Personnage biblique

Qui était Josué dans la Bible ?

Introduction

Imaginez un homme de quarante ans qui a vu la mer s'ouvrir, puis se refermer sur l'armée du Pharaon. Il a mangé la manne, entendu le tonnerre du Sinaï, porté les affaires de Moïse, monté la garde devant la tente de la rencontre. Et puis il a attendu. Quarante ans de plus. Quarante ans à enterrer une génération entière dans le sable, en sachant que la promesse était juste là, de l'autre côté du Jourdain, et qu'il n'avait pas le droit d'y entrer encore.

Quand Dieu lui parle enfin, la première chose qu'Il lui dit n'est pas « bravo », mais un ordre : « Fortifie-toi et sois ferme. » Trois fois. Comme si le courage de Josué avait besoin d'être commandé.

Dans cette page, vous allez suivre Josué du début à la fin : l'esclave devenu serviteur, le serviteur devenu chef, le chef devenu vieillard qui supplie un peuple de choisir. Et vous verrez pourquoi son nom, précisément son nom, ouvre la porte de l'Évangile.

L'angle de ce guide

La plupart des portraits de Josué en font un héros naturellement courageux, une sorte de général sans peur. Le texte biblique dit autre chose. Le courage de Josué n'est jamais présenté comme un trait de caractère, mais comme une obéissance : un ordre reçu, répété, appris lentement, et nourri par la parole de Dieu. Chaque fois que Josué cesse d'écouter, il trébuche. Ce guide suit donc une seule ligne : Josué, l'homme au courage emprunté. Cela change tout, parce que cela signifie que sa vie n'est pas réservée aux forts. Elle est écrite pour ceux qui ont peur et qui obéissent quand même.

Que dit la Bible au sujet de Josué ?

Josué apparaît pour la première fois dans le livre de l'Exode, sans présentation, sans généalogie, comme un nom jeté au milieu d'une bataille. Amalek attaque Israël à Rephidim, et Moïse se tourne vers un inconnu : « Et Moïse dit à Josué: Choisis-nous des hommes, et sors, combats contre Amalek; demain je me tiendrai sur le sommet de la colline, la verge de Dieu dans ma main » (Exode 17:9). Tout est déjà là, en une phrase. Josué descend dans la plaine avec une épée ; Moïse monte sur la colline avec le bâton de Dieu. Et la victoire, le texte le souligne lourdement, ne dépend pas de l'épée en bas mais des mains levées en haut. Le premier jour de la carrière militaire de Josué lui apprend que sa force vient d'ailleurs.

Il est fils de Nun, de la tribu d'Éphraïm. Il est né esclave en Égypte. Il portait au départ le nom de Hoshée, « il sauve », et Moïse y ajoute le nom divin : Yehoshua, « l'Éternel est salut ». Ce détail, glissé dans Nombres 13:16, est l'une des clés de toute sa vie.

Avant d'être chef, Josué est longuement un second. L'Exode le décrit comme le serviteur de Moïse, celui qui l'accompagne sur la montagne et qui ne quitte pas l'intérieur de la tente quand Moïse en ressort (Exode 24:13 et Exode 33:11). Pendant des décennies, personne ne l'applaudit. Il range, il garde, il écoute. Dieu forme ses chefs dans les coulisses.

Puis vient l'épreuve des douze explorateurs, en Nombres 13. Dix rapportent que le pays est bon mais imprenable. Deux voix se lèvent contre dix. Le texte donne d'abord la parole à Caleb : « Et Caleb fit taire le peuple devant Moïse, et dit: Montons hardiment et prenons possession du pays, car nous sommes bien capables de le faire » (Nombres 13:30). Il est honnête de le dire : ce verset célèbre n'est pas de Josué. Mais Josué se range aux côtés de Caleb, et au chapitre suivant les deux hommes déchirent leurs vêtements ensemble et risquent la lapidation pour la même conviction. Josué n'a pas parlé le premier. Il a tenu bon avec celui qui parlait. C'est déjà une forme de courage : ne pas lâcher la main du fidèle quand la foule gronde.

Quarante ans plus tard, au bord du Jourdain, Moïse va mourir. La transmission se fait publiquement, sans ambiguïté : « Et Moïse appela Josué, et lui dit devant les yeux de tout Israël: Fortifie-toi et sois ferme; car toi, tu entreras avec ce peuple dans le pays que l'Éternel a juré à leurs pères de leur donner, et c'est toi qui le leur feras hériter » (Deutéronome 31:7). Remarquez la formule : Josué ne conquiert pas, il « fait hériter ». On n'hérite pas de ce qu'on a gagné ; on hérite de ce qui a été promis.

Le livre qui porte son nom s'ouvre alors sur la parole que Dieu Lui-même adresse à cet homme fraîchement endeuillé : « Ne t'ai-je pas commandé: Fortifie-toi et sois ferme? Ne te laisse point terrifier, et ne sois point effrayé; car l'Éternel, ton Dieu, est avec toi partout où tu iras » (Josué 1:9). Ce verset est souvent cité comme un encouragement vague. Il est bien plus tranchant. C'est un rappel à l'ordre : « Ne t'ai-je pas commandé ». Autrement dit, ta peur est compréhensible, mais elle n'a pas le dernier mot, parce que Ma présence est un fait et non un sentiment. Et juste avant, au verset 8, Dieu lie ce courage au livre de la loi que Josué doit méditer jour et nuit. Le courage biblique n'est pas une injection d'adrénaline ; il se lit, il se mâche, il se répète.

Suit la conquête : le Jourdain traversé à pied sec, les douze pierres dressées à Guilgal, la circoncision d'une génération née au désert, la Pâque célébrée dans le pays, puis Jéricho. Ensuite les campagnes du sud et du nord, le partage du territoire entre les tribus, les villes de refuge, et enfin les deux discours d'adieu. Josué meurt à cent dix ans, et le livre des Juges lui donne un titre que l'histoire ne donne à presque personne d'autre.

Le fil conducteur de la Bible

Josué est un personnage-charnière. Avec lui s'achève ce qui a commencé quand Dieu a dit à Abraham : « Je donnerai ce pays à ta semence. » Le livre le dit avec une joie presque incrédule : « Il ne tomba pas un mot de toutes les bonnes paroles que l'Éternel avait dites à la maison d'Israël: tout arriva » (Josué 21:45). Après quatre siècles d'esclavage et quarante ans de désert, quelqu'un ose enfin écrire que Dieu a tenu parole jusqu'au dernier mot.

Mais le fil ne s'arrête pas là, et c'est ici que l'angle de ce guide prend toute sa portée. Le courage de Josué était emprunté, et son repos aussi était emprunté, donc provisoire. Le livre se termine sur un pays largement conquis mais pas entièrement possédé, sur des tribus installées mais déjà tentées, sur un vieux chef qui doit supplier le peuple de rester fidèle. Et le Nouveau Testament relève exactement cette faille : « Car si Josué leur avait donné le repos, il n'aurait pas parlé encore d'un autre jour » (Hébreux 4:8). Josué a fait franchir le Jourdain ; il n'a pas pu faire entrer un seul cœur dans le repos de Dieu.

D'où l'importance de son nom. En grec, Yehoshua devient Iēsous : Jésus. Quand l'ange dit à Joseph d'appeler l'enfant Jésus, il reprend le nom du fils de Nun, et il en donne le sens plein : « car c'est lui qui sauvera son peuple de leurs péchés » (Matthieu 1:21). Le premier Josué a conduit un peuple dans un pays ; le second conduit un peuple dans Dieu. Le premier a distribué des parcelles de terre ; le second donne « un héritage incorruptible, sans souillure, immarcescible » (1 Pierre 1:4). Le premier a dû combattre des rois cananéens ; le second a désarmé la mort.

Il y a un autre fil, plus discret et plus beau. Au milieu de Jéricho vouée à la destruction, une prostituée cananéenne et sa famille sont épargnées à cause d'un cordon écarlate à sa fenêtre et d'une parole de foi. Rahab réapparaît dans Hébreux 11, dans Jacques 2, et surtout dans la généalogie du Messie en Matthieu 1:5. La grâce s'était déjà infiltrée dans le récit de la conquête ; elle allait porter le Sauveur. De même, le mystérieux personnage rencontré par Josué devant Jéricho, « chef de l'armée de l'Éternel », refuse de se ranger dans le camp d'Israël et exige que Josué ôte sa sandale, comme Moïse au buisson. La question n'était pas : Dieu est-il de notre côté ? Mais : sommes-nous du Sien ?

Le cœur de sa vie

Trois moments concentrent tout, et ils suivent exactement la ligne de son courage emprunté : un mur qui tombe sans qu'on le frappe, une défaite subie parce qu'on n'a pas demandé, et un choix posé devant tout un peuple.

Le premier, c'est Jéricho. Une ville fortifiée, une armée sans machine de siège, et un plan de bataille qui ressemble à une humiliation : marcher en silence pendant six jours, puis sept fois le septième jour, sonner des trompettes et crier. « Et le peuple jeta des cris, et on sonna des trompettes. Et il arriva, lorsque le peuple entendit le son des trompettes et que le peuple jeta un grand cri, que la muraille tomba sous elle-même; et le peuple monta dans la ville, chacun vis-à-vis de soi, et ils prirent la ville » (Josué 6:20). Aucun coup de bélier, aucune brèche ouverte par la force. Le mur tombe « sous elle-même », de l'intérieur, comme si Dieu avait retiré ce qui le tenait debout. Hébreux 11:30 attribue cette chute à la foi, pas à la stratégie. Pour un homme de guerre formé à Rephidim, c'était la même leçon élargie : la victoire descend d'en haut.

Le deuxième moment est un échec, et il faut le regarder en face. Après Jéricho, Josué envoie une petite troupe contre la bourgade d'Aï. Elle est mise en fuite. Trente-six hommes meurent. Josué tombe le visage contre terre et se plaint amèrement, et Dieu lui répond en substance : relève-toi, il y a du péché caché dans le camp. Acan avait pris du butin interdit. La leçon est double : le péché d'un seul touche tout le peuple, et la victoire de la veille ne dispense pas de l'obéissance du jour. Josué recommence la même erreur au chapitre 9, quand les Gabaonites se déguisent en voyageurs venus de loin. Le texte est impitoyable : les hommes d'Israël prirent de leurs provisions, « mais ils n'interrogèrent point la bouche de l'Éternel » (Josué 9:14). Un chef pourtant expérimenté se fait berner par des vieilles chaussures et du pain sec, simplement parce qu'il n'a pas posé la question à Dieu. Son courage ne valait jamais plus que son écoute.

Le troisième moment est son dernier discours, à Sichem. Josué a cent dix ans. Il ne menace pas, il n'impose pas ; il met le peuple devant sa liberté : « Et s'il est mauvais à vos yeux de servir l'Éternel, choisissez aujourd'hui qui vous voulez servir, soit les dieux que vos pères qui étaient de l'autre côté du fleuve ont servis, soit les dieux de l'Amoréen, dans le pays duquel vous habitez. Mais moi et ma maison, nous servirons l'Éternel » (Josué 24:15). Ce n'est pas un slogan de plaque murale. C'est un homme qui a vu de quoi son peuple est capable et qui refuse de compter sur l'enthousiasme collectif. Il commence par son propre foyer. Il sait que la fidélité ne se délègue pas.

Puis vient l'épitaphe, dans un livre qui va raconter des siècles d'infidélité : « Et Josué, fils de Nun, serviteur de l'Éternel, mourut, âgé de cent dix ans » (Juges 2:8). Ni « général », ni « conquérant », ni « libérateur ». Serviteur. Le titre par lequel il était entré dans l'histoire, aux côtés de Moïse, est celui qu'il emporte dans la tombe.

Ce que nous apprenons de Josué

D'abord, que le courage s'apprend, il ne se possède pas. Dieu ne dit pas à Josué : « Tu es courageux. » Il dit : « Fortifie-toi et sois ferme », et Il joint à cet ordre deux appuis : Sa présence et Son livre. Un courage qu'on tire de soi-même s'épuise au premier échec ; un courage reçu se renouvelle chaque matin à la même source. Si vous vous êtes déjà dit que vous n'avez pas le tempérament pour tenir ferme, Josué est précisément votre homme. Il a eu peur. Dieu a dû le lui dire trois fois au chapitre 1, et Moïse le lui avait déjà dit. On ne répète pas quatre fois la même chose à quelqu'un qui n'a pas besoin de l'entendre.

Ensuite, que les années d'ombre ne sont jamais perdues. Entre Rephidim et le Jourdain, il y a une vie entière de service subalterne : porter, garder, attendre, obéir à un homme dont l'ombre couvrait tout. Josué n'a pas préparé son ascension, il a servi. Et quand Dieu impose les mains sur lui par Moïse (Nombres 27:18-23), Il ne lui donne pas une autorité nouvelle : Il rend publique une formation ancienne. Beaucoup de chrétiens attendent une porte ouverte alors que Dieu est en train de leur donner une colonne vertébrale. L'attente n'est pas une pause, c'est l'atelier.

Enfin, que la fidélité d'hier ne dispense pas de l'écoute d'aujourd'hui. L'affaire des Gabaonites est le rappel le plus utile de toute cette vie. Josué avait déjà traversé le Jourdain, vu tomber Jéricho, entendu la voix de Dieu. Et il conclut un traité désastreux parce qu'il évalue des preuves au lieu de demander. Nous faisons exactement cela : nous décidons d'un emploi, d'une relation, d'une dépense, sur la base d'indices, de sensations, de pressions de calendrier, et nous n'interrogeons pas la bouche de l'Éternel. Le résultat n'anéantit pas la grâce de Dieu, qui intégrera même les Gabaonites au service du sanctuaire, mais il coûte, et il dure. La maturité spirituelle ne consiste pas à avoir moins besoin de Dieu, mais à en avoir conscience plus vite.

Le miroir

Vous savez déjà, en vous lisant vous-même, où se trouve votre Jourdain. Ce n'est pas un fleuve, c'est cette conversation que vous reportez depuis huit mois. Ce diagnostic dont vous n'avez pas encore parlé à votre famille. Ce compte en banque qui vous oblige à choisir entre la générosité et la sécurité. Ce mariage où vous avez cessé de demander quoi que ce soit, par fatigue. Cette solitude du dimanche soir dont vous n'osez rien dire, parce que tout le monde vous croit solide.

Dieu ne vous demande pas de vous sentir courageux avant de faire un pas. Regardez encore l'ordre : « Fortifie-toi et sois ferme. » On ne commande pas une émotion, on commande un acte. Josué a traversé le fleuve avec la peur au ventre, et le fleuve s'est ouvert quand les pieds des sacrificateurs ont touché l'eau, pas avant. L'eau ne recule pas devant les projets ; elle recule devant les pieds mouillés.

Et si la question n'était pas votre force, mais votre écoute ? Parce que vous êtes probablement déjà assez fort. Ce qui manque, c'est peut-être cette simple habitude que Josué a oubliée un jour de fatigue : demander à Dieu avant de signer, avant de répondre, avant de céder à l'urgence. Combien de vos blessures actuelles viennent d'une décision prise à partir de vieilles chaussures et de pain sec ?

Enfin, Josué ne vous laisse pas dans le flou. Il vous met devant un choix, aujourd'hui, pas dans un avenir abstrait : servir l'Éternel, ou servir les dieux du pays où vous habitez, qui s'appellent aujourd'hui rendement, image, confort, reconnaissance. Et il commence par sa maison. Ce soir, dans votre cuisine, avec les gens qui vous connaissent le mieux, la question reste entière : qui servons-nous ici ?

Expliqué aux enfants

Avec les enfants, l'histoire de Josué est un cadeau, parce qu'elle contient une trompette, un fleuve qui s'ouvre, un mur qui s'écroule et un homme qui avait peur comme tout le monde. Le plus simple est de raconter Josué en trois images. D'abord : Josué était l'aide de Moïse, celui qui portait les affaires, qui restait quand les autres partaient. Dieu remarque ceux qui aident sans faire de bruit. Ensuite : quand Moïse est mort, Dieu a dit à Josué quelque chose comme « Sois fort, n'aie pas peur, Je suis avec toi partout où tu vas », et Josué a obéi même quand ses jambes tremblaient. Enfin : à Jéricho, le peuple a seulement marché et crié, et Dieu a fait tomber le mur. Ce n'est pas la force d'Israël qui a gagné, c'est la fidélité de Dieu.

On peut terminer avec le nom : Josué veut dire « Dieu sauve », et c'est exactement le nom de Jésus. Josué a fait entrer son peuple dans un pays ; Jésus nous fait entrer chez Son Père.

Selon l'âge, la manière de raconter change beaucoup. Pour les tout-petits de 3 à 6 ans, il faut du geste, du bruit, de la répétition et une seule idée. Pour les 7 à 12 ans, on peut entrer dans le récit complet, y compris l'échec d'Aï, qui parle fort à cet âge où l'on découvre les conséquences. Pour les adolescents, le vrai sujet devient le choix de Josué 24:15 et la pression du groupe. Des explications adaptées à chacune de ces tranches d'âge sont disponibles, et elles reprennent ce même fil.

Questions fréquentes

Qui était Josué dans la Bible en résumé ?

Josué, fils de Nun, était de la tribu d'Éphraïm, né esclave en Égypte. Il devient le serviteur personnel de Moïse, commande la première bataille d'Israël contre Amalek, fait partie des douze explorateurs envoyés en Canaan et reste l'un des deux seuls, avec Caleb, à croire que Dieu donnerait le pays. Après la mort de Moïse, Dieu l'établit chef du peuple. Il fait traverser le Jourdain, conduit la conquête de Canaan, partage le pays entre les tribus, puis meurt à cent dix ans, appelé « serviteur de l'Éternel » dans Juges 2:8.

Que signifie le nom de Josué ?

Il s'appelait d'abord Hoshée, qui signifie « il sauve ». Moïse y ajoute une forme abrégée du nom divin, donnant Yehoshua : « l'Éternel est salut » ou « l'Éternel sauve » (Nombres 13:16). Ce nom passe en grec sous la forme Iēsous, qui est exactement le nom de Jésus. C'est pourquoi certaines traductions anciennes du Nouveau Testament écrivent « Jésus » là où il s'agit du fils de Nun, comme en Hébreux 4:8. Le nom de Josué annonce donc, des siècles à l'avance, ce que Dieu ferait en Christ.

Pourquoi Dieu dit-il trois fois à Josué de se fortifier ?

Parce que Josué en avait besoin. Au chapitre 1 du livre de Josué, l'ordre revient aux versets 6, 7 et 9, et Moïse l'avait déjà prononcé en Deutéronome 31:7. Cette insistance révèle un homme intimidé par la succession de Moïse et par la tâche à venir. Dieu ne nie pas sa peur, Il lui oppose un fait : « l'Éternel, ton Dieu, est avec toi partout où tu iras » (Josué 1:9). Le courage biblique n'est donc pas un tempérament, c'est une obéissance appuyée sur la présence de Dieu et sur Sa parole méditée.

Josué et Caleb étaient-ils les seuls à croire au rapport positif ?

Oui. Sur les douze explorateurs, dix affirment que les habitants de Canaan sont invincibles. Caleb prend la parole le premier : « Montons hardiment et prenons possession du pays, car nous sommes bien capables de le faire » (Nombres 13:30). Josué se joint à lui au chapitre suivant, où tous deux déchirent leurs vêtements devant l'assemblée et risquent d'être lapidés. Pour cette raison, ils sont les seuls hommes de leur génération autorisés à entrer dans le pays. Les autres meurent au désert pendant les quarante années suivantes.

Comment les murailles de Jéricho sont-elles tombées ?

Selon Josué 6, le peuple tourne autour de la ville une fois par jour pendant six jours, puis sept fois le septième jour, précédé de l'arche et des sacrificateurs munis de trompettes. Ensuite vient le cri : « la muraille tomba sous elle-même; et le peuple monta dans la ville, chacun vis-à-vis de soi, et ils prirent la ville » (Josué 6:20). Le texte ne décrit aucune technique de siège. Hébreux 11:30 attribue explicitement l'événement à la foi. La chute de Jéricho est présentée comme un don, non comme une performance militaire.

Josué a-t-il commis des fautes ?

Oui, et la Bible ne les cache pas. Après Jéricho, il envoie une troupe contre Aï sans savoir qu'Acan a gardé du butin interdit, et Israël est mis en déroute. Plus tard, il se laisse tromper par les Gabaonites qui se font passer pour des voyageurs lointains, parce que lui et les chefs « n'interrogèrent point la bouche de l'Éternel » (Josué 9:14). Il conclut ainsi un traité qu'il devra honorer toute sa vie. Ces épisodes montrent que son autorité n'était valable que dans la dépendance, jamais en dehors d'elle.

Quel est le verset le plus connu du livre de Josué ?

Deux se disputent la première place. Josué 1:9 est le plus cité comme encouragement : « Ne t'ai-je pas commandé: Fortifie-toi et sois ferme? Ne te laisse point terrifier, et ne sois point effrayé; car l'Éternel, ton Dieu, est avec toi partout où tu iras. » Josué 24:15 est le plus cité comme engagement : « Mais moi et ma maison, nous servirons l'Éternel. » Les deux vont ensemble : le premier donne le fondement, la présence de Dieu ; le second en tire la conséquence, une fidélité choisie et domestique.

Le soleil s'est-il vraiment arrêté du temps de Josué ?

Josué 10 raconte que, pendant la bataille contre la coalition des rois du sud, Josué demande publiquement que le soleil s'arrête sur Gabaon, et que « le soleil s'arrêta et la lune demeura » jusqu'à la victoire. Le texte précise qu'il n'y a pas eu de journée semblable, ni avant ni après, parce que l'Éternel écouta la voix d'un homme. Les chrétiens discutent du mécanisme, miracle astronomique, phénomène optique ou langage poétique de guerre. Le récit lui-même met l'accent ailleurs : c'est Dieu qui combattait pour Israël.

Quelle est la différence entre Moïse et Josué ?

Moïse fait sortir, Josué fait entrer. Moïse reçoit la loi, Josué l'applique dans le pays. Moïse parle à Dieu face à face comme un ami, Josué reçoit ses ordres par la parole déjà écrite qu'il doit méditer jour et nuit. Et surtout, Moïse meurt hors de la terre promise à cause de sa faute à Meriba, tandis que Josué traverse le Jourdain. Le Nouveau Testament utilise ce contraste : la loi ne peut introduire personne dans le repos ; il faut un autre Josué, dont le nom est Jésus.

Josué est-il mentionné dans le Nouveau Testament ?

Oui, trois fois. Étienne le nomme dans son discours en Actes 7:45, à propos du tabernacle introduit dans le pays. Hébreux 4:8 s'en sert pour montrer que le repos accordé sous Josué n'était pas le repos définitif de Dieu. Et Hébreux 11:30 mentionne la chute de Jéricho parmi les actes de foi. Indirectement, Rahab de Jéricho apparaît aussi en Hébreux 11:31, en Jacques 2:25 et dans la généalogie de Jésus en Matthieu 1:5, signe que la grâce touchait déjà les Cananéens.

Pourquoi la conquête de Canaan est-elle si violente ?

C'est la question la plus lourde du livre. La Bible la présente comme un jugement retardé de plusieurs siècles sur des peuples décrits comme profondément corrompus, jugement annoncé dès Genèse 15:16, et non comme une guerre d'expansion ordinaire. Israël n'y gagne aucun mérite : Deutéronome 9:5 précise qu'il n'entre pas à cause de sa justice, et il sera lui-même chassé du pays quand il agira comme les nations. Le récit laisse aussi une porte ouverte : Rahab et sa famille sont épargnées par la foi, et les Gabaonites survivent.

Où Josué est-il enterré et combien de temps a-t-il vécu ?

Josué meurt à cent dix ans et est enterré dans son propre héritage, à Timnath-Sérakh, dans la montagne d'Éphraïm (Josué 24:29-30, repris en Juges 2:8-9). Le livre des Juges ajoute un détail émouvant : le peuple servit l'Éternel tous les jours de Josué et tous les jours des anciens qui lui survécurent, puis une génération se leva qui ne connaissait pas l'Éternel. Sa mort marque la fin d'une époque et l'ouverture du cycle d'infidélité et de délivrance qui traverse tout le livre des Juges.

Pour conclure

Si vous ne retenez qu'une chose de la vie de Josué, que ce soit celle-ci : son courage ne lui appartenait pas. Il l'a reçu comme un ordre, l'a nourri de la parole écrite, l'a perdu chaque fois qu'il a cessé de demander, et l'a transmis à un peuple en commençant par sa propre maison. Voilà pourquoi il reste utile aux timides, aux fatigués, à ceux qui ont déjà échoué une fois et qui doutent d'être des candidats crédibles à la fidélité.

Et voilà pourquoi son nom compte tant. Josué a fait passer un fleuve à son peuple, mais il n'a pas pu lui donner le repos du cœur. Un autre, qui porte le même nom, a franchi une frontière bien plus redoutable et nous a ouvert « un chemin nouveau et vivant ». La conquête de Canaan était une esquisse ; la croix est le tableau.

Pour continuer, lisez le livre de Josué d'un seul trait, en notant chaque fois que revient l'expression « comme l'Éternel l'avait commandé ». Puis lisez Hébreux 3 et 4, qui relisent toute cette histoire à la lumière de Christ. Et posez-vous, ce soir, la question de Sichem, non pas pour l'Église en général, mais pour votre foyer : aujourd'hui, qui servons-nous ?

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