Qui était l'apôtre Jean dans la Bible ?
Introduction
Un homme très âgé, assis sur une île rocheuse de la mer Égée, loin de chez lui, condamné à l'exil pour avoir parlé de Jésus. Il n'a plus d'église à visiter, plus de foule à enseigner, plus de frère à ses côtés. Et c'est là, dans ce dénuement, qu'il écrit la plus bouleversante vision du Christ glorifié que la Bible contienne.
Soixante ans plus tôt, ce même homme réparait des filets de pêche sur le lac de Galilée avec son frère et son père. Entre les deux, il y a une vie entière passée auprès de Jésus. Et surtout, il y a une transformation que l'on oublie trop souvent de raconter.
Vous allez découvrir ici l'histoire de Jean dans l'ordre où il l'a vécue : le pêcheur, le « fils du tonnerre », l'ami intime, le témoin de la croix, la colonne de l'Église, l'exilé. Et vous verrez pourquoi cette histoire est aussi la vôtre.
L'angle de ce guide
Nous lisons presque toujours Jean à l'envers. Nous commençons par « Dieu est amour » et nous en déduisons que Jean était naturellement doux, tendre, contemplatif. Les Évangiles disent le contraire : il était ambitieux, sectaire, assez violent pour vouloir faire brûler un village entier. Ce guide suit donc sa vie dans l'ordre chronologique, des filets jusqu'à Patmos, pour montrer une chose précise : l'amour de Jean n'était pas un trait de caractère, c'était un fruit. Le fruit de décennies passées tout près de Jésus. Ce n'est pas son tempérament qui explique ses lettres, c'est la grâce qui l'a remodelé. Voilà l'espérance que sa biographie dépose dans nos mains.
Que dit la Bible au sujet de l'apôtre Jean ?
Jean entre en scène sans bruit, au bord d'un lac, les mains occupées. Marc 1:19 le présente ainsi : « Et passant de là un peu plus avant, Il vit Jacques le [fils] de Zébédée et Jean son frère, qui, eux aussi, étaient dans la nacelle, raccommodant les filets. » Tout est dit en une image. Jean n'est pas un théologien de métier, ni un fils de prêtre, ni un disciple de rabbin. C'est un pêcheur de Galilée, associé à l'entreprise familiale de son père Zébédée, qui possédait une barque et employait des ouvriers (Marc 1:20). Sa mère s'appelait probablement Salomé, et elle fait partie des femmes qui suivaient Jésus et le servaient de leurs biens.
Le verset suivant raconte la rupture : « Et aussitôt Il les appela; et laissant leur père Zébédée dans la nacelle avec les gens à gages, ils s'en allèrent après Lui. » Les filets restent dans la barque. Le père reste sur le rivage. Jean part.
Très vite, il entre dans un cercle restreint. Avec Pierre et son frère Jacques, il est témoin de scènes que les autres ne voient pas : la résurrection de la fille de Jaïrus, la transfiguration sur la montagne, l'agonie de Gethsémané. Mais cette proximité ne le rend pas meilleur, du moins pas encore. Marc 3:17 nous apprend que Jésus donne aux deux frères un surnom révélateur : « il leur donna le surnom de Boanergès, ce qui est : fils de tonnerre ». Ce n'est pas un compliment sur leur éloquence. C'est un diagnostic.
Les faits confirment le surnom. Quand un village samaritain refuse d'accueillir Jésus, Luc 9:54 rapporte : « Et Ses disciples Jacques et Jean, voyant cela, dirent : Seigneur, veux-tu que nous disions que le feu descende du ciel et les consume ? » Quand un inconnu chasse des démons au nom de Jésus, Jean l'interdit parce que cet homme « ne nous suit pas » (Marc 9:38). Et quand il faut se répartir les places dans le Royaume, les deux frères demandent les deux meilleures, à droite et à gauche du trône (Marc 10:37). Ambition, intolérance, désir de vengeance : voilà le matériau brut que Jésus a choisi.
Puis vient le changement de ton. Dans son propre Évangile, Jean ne se nomme jamais. Il se désigne par une périphrase, et la première fois qu'il l'emploie, c'est dans la chambre haute : « Or l'un d'entre Ses disciples, que Jésus aimait, était à table dans le sein de Jésus » (Jean 13:23). Le mot grec évoque la position couchée du convive, la tête près de la poitrine de l'hôte. L'homme qui voulait la place d'honneur dans la gloire a trouvé sa place, et ce n'était pas un trône, c'était une épaule.
Jean n'a pas été promu, il a été attiré.
Au pied de la croix, cette intimité devient responsabilité. Jean 19:26 : « Jésus donc voyant Sa mère, et le disciple qu'Il aimait se tenant là, dit à Sa mère : Femme, voilà ton fils. » Des douze, il est le seul que les Évangiles situent explicitement là, à portée de voix du Crucifié. Il reçoit alors une mère à nourrir. Le disciple le plus proche du cœur de Jésus est aussi celui à qui l'on confie une charge très ordinaire.
Après la résurrection, il court au tombeau avec Pierre, arrive le premier, laisse Pierre entrer, puis « il vit et crut » (Jean 20:8). Au bord du lac, c'est encore lui qui reconnaît la silhouette sur le rivage : « C'est le Seigneur ! » (Jean 21:7). Jean voit. C'est son charisme propre, et ce sera le cœur de son ministère d'écrivain.
Le fil conducteur de la Bible
L'histoire de Jean ne commence pas en Galilée. Elle plonge ses racines dans l'Ancien Testament, et il faut le voir pour comprendre sa transformation.
Quand Jacques et Jean proposent de faire descendre le feu du ciel sur les Samaritains, ils ne sont pas en train d'improviser. Ils citent un précédent biblique. En 2 Rois 1, le prophète Élie fait exactement cela : il appelle le feu du ciel sur les envoyés d'un roi idolâtre, et le feu descend. Les deux frères pensent donc agir en bons disciples de la tradition prophétique. Leur erreur n'est pas d'ignorer l'Écriture, mais de ne pas avoir compris à quelle heure de l'histoire du salut ils vivent. Jésus les reprend, parce que ce temps-ci n'est pas le temps du feu, c'est le temps de la croix. Le jugement viendra, Jean le verra d'ailleurs en vision, mais il tombera sur Jésus avant de tomber sur les villages.
Voilà pourquoi la vie de Jean est, en miniature, le passage de la loi à la grâce. Un homme formé à espérer que Dieu consume Ses ennemis découvre un Dieu qui se laisse consumer pour eux.
Ce fil continue ailleurs. L'Ancien Testament exige, pour toute parole établie, plusieurs témoins : « sur la déposition de deux témoins ou sur la déposition de trois témoins, la chose sera établie » (Deutéronome 19:15). Jean a passé sa vie à se présenter comme cela, non comme un penseur, mais comme un témoin oculaire. « Ce qui était dès le commencement, ce que nous avons entendu, ce que nous avons vu de nos yeux, ce que nous avons contemplé et que nos mains ont touché, concernant la parole de la vie » (1 Jean 1:1). L'Évangile n'est pas une idée élégante, c'est une déposition.
Son Évangile ouvre en reprenant les premiers mots de la Genèse : « Au commencement était la Parole, et la Parole était auprès de Dieu; et la Parole était Dieu » (Jean 1:1). Puis il place le tabernacle du désert au cœur de Noël : « Et la Parole devint chair, et habita au milieu de nous » (Jean 1:14). Le verbe employé évoque la tente, la demeure provisoire où la gloire reposait au milieu d'Israël. Jean a compris que tout ce que le temple promettait se tenait debout devant lui, en chair et en os.
Et dans l'Apocalypse, cette culture biblique explose. Presque chaque verset renvoie à Daniel, Ézéchiel, Zacharie, Ésaïe, Exode. Le Fils de l'homme de Daniel 7 marche au milieu des chandeliers. L'Agneau immolé de l'Exode règne sur le trône. La nouvelle Jérusalem d'Ésaïe descend enfin du ciel. Le pêcheur galiléen devenu vieillard rassemble tous les fils de l'Ancien Testament et les noue autour d'une seule personne.
Tout l'Ancien Testament aboutit à un visage.
Le cœur de sa vie
Trois moments concentrent tout le reste.
Le premier est celui des filets abandonnés. Dans Marc 1:19, Jean est présenté en train de « raccommoder » : il réparait ce qui servait à gagner la vie de la famille. Puis Jésus appelle, et il laisse tomber l'aiguille. Il ne laisse pas une vie misérable derrière lui, il laisse une entreprise qui marche, des ouvriers, un père vivant. Nous romantisons souvent cette scène ; elle a dû être dure. Zébédée reste seul dans la barque. Le premier pas de Jean vers l'amour est un pas qui a coûté quelque chose à d'autres aussi, et l'Évangile ne le cache pas.
Le deuxième moment se déroule sur deux jours, entre une table et une croix. À table, « l'un d'entre Ses disciples, que Jésus aimait, était à table dans le sein de Jésus » (Jean 13:23). Souvenez-vous de ce que cet homme avait demandé quelques semaines plus tôt : la place à la droite du Roi. Il a obtenu mieux et autre chose : non pas un rang, mais une intimité. C'est de cette position qu'il osera poser la question que personne n'ose formuler, sur l'identité du traître. Puis le vendredi, tout près du bois, il entend Jésus lui donner une mère : « Femme, voilà ton fils » (Jean 19:26). Le verset suivant ajoute que « dès cette heure-là, le disciple la prit chez Lui ». L'homme qui voulait du feu reçoit une vieille femme à nourrir jusqu'à sa mort. L'amour, chez Jean, ne restera jamais théorique ; il aura toujours une adresse, un toit, un repas.
Le troisième moment, c'est l'île. « Moi, Jean, votre frère et votre compagnon dans la tribulation et le royaume et la patience de Jésus, j'étais dans l'île appelée Patmos, pour la parole de Dieu et pour le témoignage de Jésus » (Apocalypse 1:9). Regardez comment il se présente. Pas « l'apôtre », pas « le dernier survivant des douze », pas « l'autorité suprême de l'Asie Mineure ». Votre frère. Votre compagnon. Et il associe trois mots que nous séparons volontiers : la tribulation, le royaume, la patience. Pour lui, ils vont ensemble, parce qu'il a vu le Roi régner depuis une croix.
Entre ces moments, une vie de service. Dans Actes 3 et 4, on le trouve aux côtés de Pierre au temple, puis devant le conseil juif. Actes 4:13 décrit l'effet produit : « Et eux, voyant la hardiesse de Pierre et de Jean, et ayant appris qu'ils étaient des hommes illettrés et du commun, s'en étonnaient; et ils les reconnaissaient pour avoir été avec Jésus. » Illettrés, du commun. Les autorités voient juste sur le plan social et se trompent complètement sur l'essentiel. Ce qui impressionne n'est pas la formation de Jean, c'est la ressemblance. On reconnaît sur lui l'odeur de quelqu'un d'autre.
Et puis il y a cette page magnifique d'Actes 8:14, qu'on lit trop vite : quand la Samarie reçoit la parole de Dieu, les apôtres envoient « Pierre et Jean ». Le même Jean qui voulait appeler le feu sur un village samaritain descend maintenant prier pour que ces Samaritains reçoivent l'Esprit Saint. Voilà la grâce en action, non pas comme un sentiment, mais comme une biographie retournée.
Ce que nous apprenons de Jean
La première leçon est que la proximité transforme plus sûrement que la discipline. Jean ne s'est pas corrigé par un effort de volonté ; il a passé trois ans très près de Jésus, puis des décennies à méditer ce qu'il avait vu. Son caractère a changé par contagion. Actes 4:13 le résume : on les reconnaissait « pour avoir été avec Jésus ». Si vous attendez d'être doux pour vous approcher de Lui, vous attendrez toujours. C'est l'inverse qui se produit : on s'approche tel qu'on est, bruyant et ambitieux, et la présence fait son travail lent.
La deuxième leçon : l'amour biblique n'est ni mou ni vague. C'est Jean, l'apôtre de l'amour, qui écrit les pages les plus tranchantes du Nouveau Testament sur la vérité et le mensonge, sur la lumière et les ténèbres, sur les faux docteurs. Chez lui, aimer et discerner ne s'opposent pas. 1 Jean 4:7 dit : « Bien-aimés, aimons-nous l'un l'autre, car l'amour est de Dieu, et quiconque aime est né de Dieu et connaît Dieu. » Remarquez l'ordre : l'amour n'est pas d'abord un devoir que nous produisons, c'est une réalité qui vient de Dieu et qui déborde en nous parce que nous sommes nés de Lui. Mais il ajoute aussitôt, au chapitre 3, verset 18 : « Enfants, n'aimons pas de parole ni de langue, mais en action et en vérité. » Celui qui avait pris Marie chez lui savait de quoi il parlait.
La troisième leçon concerne la fin de vie. Jean a tout perdu de ce qui fait une carrière : son frère Jacques a été exécuté très tôt (Actes 12:2), ses compagnons sont morts, lui-même se retrouve relégué sur un caillou de la mer Égée. Et c'est là que le ciel s'ouvre. Apocalypse 1:17 raconte sa réaction : « Et, lorsque je Le vis, je tombai à Ses pieds comme mort; et Il mit Sa droite sur moi, disant : Ne crains point; moi, je suis le premier et le dernier, et le vivant. » La main qui se pose est la même main sur laquelle sa tête s'était appuyée soixante ans plus tôt. Un ministère n'est jamais fini quand Dieu peut encore parler. Vos années les plus fécondes ne sont pas forcément vos années les plus visibles.
Le miroir
Vous ressemblez probablement plus au Jean du début qu'à celui de la fin, et c'est une excellente nouvelle.
Regardez vos réflexes. Quand un collègue vous humilie en réunion, qu'est-ce qui monte en vous ? Le feu du ciel, ou l'envie de le bénir ? Quand une autre église grandit plus vite que la vôtre, quand un chrétien d'une autre étiquette connaît une bénédiction évidente, dites-vous intérieurement, comme Jean : il ne nous suit pas ? Quand on parle de places, de reconnaissance, de titre, de salaire, est-ce que vous calculez discrètement la droite et la gauche du trône ? Jésus a vécu trois ans avec un homme comme ça. Il ne l'a pas renvoyé à ses filets.
Mais laissez aussi la croix vous déranger. Au moment où Jean reçoit le plus grand privilège de sa vie, il reçoit une charge très concrète : une femme âgée à loger, à nourrir, pendant des années, sans témoins et sans applaudissements. Nous rêvons souvent d'intimité spirituelle comme d'une émotion ; l'Évangile la relie immédiatement à un budget, à un agenda, à un lit d'appoint. Qui, autour de vous, vous a été confié de cette manière ? Un parent qui vieillit, un voisin isolé, un enfant difficile, un ami qui traverse un divorce ? C'est là que se vérifie si « Dieu est amour » est devenu votre chair ou reste votre vocabulaire.
Et si vous êtes dans votre Patmos, mis à l'écart par la maladie, le chômage, la vieillesse ou l'épuisement, entendez bien ce que Jean n'a pas écrit. Il n'a pas écrit : j'étais fini. Il a écrit qu'il était « votre frère et votre compagnon dans la tribulation et le royaume et la patience de Jésus ». Il a nommé sa prison et il a nommé son Roi dans la même phrase. Vous pouvez faire cela aujourd'hui.
Expliqué aux enfants
Avec les enfants, l'histoire de Jean fonctionne très bien, parce qu'elle a des images fortes et un vrai changement de personnage. On peut la raconter en trois tableaux : un garçon qui répare des filets avec son papa et son frère, et qui laisse tout tomber quand Jésus l'appelle ; un homme à table qui pose sa tête tout près de Jésus parce qu'il est son ami ; un vieux monsieur sur une île, tout seul, à qui Jésus montre le ciel.
Ce qui parle le plus aux enfants, c'est le surnom. Jésus appelait Jean et son frère « les fils du tonnerre », parce qu'ils étaient colériques et bruyants, du genre à vouloir punir tout le monde. Et pourtant, c'est ce garçon-là qui, devenu vieux, a écrit la plus belle phrase sur l'amour de Dieu. On peut dire simplement : être avec Jésus change le cœur, même un cœur qui gronde comme l'orage. Les enfants qui se savent « trop » colériques, « trop » jaloux, « trop » bruyants ont besoin d'entendre exactement cela.
Il vaut la peine d'adapter le récit à l'âge. Pour les tout-petits de 3 à 6 ans, on restera sur la barque, les filets, l'ami de Jésus. Pour les 7 à 12 ans, on pourra raconter le village samaritain et la surprise d'Actes 8, quand Jean revient en Samarie pour prier et non pour punir. Pour les adolescents, la question de l'ambition et de la rivalité dans Marc 10:37 touche juste. Des explications spécifiques par tranche d'âge existent pour chacun de ces niveaux, et elles vous donneront le vocabulaire, les questions à poser et les images à utiliser.
Questions fréquentes
Qui était exactement l'apôtre Jean dans la Bible ?
Jean était un pêcheur de Galilée, fils de Zébédée et frère de Jacques, appelé par Jésus à le suivre selon Marc 1:19 et 1:20. Il fait partie des douze apôtres et, avec Pierre et Jacques, du cercle le plus proche de Jésus, témoin de la transfiguration et de Gethsémané. Après la résurrection, il devient une figure centrale de l'Église de Jérusalem, puis, selon la tradition ancienne, de l'Église d'Éphèse. Il est l'auteur de l'Évangile de Jean, des trois épîtres de Jean et de l'Apocalypse, écrite durant son exil à Patmos.
Jean est-il bien le « disciple que Jésus aimait » ?
C'est la conclusion la plus solide. Ce disciple apparaît seulement dans le quatrième Évangile, toujours sans nom, et Jean 21 l'identifie comme l'auteur du livre. Il est présent à la dernière Cène dans Jean 13:23, au pied de la croix dans Jean 19:26, au tombeau et au bord du lac. Or l'Évangile de Jean ne mentionne jamais le nom de Jean, fils de Zébédée, ce qui serait inexplicable pour un apôtre si proche de Jésus, sauf s'il s'agit de l'auteur lui-même. L'expression n'exprime pas un favoritisme, mais l'étonnement émerveillé d'un homme devant une grâce reçue.
Quelle est la différence entre Jean-Baptiste et l'apôtre Jean ?
Ce sont deux personnes totalement distinctes qui portent le même prénom hébreu, qui signifie « l'Éternel fait grâce ». Jean-Baptiste est le cousin de Jésus, fils du sacrificateur Zacharie, prophète du désert qui prépare le chemin du Seigneur et qui est décapité par Hérode avant la crucifixion. L'apôtre Jean est un pêcheur galiléen, fils de Zébédée, l'un des douze, qui vit jusqu'à un âge très avancé et écrit cinq livres du Nouveau Testament. L'Évangile de Jean parle beaucoup de Jean-Baptiste, mais ne nomme jamais son propre auteur.
Quels livres de la Bible l'apôtre Jean a-t-il écrits ?
La tradition chrétienne lui attribue cinq livres : l'Évangile selon Jean, les épîtres appelées 1 Jean, 2 Jean et 3 Jean, et l'Apocalypse. L'Évangile veut amener à la foi, comme Jean 20:31 l'indique explicitement. Les épîtres défendent la réalité de l'incarnation contre des enseignements qui niaient que le Fils de Dieu soit venu en chair, et elles relient inséparablement la vérité et l'amour fraternel, dont 1 Jean 4:7 est le sommet. L'Apocalypse, écrite à Patmos selon Apocalypse 1:9, dévoile le Christ glorifié et la victoire finale de l'Agneau.
Pourquoi Jésus appelait-Il Jacques et Jean « fils du tonnerre » ?
Marc 3:17 rapporte que Jésus leur a donné le surnom de Boanergès, « fils de tonnerre ». Les Évangiles montrent pourquoi : ils veulent faire descendre le feu du ciel sur un village samaritain dans Luc 9:54, ils réclament les deux premières places du Royaume dans Marc 10:37, et Jean interdit à un inconnu de chasser des démons parce qu'il ne fait pas partie du groupe. Le surnom décrit un tempérament explosif et ambitieux. C'est justement ce qui rend leur transformation ultérieure si éloquente.
Pourquoi Jésus confie-t-Il Sa mère à Jean au pied de la croix ?
Dans Jean 19:26, Jésus voit Sa mère et le disciple qu'Il aimait, et Il les confie l'un à l'autre. Plusieurs raisons se croisent. Jésus, fils aîné, assume jusqu'au bout Sa responsabilité envers Marie, veuve et bientôt sans soutien. Ses propres frères ne croyaient pas encore en Lui à ce moment du récit. Et Jean est là, le seul des douze dont la présence à la croix est explicitement mentionnée. Le texte précise qu'à partir de cette heure-là, le disciple la prit chez lui : la mission commence par un devoir domestique.
Où se trouve Patmos et pourquoi Jean y était-il ?
Patmos est une petite île rocheuse de la mer Égée, au large de la côte occidentale de l'actuelle Turquie, non loin d'Éphèse. Les Romains utilisaient de telles îles pour reléguer des personnes jugées gênantes. Apocalypse 1:9 donne le motif : Jean s'y trouvait « pour la parole de Dieu et pour le témoignage de Jésus », c'est-à-dire à cause de sa prédication. La tradition situe cet exil sous l'empereur Domitien, vers les années 95, et rapporte qu'il fut libéré ensuite et retourna à Éphèse.
Comment l'apôtre Jean est-il mort ?
La Bible ne le dit pas. La tradition ancienne, notamment chez Irénée et Eusèbe, affirme unanimement que Jean est le seul des douze à ne pas avoir subi le martyre et qu'il est mort de vieillesse à Éphèse, à la fin du premier siècle, probablement autour de l'an 100. Un récit populaire de son vivant prétendait qu'il ne mourrait pas du tout ; Jean 21 corrige lui-même ce malentendu en rappelant les paroles exactes de Jésus à Pierre : « Si je veux qu'il demeure jusqu'à ce que je vienne, que t'importe ? »
Est-il vrai que Jean était le plus jeune des apôtres ?
C'est probable, mais la Bible ne l'affirme pas. Deux indices y conduisent : il est toujours mentionné après son frère Jacques, ce qui suggère qu'il était le cadet, et il a vécu assez longtemps pour écrire à la fin du premier siècle, longtemps après la mort des autres apôtres. Les textes anciens le décrivent comme très âgé à Éphèse. Si cette hypothèse est juste, le disciple qui pose sa tête contre Jésus dans Jean 13:23 était peut-être un jeune homme d'une vingtaine d'années à peine.
Que signifie vraiment « Dieu est amour » chez Jean ?
Cette déclaration de 1 Jean 4:8 ne dit pas que tout amour humain est divin, ni que Dieu approuve tout. Jean l'explique immédiatement par la croix : l'amour de Dieu s'est manifesté en ce qu'Il a envoyé Son Fils comme propitiation pour nos péchés. L'amour n'est donc pas un sentiment flou, c'est un acte coûteux et précis. Et 1 Jean 4:7 en tire la conséquence : « aimons-nous l'un l'autre, car l'amour est de Dieu ». Nous aimons parce que nous sommes nés de Lui, non pour mériter qu'Il nous aime.
Quel était le métier de Jean avant de suivre Jésus ?
Il était pêcheur sur le lac de Galilée, dans l'entreprise familiale dirigée par son père Zébédée. Marc 1:20 précise que Zébédée employait des ouvriers salariés, ce qui indique une activité relativement prospère plutôt qu'une misère. Luc 5 montre que la famille collaborait avec Simon Pierre. Jean savait donc travailler de ses mains, supporter la nuit, l'eau froide et l'attente. Actes 4:13 rappelle que les autorités religieuses le classaient parmi les hommes « illettrés et du commun », sans formation rabbinique officielle, ce qui rendait sa hardiesse d'autant plus troublante.
Pourquoi l'Évangile de Jean est-il si différent des trois autres ?
Matthieu, Marc et Luc racontent largement les mêmes épisodes avec un plan comparable ; Jean écrit plus tard, pour des lecteurs déjà informés, et il choisit délibérément d'autres scènes : Cana, Nicodème, la Samaritaine, Lazare, le lavement des pieds, les longs discours de la chambre haute. Il organise son récit autour de sept signes et de grandes déclarations de Jésus sur Lui-même. Son but est annoncé dans Jean 20:31 : que le lecteur croie que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu, et qu'en croyant il ait la vie par Son nom.
Jean a-t-il vraiment écrit l'Apocalypse ?
L'auteur se nomme quatre fois dans le livre et se présente dans Apocalypse 1:9 comme « Moi, Jean, votre frère et votre compagnon dans la tribulation ». Les témoignages chrétiens du deuxième siècle, en particulier Justin et Irénée, l'identifient à l'apôtre Jean. Certains anciens ont relevé que le grec de l'Apocalypse diffère de celui de l'Évangile, et ont proposé un autre Jean d'Éphèse. La différence de genre littéraire, de contexte et peut-être de secrétaire explique largement ce contraste. L'Église a reçu ce livre comme le témoignage apostolique de Jean.
Pour conclure
Nous aimons les histoires de conversion rapide. Celle de Jean est une histoire de transformation lente, et c'est pourquoi elle nous est si utile. Entre le jeune homme qui veut incendier un village samaritain et le vieillard qui écrit « aimons-nous l'un l'autre, car l'amour est de Dieu », il y a soixante ans de marche, de service obscur, de deuils, de voyages, d'une belle-mère spirituelle à nourrir, d'une île d'exil. Son amour n'est pas un don de naissance, c'est une œuvre de grâce, patiemment taillée par la présence de Jésus.
Si vous voulez continuer, prenez votre Bible et lisez son parcours dans l'ordre : Marc 1:19, puis Luc 9:54, puis Marc 10:37, puis Jean 13:23, puis Jean 19:26, puis Actes 4:13 et Actes 8:14, puis 1 Jean 4:7, et enfin Apocalypse 1:9. Lisez ces textes à la suite, en une seule session. Vous verrez un homme changer sous vos yeux, et vous comprendrez que le même Sauveur se tient aujourd'hui tout près de vous, avec le même projet.
