Marie : « Voici l'esclave du Seigneur »
Qui est Marie, et quand elle a vécu
Marie est la mère de Jésus. Le dossier la rattache à la tribu de Juda, nomme Heli comme parent, Salome comme sœur (Mark 15:40), Joseph comme celui qui lui est uni (Matthew 1:16), et lui donne pour enfants Jésus, James, Joses, Simon et Jude (Matthew 13:55). Pour la date, une seule ligne est disponible : naissance en 22 av. J.-C., selon Ussher, Annals of the World (1650). Sa trace dans le texte est courte et dense : vingt-six versets répartis en douze passages, du premier, Matthew 1:16, au dernier, dans le livre des Acts. Le livre de Luke lui consacre treize versets, Matthew huit, Mark quatre, et Acts un seul.
L'annonce et la réponse
Elle entre en scène comme fiancée et vierge : « à une vierge, fiancée à un homme dont le nom était Joseph, de la maison de David ; et le nom de la vierge était Marie » (Luke 1:27). La première parole qui lui est adressée traite sa peur : « Et l'ange lui dit : Ne crains pas, Marie, car tu as trouvé grâce auprès de Dieu » (Luke 1:30). Ce qui est dit là n'est pas un mérite qu'elle apporterait : c'est une grâce trouvée.
Sa réaction n'est pas une pieuse évidence, mais une question : « Et Marie dit à l'ange : Comment ceci arrivera-t-il, puisque je ne connais pas d'homme ? » (Luke 1:34). Elle mesure l'obstacle et le dit. Puis vient sa réponse, la phrase la plus connue de sa vie : « Et Marie dit : Voici l'esclave du Seigneur ; qu'il me soit fait selon ta parole. Et l'ange se retira d'auprès d'elle. Et Marie, se levant en ces jours-là, s'en alla en hâte au pays des montagnes, dans une ville de Juda » (Luke 1:38-39). Le texte enchaîne la parole et le départ : elle se soumet, et elle se met en route en hâte.
La rencontre avec Élisabeth
À l'arrivée, c'est sa simple salutation qui déclenche la scène : « Et il arriva, comme Élisabeth entendait la salutation de Marie, que le petit enfant tressaillit dans son ventre ; et Élisabeth fut remplie de l'Esprit Saint » (Luke 1:41). Marie parle ensuite (Luke 1:46), et le récit note la durée de son séjour (Luke 1:56). Le dossier ne cite pas le texte de ces deux versets ; ils restent ici de simples renvois, et il serait malhonnête d'en raconter le contenu.
Les autres mentions
Le reste de sa présence tient en mentions brèves, que le dossier liste sans en donner le texte : Matthew 1:18 et Matthew 1:20, Matthew 2:11, Matthew 13:55 ; Luke 2:5, Luke 2:16, Luke 2:19, Luke 2:34 ; Mark 6:3 ; puis Matthew 27:56, Matthew 27:61, Matthew 28:1, Mark 15:40, Mark 15:47, Mark 16:1 et Luke 24:10. Nous savons qu'elle y est nommée, mais nous n'avons pas ici de quoi en décrire les scènes, et rien ne sera ajouté de mémoire.
La dernière mention, elle, est citée, et c'est un verset de prière : « Tous ceux-ci persévéraient d'un commun accord dans la prière, avec les femmes, et avec Marie, la mère de Jésus, et avec ses frères » (Acts 1:14). Elle y apparaît non comme figure isolée, mais dans un groupe qui persévère, et elle y est identifiée par son fils : la mère de Jésus.
Les fautes
Le dossier ne rapporte aucune scène de faute, d'échec ou de péché de Marie. Ce silence doit être nommé pour ce qu'il est : un silence des passages rassemblés ici, non une déclaration générale sur sa personne. Ce que les textes cités montrent, c'est une femme à qui l'on doit dire de ne pas craindre (Luke 1:30), qui objecte une impossibilité (Luke 1:34), et qui finit par dire oui (Luke 1:38).
Ce que nous ne savons pas
La ligne chronologique ne donne qu'une naissance, en 22 av. J.-C. selon Ussher, Annals of the World (1650). Aucune date de mort, aucune indication sur la fin de sa vie, rien sur ce qu'elle devient après Acts 1:14. Le dossier ne dit rien de son enfance, de son éducation, de sa mère, ni du lieu où elle est née. De Heli et de Salome, il ne retient que le lien de famille. Sur tout cela, la réponse honnête est : nous ne savons pas.
La ligne vers Jésus
Elle se trace par les versets listés, et par eux seuls. Marie est nommée dès l'ouverture de la généalogie (Matthew 1:16), puis dans l'annonce de la naissance (Matthew 1:18 ; Matthew 1:20). Luke 1:27 la place fiancée à Joseph, « de la maison de David » : c'est par cette maison que passe la venue de son fils. Luke 1:30 dit d'où vient tout le reste, « tu as trouvé grâce auprès de Dieu », et Luke 1:34 dit l'impossibilité humaine qu'il faut franchir. Sa réponse, « qu'il me soit fait selon ta parole » (Luke 1:38), ouvre le chemin. Luke 1:41 montre l'effet de sa seule salutation : le petit enfant tressaille, et Élisabeth est remplie de l'Esprit Saint. Au bout de la liste, Acts 1:14 la nomme « la mère de Jésus », persévérant dans la prière avec les femmes et avec ses frères. Ce que le dossier permet de dire tient en cela : le fils promis vient par une femme qui a d'abord demandé comment, puis qui s'est appelée l'esclave du Seigneur.
