Explication biblique

Jean 11:35

Bible

Le texte

Jésus arrive enfin à Béthanie, quatre jours trop tard aux yeux de tous. Marie tombe à Ses pieds avec le même reproche que sa sœur. Il demande où l'on a couché Lazare, on Lui répond « Seigneur, viens et vois », et là, devant l'entrée d'un tombeau qu'Il va ouvrir dans quelques minutes, le Fils de Dieu se met à pleurer.

Le cœur

Deux versets plus haut, Il a dit la phrase la plus haute de tout l'Évangile : « Moi, je suis la résurrection et la vie ». Ici, Il pleure. Ce n'est pas une contradiction, c'est la définition même de l'incarnation. Le Dieu de la Bible ne regarde pas la mort d'en haut, avec la sérénité distante d'une divinité philosophique. Il entre dans le chagrin par la porte d'en bas, avec un corps, une gorge serrée, des larmes qui coulent. Et remarquez que Ses larmes ne sont pas de la résignation : le verset 33 dit qu'Il « frémit en son esprit », un mot qui décrit plutôt une colère contenue. Jésus ne pleure pas parce que la mort serait un beau passage. Il pleure parce qu'elle est une intruse.

Le fil rouge

Ce tombeau-ci annonce l'autre. Béthanie est à quinze stades de Jérusalem, à une heure de marche du lieu où, quelques semaines plus tard, on roulera une pierre devant un autre sépulcre. Jésus crie « Lazare, sors dehors » ; bientôt, personne n'aura besoin de L'appeler, Il sortira Lui-même. Et le texte lie explicitement les deux : c'est ce miracle qui déclenche le conseil où Caïphe déclare « qu'un seul homme meure pour le peuple ». Rendre la vie à Lazare Lui coûtera la Sienne. Les larmes du verset 35 sont donc déjà des larmes de Gethsémané. Depuis Genèse 3, la mort est le salaire de la rupture ; ici, Celui qui va payer ce salaire pleure d'abord devant la facture.

Le miroir

Vous connaissez la phrase du verset 37 : « n'aurait-il pas pu faire aussi que cet homme ne meure pas ? » C'est la question du couloir d'hôpital à trois heures du matin. Elle n'est pas condamnée dans le texte, elle est simplement laissée là, sans réponse directe. Ce que ce verset démolit, en revanche, c'est notre spiritualité de la maîtrise, cette idée qu'un croyant solide ne pleure pas, ou pleure discrètement, ou récite un verset pour couper court aux larmes des autres. Si le Fils de Dieu pleure devant un tombeau qu'Il va vider, vous avez le droit de pleurer devant celui que vous ne viderez pas. Et vous avez le devoir de ne pas dire aux endeuillés que tout va bien.

Le portrait

Jean écrit pour des communautés où l'on enterre déjà des frères et des sœurs, et où l'on se demande pourquoi le Seigneur tarde. Autour d'elles, le monde gréco-romain admirait l'homme qui ne se laisse pas troubler ; les dieux d'Homère riaient, ils ne pleuraient pas de compassion. Dire d'un Dieu qu'Il verse des larmes, c'était presque une indécence. Pour les Juifs présents, en revanche, le deuil était bruyant, public, collectif : on pleurait à haute voix, on faisait venir des consolateurs, on restait sept jours. Ce qu'ils lisent dans Ses larmes, ils le disent eux-mêmes : « Voyez comme il l'affectionnait. » Ils ont raison à moitié. Ce n'est pas seulement de l'affection pour un ami, c'est le deuil de Dieu sur Sa création abîmée.

Le détail

Le grec emploie ici un verbe que le Nouveau Testament n'utilise nulle part ailleurs : dakryō, verser des larmes. Pour Marie et pour la foule, Jean utilise un autre mot, celui du deuil sonore, des lamentations criées. La différence est visible dans la scène : autour de Lui, on se lamente à voix haute ; Lui, silencieusement, laisse couler des larmes. Ce n'est pas un chagrin plus faible, c'est un chagrin d'une autre nature. Celui qui sait ce qu'Il va faire dans dix minutes pleure quand même, et pleure autrement. Il ne pleure pas la perte de Lazare, qu'Il va récupérer. Il pleure ce que la mort fait aux hommes qu'Il aime, et Il le pleure en sachant que le seul remède passera par Son propre tombeau.

Contexte

Nous sommes juste avant la dernière Pâque, dans une région devenue dangereuse : les disciples rappellent au verset 8 qu'on cherchait tout récemment à Le lapider, et Thomas part avec le fatalisme sombre de celui qui s'attend au pire. Béthanie touche Jérusalem, donc le cœur du pouvoir religieux. Lazare est au tombeau depuis quatre jours, délai qui, dans les représentations juives de l'époque, excluait tout espoir : on considérait que même l'ombre de la vie avait quitté le corps. La maison est pleine de gens venus de Jérusalem pour consoler ; il y a des témoins, et parmi eux des observateurs qui iront rapporter aux pharisiens. Jésus pleure donc en public, devant Ses futurs juges.

Réflexion

Où, dans votre deuil ou celui d'un proche, avez-vous exigé de vous-même une force que Jésus Lui-même n'a pas affichée devant ce tombeau ?

Si Ses larmes annoncent déjà Sa propre mort, que change pour vous le fait que la consolation de Dieu Lui ait coûté quelque chose ?

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Questions fréquentes sur John 11:35

Des réponses rapides aux questions les plus courantes sur ce passage biblique.

Que signifie Jean 11:35 ?
Jésus arrive enfin à Béthanie, quatre jours trop tard aux yeux de tous. Marie tombe à Ses pieds avec le même reproche que sa sœur. Il demande où l'on a couché Lazare, on Lui répond « Seigneur, viens et vois », et là, devant l'entrée d'un tombeau qu'Il va ouvrir dans quelques minutes, le Fils de Dieu se met à pleurer.
De quoi parle Jean 11:35 ?
Ce tombeau-ci annonce l'autre. Béthanie est à quinze stades de Jérusalem, à une heure de marche du lieu où, quelques semaines plus tard, on roulera une pierre devant un autre sépulcre. Jésus crie « Lazare, sors dehors » ; bientôt, personne n'aura besoin de L'appeler, Il sortira Lui-même.
Quel est le contexte historique de Jean 11:35 ?
Jean écrit pour des communautés où l'on enterre déjà des frères et des sœurs, et où l'on se demande pourquoi le Seigneur tarde. Autour d'elles, le monde gréco-romain admirait l'homme qui ne se laisse pas troubler ; les dieux d'Homère riaient, ils ne pleuraient pas de compassion.
Que nous enseigne Jean 11:35 sur le caractère de Dieu ?
Nous sommes juste avant la dernière Pâque, dans une région devenue dangereuse : les disciples rappellent au verset 8 qu'on cherchait tout récemment à Le lapider, et Thomas part avec le fatalisme sombre de celui qui s'attend au pire. Béthanie touche Jérusalem, donc le cœur du pouvoir religieux.
En quoi Jean 11:35 reste-t-il pertinent aujourd'hui ?
Si Ses larmes annoncent déjà Sa propre mort, que change pour vous le fait que la consolation de Dieu Lui ait coûté quelque chose ?
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Prière Éditorial le verset 4

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