Thomas, appelé Didyme : douze versets d'un apôtre
Qui est Thomas
Thomas est un apôtre. La chronologie retenue pour lui est « environ 4 av. J.-C. à ap. J.-C. 33 » (époque située selon la chronologie d'Ussher (1650)). Son empreinte dans l'Écriture est petite et pourtant décisive : douze versets, répartis en huit passages, dans cinq livres. Il apparaît pour la première fois en Matthew 10:3 et pour la dernière fois dans le livre Acts. C'est le livre John qui lui donne le plus de place, avec huit mentions, tandis que Matthew, Mark, Luke et Acts ne le nomment qu'une fois chacun. Trois fois, le texte précise qu'il est « appelé Didyme » (John 11:16 ; John 20:24 ; John 21:2).
Nommé dans les listes
Plusieurs de ses mentions ne sont pas des scènes du tout, mais un nom dans une liste. Matthew 10:3, Mark 3:18 et Luke 6:15 le placent parmi les apôtres, sans lui prêter une parole ni un geste. Il en va de même en Acts 1:13, où le texte le situe avec les autres après leur entrée dans la ville : « ils montèrent dans la chambre haute où demeuraient Pierre, et Jean, et Jacques, et André, Philippe et Thomas, Barthélemy et Matthieu, Jacques [fils] d'Alphée et Simon Zélote, et Jude [frère] de Jacques. » Thomas est là, au milieu du groupe, sixième nommé. En John 21:2 également, il figure dans une simple énumération de ceux qui étaient ensemble : « Simon Pierre, et Thomas, appelé Didyme, et Nathanaël de Cana de Galilée, et les [fils] de Zébédée, et deux autres de ses disciples étaient ensemble. » Une bonne moitié de ce que l'Écriture dit de lui consiste donc à le compter parmi les douze.
Trois paroles de Thomas
Quand il parle, il parle court et il parle franc. Sa première parole rapportée est un appel au courage collectif : « Thomas donc, appelé Didyme, dit à ses condisciples : Allons-y, nous aussi, afin que nous mourions avec lui » (John 11:16). Ce n'est pas la phrase d'un homme timide ; elle envisage la mort et l'accepte.
Sa deuxième parole est une question, et elle avoue une ignorance : « Seigneur, nous ne savons pas où tu vas ; et comment pouvons-nous en savoir le chemin ? » (John 14:5). Thomas ne feint pas de comprendre. Il dit ce qu'il ne sait pas, et il le dit à haute voix, devant les autres.
Sa troisième parole est une confession, et c'est la plus forte que le texte place dans la bouche d'un disciple : « Mon Seigneur et mon Dieu ! » (John 20:26-29).
L'absence, puis l'incrédulité nommée
Entre la question et la confession, il y a une faute, et le texte ne la cache pas. « Or Thomas, l'un des douze, appelé Didyme, n'était pas avec eux quand Jésus vint » (John 20:24). Il manque au rendez-vous. Le texte ne dit pas pourquoi, il dit seulement qu'il n'était pas là.
Huit jours plus tard, la scène se répète, et cette fois il y est : « Et huit jours après, ses disciples étaient de nouveau dans la maison, et Thomas avec eux. Jésus vient, les portes étant fermées ; et il se tint au milieu d'eux et dit : Paix vous soit ! » (John 20:26-29). Ce que Jésus dit ensuite à Thomas nomme son état sans ménagement : « Avance ton doigt ici, et regarde mes mains ; avance aussi ta main, et mets-la dans mon côté ; et ne sois pas incrédule, mais croyant. » L'incrédulité est donc bien là, et c'est le Seigneur lui-même qui la désigne. La réponse de Thomas est immédiate et totale : « Mon Seigneur et mon Dieu ! » Mais la parole finale de Jésus laisse entendre que cette foi-là a été obtenue à moindre prix : « Parce que tu m'as vu, tu as cru ; bienheureux ceux qui n'ont point vu et qui ont cru. » Thomas a cru, et il est en même temps celui à l'occasion duquel une béatitude est prononcée sur d'autres que lui.
Ce que nous ne savons pas
L'Écriture ne nomme pas ses parents. Aucun enfant ne lui est attribué. Aucune tribu ni aucun peuple ne lui est donné. Sur tout cela le dossier biblique reste muet, et il faut le laisser muet.
La ligne qui mène à Jésus
Elle est directe, et elle passe par les seuls textes qui parlent de lui. Thomas est compté parmi les apôtres de Jésus (Matthew 10:3 ; Mark 3:18 ; Luke 6:15). Il est prêt à aller mourir avec lui (John 11:16). Il interroge le Seigneur sur le chemin, et avoue ne pas savoir où il va (John 14:5). Il n'est pas avec les autres quand Jésus vient (John 20:24), puis reçoit de lui l'ordre d'avancer le doigt et la main, et de cesser d'être incrédule (John 20:26-29). Et c'est de sa bouche, à l'homme qui voulait toucher, que sort l'adresse la plus haute : « Mon Seigneur et mon Dieu ! » On le retrouve ensuite avec les siens dans la chambre haute (Acts 1:13), et en John 21:2 parmi ceux que le texte nomme un à un. De la liste des douze à la confession, tout ce que nous savons de Thomas tient à Jésus.
