche et appelé frère fidèle
Qui est Silas
Silas est un homme qui vit au temps des apôtres. La chronologie retenue le situe à l'époque « environ 4 av. J.-C. à ap. J.-C. 33 » (époque située selon la chronologie d'Ussher, 1650). Son nom apparaît pour la première fois en Acts 15:22, et sa dernière mention se trouve dans 1 Peter. En tout, dix-sept versets répartis sur cinq livres : Acts, 2 Corinthians, 1 Thessalonians, 2 Thessalonians et 1 Peter. C'est peu de lignes pour un homme dont le nom accompagne, d'un bout à l'autre, l'annonce du Fils de Dieu parmi les assemblées.
Choisi et envoyé
La première fois que l'Écriture le nomme, c'est une décision d'assemblée : « Alors il sembla bon aux apôtres et aux anciens, avec toute l'assemblée, de choisir parmi eux des hommes, et de les envoyer à Antioche avec Paul et Barnabas : [savoir] Judas appelé Barsabbas, et Silas, hommes [d'entre ceux] qui tenaient la première place parmi les frères » (Acts 15:22). Silas n'est donc pas un inconnu que l'on pousse en avant. Il est déjà reconnu, déjà compté parmi ceux qui tiennent la première place. On l'envoie parce qu'on lui fait confiance, et le mandat est collectif : les apôtres, les anciens, toute l'assemblée.
La suite du chapitre le mentionne encore à plusieurs reprises : Acts 15:27, Acts 15:32, Acts 15:34, puis Acts 15:40. Ces versets ne sont pas cités ici mot pour mot. On peut les lire, mais le dossier ne les développe pas, et il n'est pas permis d'y ajouter ce que la mémoire croit savoir.
De ville en ville
Son nom réapparaît ensuite dans le récit des voyages : Acts 16:19, Acts 16:25, Acts 16:29, puis Acts 17:4 et Acts 17:10. Là encore, le texte de ces versets n'est pas reproduit dans le dossier, et il faut se contenter de les signaler comme les jalons d'un parcours.
Un passage, lui, est cité en entier, et il vaut d'être médité : « Mais alors les frères renvoyèrent aussitôt Paul, comme pour aller à la mer ; mais Silas et Timothée demeurèrent encore là. Et ceux qui conduisaient Paul le menèrent jusqu'à Athènes ; et après avoir reçu pour Silas et pour Timothée l'ordre de le rejoindre au plus tôt, ils partirent » (Acts 17:14-15). Silas reste quand Paul part. Il tient le terrain que l'autre doit quitter, et il attend l'ordre de le rejoindre. On le retrouve encore en Acts 18:5.
Silvain dans les lettres
Dans les épîtres, le nom qui figure au dossier de cet homme est Silvain. Deux lettres s'ouvrent sur lui : « Paul, et Silvain, et Timothée, à l'assemblée des Thessaloniciens, en Dieu le Père et dans le seigneur Jésus Christ : Grâce et paix à vous ! » (1 Thessalonians 1:1), et « Paul, et Silvain, et Timothée, à l'assemblée des Thessaloniciens, en Dieu notre Père et dans le seigneur Jésus Christ » (2 Thessalonians 1:1). Il n'est pas seulement porteur d'une lettre : son nom est dans l'adresse, associé à celui de Paul.
Une autre lettre le nomme comme prédicateur : « Car le Fils de Dieu, Jésus Christ, qui a été prêché par nous au milieu de vous, [savoir] par moi et par Silvain et par Timothée, n'a pas été oui et non, mais il y a oui en lui » (2 Corinthians 1:19). Enfin, une dernière mention lui donne un titre qui résume tout le reste : « Je vous ai écrit brièvement par Silvain, qui est un frère fidèle, comme je le pense, vous exhortant et attestant que cette [grâce] dans laquelle vous êtes est la vraie grâce de Dieu » (1 Peter 5:12).
Aucune faute rapportée
L'Écriture n'a pas l'habitude de ménager ses serviteurs, et quand elle raconte une chute, elle la raconte. Ici, dans les seize références qui portent son nom, aucune faute, aucun péché, aucun reproche ne lui est attribué. Ce silence n'est pas un certificat de sainteté : c'est simplement le silence du texte, et il faut le laisser tel quel, sans lui faire dire davantage.
Ce que nous ignorons
Beaucoup. L'Écriture ne nomme pas ses parents. Aucun enfant ne lui est attribué. Aucune tribu, aucun peuple d'origine n'est indiqué. Le dossier note de plus qu'aucune scène ne le prend pour sujet propre : chaque mention le place dans une liste, une salutation ou une note de passage, à côté d'autres noms. Nous n'avons ni son visage, ni sa fin.
La ligne jusqu'au Christ
Elle passe par ses propres versets. Le contenu de sa prédication est nommé : « le Fils de Dieu, Jésus Christ », prêché par lui et par d'autres, et en qui « il y a oui » (2 Corinthians 1:19). Les assemblées auxquelles il écrit avec Paul sont dites « en Dieu le Père et dans le seigneur Jésus Christ » (1 Thessalonians 1:1 ; 2 Thessalonians 1:1). Et l'homme qui porte la lettre atteste que la grâce reçue « est la vraie grâce de Dieu » (1 Peter 5:12). Un frère fidèle : voilà ce que l'Écriture retient de lui, et c'est un service rendu au Christ.
