Que dit la Bible sur le baptême ?
Introduction
Un homme de quarante-cinq ans se tient au bord d'un bassin, en jean, chemise blanche, pieds nus. Il tremble un peu. Derrière lui, sa femme filme avec son téléphone. Devant lui, un ancien de l'assemblée pose une question simple : « Confesses-tu que Jésus Christ est ton Seigneur ? » Il répond oui, on l'incline en arrière, l'eau se referme sur son visage. Trois secondes. Puis il remonte, cheveux collés, respiration coupée, et il rit.
Que s'est-il passé, exactement ? Une belle cérémonie ? Un engagement personnel ? Un rite d'entrée dans une communauté ? Le Nouveau Testament donne une réponse bien plus radicale, et beaucoup plus libératrice que ce que la plupart d'entre nous ont appris. Sur cette page, vous découvrirez ce que le baptême dans la Bible signifie réellement, depuis les eaux du déluge jusqu'aux fleuves de l'Apocalypse, et pourquoi cette vérité change la manière dont vous vous levez demain matin.
L'angle de ce guide
La plupart des articles présentent le baptême comme une déclaration : je témoigne publiquement de ma foi. C'est vrai, mais c'est second. Ce guide part d'ailleurs. Selon Romains 6, l'eau du baptême est d'abord une tombe. On n'y entre pas pour se rafraîchir, on y entre pour être enseveli avec Christ, et on en ressort pour marcher dans une vie qui n'est plus la nôtre. Le baptême n'est donc pas la vitrine de mon engagement, mais le tombeau de mon ancienne vie et l'acte de Dieu qui m'unit à la mort et à la résurrection de Son Fils. Comprendre cela déplace tout : de ce que je promets vers ce que Christ a accompli.
Que dit la Bible au sujet du baptême ?
Le mot grec traduit par « baptiser » signifie plonger, immerger, submerger. Dans l'usage courant du premier siècle, on l'employait pour un tissu trempé dans la teinture ou un navire englouti. Ce n'est pas un vocabulaire d'arrosage discret ; c'est un vocabulaire de submersion. Et lorsque le Nouveau Testament s'en sert pour parler de ce que Dieu fait au croyant, cette nuance porte tout le sens.
Tout commence de façon déconcertante. Le premier baptême du Nouveau Testament n'est pas celui d'un pécheur repentant mais celui du Fils de Dieu. « Alors Jésus vient de Galilée au Jourdain auprès de Jean, pour être baptisé par lui. Mais Jean l'en empêchait fort, disant : Moi, j'ai besoin d'être baptisé par toi, et toi, tu viens à moi ! Et Jésus, répondant, lui dit : Laisse faire maintenant, car ainsi il nous est convenable d'accomplir toute justice. Alors il le laissa faire » (Matthieu 3:13-15). Jean baptisait « le baptême de repentance en rémission de péchés » (Marc 1:4). Jésus n'avait rien dont Se repentir. Pourtant Il descend dans l'eau, exactement là où descendent les publicains, les soldats, les prostituées. Il prend leur place dans la file. Et la voix du ciel ne dit pas : « Voici un homme qui S'est engagé », mais « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j'ai trouvé mon plaisir » (Matthieu 3:17), tandis que l'Esprit descend « comme une colombe » sur Lui (Matthieu 3:16).
Retenez cette scène : au baptême, la voix qui compte est celle du Père, et le mouvement qui compte est celui de l'Esprit qui descend. Le baptisé, lui, est essentiellement passif. On le baptise. Cette passivité est déjà l'Évangile en image.
Jésus reprend Lui-même ce vocabulaire pour parler de Sa croix : « Mais j'ai un baptême dont il me faut être baptisé, et combien suis-je à l'étroit jusqu'à ce qu'il soit accompli ! » (Luc 12:50). Et aux fils de Zébédée : « Pouvez-vous boire la coupe que moi je bois, ou être baptisés du baptême dont moi je suis baptisé ? » (Marc 10:38). Le vrai baptême de Jésus, ce n'est pas le Jourdain, c'est le Golgotha. L'eau annonçait la submersion sous le jugement.
Après la résurrection, le Ressuscité confie à Son Église ce signe : « Allez donc, et faites disciples toutes les nations, les baptisant pour le nom du Père et du Fils et du Saint Esprit » (Matthieu 28:19). Le baptême n'est pas une invention de l'Église ; c'est un ordre du Seigneur. Et notez la formule : baptisés « pour le nom », c'est-à-dire transférés dans la propriété, l'autorité et la protection du Dieu trinitaire. On change de maître et de maison.
À la Pentecôte, la foule bouleversée demande quoi faire. Pierre répond : « Repentez-vous, et que chacun de vous soit baptisé au nom de Jésus Christ, en rémission des péchés ; et vous recevrez le don du Saint Esprit » (Actes 2:38). Trois éléments tiennent ensemble : le retournement du cœur, le signe de l'eau, le don de l'Esprit. Le livre des Actes ne connaît pas de croyant non baptisé. Les trois mille de Jérusalem, l'eunuque éthiopien qui s'exclame « Voici de l'eau, qu'est-ce qui m'empêche d'être baptisé ? » (Actes 8:36), Lydie et sa maison, le geôlier de Philippes baptisé en pleine nuit, Corneille et les siens : à chaque fois la foi débouche sur l'eau, immédiatement.
Puis Paul explique le mécanisme intérieur. « Ignorez-vous que nous tous qui avons été baptisés pour le christ Jésus, nous avons été baptisés pour sa mort ? Nous avons donc été ensevelis avec lui par le baptême, pour la mort, afin que comme Christ a été ressuscité d'entre les morts par la gloire du Père, ainsi nous aussi nous marchions en nouveauté de vie » (Romains 6:3-4). Voilà le cœur : le baptême est un enterrement. L'eau est une tombe. Ce qui y descend, c'est le vieil homme ; ce qui en remonte, c'est un homme uni au Ressuscité. Et Galates 3:27 ajoute le vêtement de sortie : « Car vous tous qui avez été baptisés pour Christ, vous avez revêtu Christ. » On entre nu de tout mérite, on ressort habillé de Quelqu'un d'autre.
Le fil conducteur de la Bible
L'eau traverse toute l'Écriture, et presque toujours avec ce double visage : elle engloutit et elle fait vivre.
Dès la deuxième phrase de la Bible, « l'Esprit de Dieu planait sur la face des eaux » (Genèse 1:2). Le monde naît d'un abîme sur lequel l'Esprit se meut, et une terre habitable émerge des eaux. Puis vient le déluge. Les eaux détruisent un monde et, dans le même mouvement, en portent un nouveau : l'arche flotte au-dessus du jugement. Quand tout est fini, une colombe revient avec une feuille d'olivier (Genèse 8:11), signe qu'un monde neuf est possible. Souvenez-vous du Jourdain : l'Esprit y descend « comme une colombe ». Ce n'est pas un hasard poétique. Le Nouveau Testament fait explicitement le lien : après avoir évoqué Noé et l'arche, Pierre écrit : « or cet antitype vous sauve aussi maintenant, c'est-à-dire le baptême, non le dépouillement de la saleté de la chair, mais la demande à Dieu d'une bonne conscience, par la résurrection de Jésus Christ » (1 Pierre 3:21). Le déluge était l'esquisse ; le baptême est la réalité correspondante. L'eau tue, et pourtant on passe au travers, porté.
Vient ensuite la mer Rouge. Israël traverse à pied sec, l'armée d'Égypte est engloutie. Paul relit cet épisode en termes baptismaux : « nos pères ont tous été sous la nuée, et... tous ils ont passé à travers la mer, et... tous ils ont été baptisés pour Moïse, dans la nuée et dans la mer » (1 Corinthiens 10:1-2). Même eau, deux issues : tombeau pour l'oppresseur, chemin de liberté pour le peuple. C'est précisément ce que le baptême dit de nous : notre Pharaon intérieur reste au fond de l'eau.
L'ancienne alliance est ensuite pleine de lavages : les prêtres qui se lavent avant de servir, les cuves du tabernacle, les purifications rituelles du Lévitique, Naaman le Syrien qui doit se plonger sept fois dans le Jourdain et dont « sa chair redevint comme la chair d'un jeune garçon » (2 Rois 5:14). Tout cela crie un besoin que l'eau ne peut pas satisfaire, car la souillure est plus profonde que la peau. Alors Dieu promet quelque chose d'autre : « Et je répandrai sur vous des eaux pures, et vous serez purs : je vous purifierai de toutes vos impuretés et de toutes vos idoles » (Ézéchiel 36:25), et Il ajoute, quelques versets plus loin, le don d'un cœur nouveau et de Son Esprit.
Les rites attendaient Quelqu'un ; ils L'ont trouvé au Jourdain.
Jean-Baptiste le dit clairement : « Moi, je vous baptise d'eau pour la repentance ; mais celui qui vient après moi est plus puissant que moi... lui vous baptisera de l'Esprit Saint et de feu » (Matthieu 3:11). Jésus le confirme avant Son ascension : « car Jean baptisait avec de l'eau ; mais vous, vous serez baptisés de l'Esprit Saint, dans peu de jours » (Actes 1:5). Christ prend sur Lui le baptême du jugement à la croix, afin de nous baptiser du baptême de l'Esprit. C'est le grand échange.
Et à la fin ? Le fleuve revient, mais sans menace. Les eaux ne noient plus, elles guérissent, elles jaillissent gratuitement, et une foule immense se tient en robes blanches parce qu'« ils ont lavé leurs robes et les ont blanchies dans le sang de l'Agneau » (Apocalypse 7:14). L'histoire commence sur un abîme et s'achève sur un fleuve de vie. Entre les deux, une tombe ouverte et un homme trempé qui rit.
Idées reçues fréquentes
« Le baptême, c'est mon témoignage : je montre aux autres que je crois. » Cette dimension existe, mais si elle devient le sens principal, le baptême cesse d'être Évangile pour devenir performance. Relisez la grammaire de Romains 6:3-4 : ce sont des verbes au passif. Nous avons été baptisés, nous avons été ensevelis. Le sujet actif, c'est Dieu. Galates 3:27 va dans le même sens : on nous revêt de Christ, nous ne nous habillons pas nous-mêmes de nos bonnes résolutions. Le baptême proclame d'abord ce que Christ a fait, et seulement ensuite ce que j'y réponds. Cela soulage énormément les consciences fragiles : la valeur de votre baptême ne dépend pas de l'intensité de votre émotion ce jour-là.
« Sans baptême, pas de salut. » On cite souvent Marc 16:16 : « Celui qui aura cru et qui aura été baptisé sera sauvé ; et celui qui n'aura pas cru sera condamné. » Regardez bien la seconde moitié de la phrase. Le verset ne dit pas : « celui qui n'aura pas été baptisé sera condamné », mais « celui qui n'aura pas cru ». La condamnation est liée à l'incrédulité, pas au manque d'eau. Dans la logique du Nouveau Testament, le baptême accompagne normalement la foi comme la signature accompagne l'accord ; c'est pourquoi le brigand crucifié entend « aujourd'hui tu seras avec moi dans le paradis » sans être passé par le Jourdain. Négliger volontairement le baptême est une désobéissance ; en être empêché n'est pas une damnation.
« Ce n'est qu'un symbole, donc secondaire. » Réduire le baptême à une illustration pédagogique, c'est mal lire Pierre. « or cet antitype vous sauve aussi maintenant, c'est-à-dire le baptême » (1 Pierre 3:21). Il précise aussitôt que la puissance n'est pas dans l'eau elle-même, « non le dépouillement de la saleté de la chair », mais dans ce à quoi elle est reliée : « par la résurrection de Jésus Christ ». Le baptême est un signe qui porte réellement ce qu'il signifie, parce que Dieu s'y engage. Un anneau de mariage n'est « qu'un symbole », et pourtant essayez de le retirer sans conséquence.
« Le baptême règle tout ; après, je suis tranquille. » Le Nouveau Testament connaît des baptisés qui vivent mal. Paul écrit justement Romains 6 parce que certains croyaient pouvoir continuer dans le péché. Sa réponse n'est pas de minimiser le baptême mais de le prendre au sérieux : si vous avez été ensevelis, pourquoi retourner remuer le cadavre ? Le baptême n'est pas un vaccin ni un talisman ; c'est le point de départ d'une marche « en nouveauté de vie ». Paul rappelle même que sa mission première était l'annonce de l'Évangile : « Car Christ ne m'a pas envoyé baptiser, mais évangéliser » (1 Corinthiens 1:17), non pour dévaloriser le rite mais pour le maintenir à sa place, au service de la Parole.
Le vivre aujourd'hui
Si le baptême est un enterrement, alors il a des conséquences très concrètes, et pas seulement le dimanche.
Au travail, la logique de la tombe change votre rapport à la reconnaissance. L'homme qui a été enseveli avec Christ n'a plus besoin de justifier son existence par ses résultats. Vous pouvez encaisser une critique injuste sans vous effondrer, parce que votre identité n'est pas dans votre performance mais dans un vêtement reçu : « vous avez revêtu Christ » (Galates 3:27). Vous pouvez aussi renoncer à un poste, refuser un compromis, dire non à une manœuvre rentable mais malhonnête, parce qu'un mort n'a pas grand-chose à perdre.
Dans la famille, le baptême donne un langage pour recommencer. Quand vous avez crié sur vos enfants, quand la même dispute conjugale revient pour la trentième fois, vous n'êtes pas condamné à répéter votre passé, car votre passé a une tombe. Se rappeler son baptême, c'est se dire : cet homme irritable, cette femme amère, ils ont été mis au tombeau ; je n'ai pas à leur obéir aujourd'hui. Luther, dit-on, écrivait sur sa table dans ses moments d'angoisse : « je suis baptisé ». C'est une prédication en trois mots.
Face à l'argent et aux possessions, la même vérité mord. Actes 2:38 est suivi, quelques versets plus loin, de croyants qui partagent leurs biens. Ce n'est pas un accident sociologique. Celui qui a été transféré « pour le nom du Père et du Fils et du Saint Esprit » (Matthieu 28:19) sait que ses relevés bancaires appartiennent maintenant à un autre propriétaire. La générosité devient logique plutôt qu'héroïque.
Dans le corps et le temps, enfin. Le baptême implique le corps : on y est mouillé, essoufflé, décoiffé. La foi chrétienne n'est pas une affaire d'idées pures. Ce que vous faites avec vos mains, vos yeux, votre fatigue, votre sexualité, appartient au domaine du baptême. Et dans la solitude, quand la prière semble vide, il reste un fait extérieur à vos humeurs : un jour, de l'eau a coulé sur vous au nom du Dieu trois fois saint, et cela ne dépend pas de ce que vous ressentez ce soir.
Vous n'avez pas à vous sentir baptisé. Vous l'êtes.
Le miroir
Posez-vous une question inconfortable : quand avez-vous cessé de vivre comme un ressuscité ?
Peut-être avez-vous été baptisé à seize ans, dans une joie sincère, et aujourd'hui vous gérez votre vie chrétienne comme un dossier administratif à jour. Vous croyez juste, vous ne faites rien de scandaleux, et vous êtes profondément fatigué. Le baptême vous confronte : Dieu ne vous a pas donné un règlement, Il vous a donné une tombe et une vie neuve. Ce que vous appelez votre équilibre, n'est-ce pas parfois un vieil homme soigneusement réanimé ?
Peut-être, à l'inverse, vous n'avez jamais été baptisé. Vous croyez, vous priez, vous écoutez des prédications, mais vous restez sur la rive. Les raisons sont souvent honorables : je ne me sens pas prêt, je ne veux pas être hypocrite, j'ai peur de retomber. Entendez la question de l'eunuque, celle d'un homme qui ne connaissait Christ que depuis une heure de route : « Voici de l'eau, qu'est-ce qui m'empêche d'être baptisé ? » (Actes 8:36). Personne n'est jamais prêt. C'est justement pour cela que le baptême parle d'un ensevelissement, pas d'un examen d'entrée.
Et peut-être portez-vous une honte précise. Un divorce, un avortement, des années perdues, une addiction dont vous n'avez parlé à personne. Vous pensez que l'eau serait trop propre pour vous. Écoutez alors ce que Paul entend à Damas : « Lève-toi et sois baptisé, et te lave de tes péchés, invoquant son nom » (Actes 22:16). Cela est dit à un homme qui avait fait tuer des chrétiens.
Le baptême dérange parce qu'il vous retire le contrôle. On ne se baptise pas soi-même. Quelqu'un vous prend, quelqu'un vous incline, quelqu'un vous relève. Toute la vie chrétienne tient dans ce geste : lâcher, et se laisser relever.
Expliqué aux enfants
Les enfants comprennent le baptême plus vite que nous, à condition de ne pas commencer par la théologie. Commencez par l'eau et par une histoire. On peut dire à un petit : « L'eau lave, et l'eau fait peur aussi quand elle est profonde. Quand quelqu'un est baptisé, il descend dans l'eau comme s'il disait au revoir à son ancienne vie, et il remonte comme quelqu'un de tout neuf, parce que Jésus est mort et qu'Il est revenu vivant. Le baptême, c'est comme un câlin de Dieu qui mouille : Il dit devant tout le monde, tu es à moi. »
Avec des enfants plus grands, on peut raconter Matthieu 3:13-17 et s'arrêter sur la voix du Père. Beaucoup d'enfants pensent que Dieu les aimera s'ils sont sages. Or Jésus entend « Celui-ci est mon Fils bien-aimé » avant d'avoir prêché, guéri ou fait un seul miracle. C'est une graine d'Évangile qui peut germer pendant trente ans.
Il est utile aussi d'être honnête sur ce qu'on ne comprend pas encore et sur le fait que les familles chrétiennes ne pratiquent pas toutes le baptême au même moment de la vie. Un enfant peut apprendre très tôt à respecter des chrétiens qui pensent autrement sans devenir relativiste.
Sur Faith.network, des explications spécifiques du baptême existent pour différents âges : une version très simple et imagée pour les 3 à 6 ans, une version narrative avec les récits bibliques et des questions pour les 7 à 12 ans, et une version pour les adolescents à partir de 12 ans, qui aborde franchement l'engagement, la pression du groupe et les questions sur l'immersion, la foi personnelle et le doute.
Questions fréquentes
Que signifie être baptisé au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit ?
Dans Matthieu 28:19, Jésus dit : « les baptisant pour le nom du Père et du Fils et du Saint Esprit ». Le « nom » désigne dans la Bible la personne elle-même, son autorité, sa réputation. Être baptisé pour ce nom signifie être placé sous la propriété et la protection du Dieu unique qui Se révèle comme Père, Fils et Esprit. Ce n'est pas une formule magique à prononcer correctement, mais une déclaration d'appartenance : vous changez de camp, de famille et de Seigneur. C'est aussi l'un des textes les plus clairs de l'Écriture sur la Trinité, puisque les trois partagent un seul nom.
Le baptême est-il nécessaire pour être sauvé ?
Le salut est reçu par la foi en Christ seul, et Marc 16:16 le montre en creux : la condamnation vise « celui qui n'aura pas cru », non celui qui n'aura pas été baptisé. Cela dit, le Nouveau Testament ne connaît pas de chrétien qui refuse délibérément le baptême ; dans Actes 2:38, la repentance et le baptême forment une seule réponse à l'Évangile. Le baptême n'est donc pas le prix du salut, mais il en est le signe voulu par le Seigneur. Refuser ce signe par indifférence est grave ; en être empêché par la mort, la maladie ou les circonstances ne vous exclut pas de la grâce.
Faut-il être immergé complètement, ou l'aspersion suffit-elle ?
Le verbe grec signifie plonger, et les récits vont dans ce sens : Philippe et l'eunuque « descendirent tous deux à l'eau » (Actes 8:38), et Jésus « monta aussitôt, s'éloignant de l'eau » (Matthieu 3:16). L'image de Romains 6:3-4, l'ensevelissement, s'exprime aussi bien plus clairement par l'immersion. C'est pourquoi de nombreuses Églises la pratiquent. D'autres traditions chrétiennes baptisent par aspersion ou par effusion, en s'appuyant sur les promesses de purification comme Ézéchiel 36:25. La quantité d'eau n'est pas la source de la grâce ; mais si le choix vous appartient, l'immersion prêche le mieux ce que le texte décrit.
Peut-on baptiser les bébés selon la Bible ?
C'est une question sur laquelle des chrétiens fidèles divergent depuis des siècles. Ceux qui baptisent les nourrissons invoquent les baptêmes de maisons entières dans les Actes, comme celle de Lydie ou du geôlier de Philippes, et la continuité avec le signe de l'alliance donné aux enfants dans l'Ancien Testament. Ceux qui réservent le baptême aux croyants relèvent que chaque baptême explicitement raconté suit une foi personnelle, comme dans Actes 2:38 où la repentance précède l'eau. Les deux camps confessent le salut par grâce. Cherchez la conviction devant Dieu, dans votre Église locale, sans mépriser les frères qui concluent autrement.
Quelle est la différence entre le baptême de Jean et le baptême chrétien ?
Jean baptisait « le baptême de repentance en rémission de péchés » (Marc 1:4), en préparation de la venue du Messie ; il annonçait Celui qui « vous baptisera de l'Esprit Saint et de feu » (Matthieu 3:11). Le baptême chrétien vient après la croix et la Pentecôte : il unit au Christ mort et ressuscité, selon Romains 6:3-4, et s'accompagne du don de l'Esprit selon Actes 2:38. C'est pourquoi, dans Actes 19, des disciples qui n'avaient reçu que le baptême de Jean sont baptisés au nom du Seigneur Jésus. Jean pointait vers l'avant ; le baptême chrétien regarde en arrière vers une œuvre accomplie.
Pourquoi Jésus S'est-Il fait baptiser s'Il était sans péché ?
Jean pose exactement cette objection, et Jésus répond : « Laisse faire maintenant, car ainsi il nous est convenable d'accomplir toute justice » (Matthieu 3:15). Il ne descend pas dans l'eau pour Se purifier, mais pour prendre publiquement place parmi les pécheurs qu'Il vient sauver. Son baptême inaugure Son ministère et anticipe Sa mort, ce baptême dont Il dira : « j'ai un baptême dont il me faut être baptisé » (Luc 12:50). Au Jourdain, Il Se laisse compter parmi les coupables ; à la croix, Il en portera la sentence. Le Père y répond par une déclaration d'amour, avant tout accomplissement visible.
Peut-on se faire baptiser une deuxième fois ?
Paul écrit qu'il y a « un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême » (Éphésiens 4:5), ce qui suggère qu'un baptême chrétien authentique ne se répète pas, même si notre marche a été médiocre ensuite. Le baptême proclame l'œuvre de Christ, et cette œuvre ne s'annule pas quand nous chutons. La situation est différente pour une personne baptisée dans un contexte qui n'était pas chrétien, ou qui, après réflexion, considère n'avoir jamais reçu de baptême selon l'Écriture. Parlez-en avec les responsables de votre Église plutôt que de décider seul, car la question touche votre conscience et la communauté.
Qu'est-ce que le baptême du Saint Esprit ?
Jésus dit : « vous serez baptisés de l'Esprit Saint, dans peu de jours » (Actes 1:5), promesse accomplie à la Pentecôte. Paul y voit ensuite la réalité commune de tous les croyants : « nous avons tous été baptisés d'un seul Esprit pour être un seul corps » (1 Corinthiens 12:13). Le baptême d'eau et le baptême de l'Esprit sont donc étroitement liés, sans être identiques : l'un est le signe visible, l'autre l'œuvre intérieure qui incorpore réellement à Christ. Les chrétiens débattent de la question d'expériences ultérieures de remplissage ; tous s'accordent pour dire qu'on ne peut appartenir à Christ sans Son Esprit.
À quel âge peut-on se faire baptiser ?
Dans les Églises qui baptisent les croyants, il n'existe pas d'âge fixé par l'Écriture. Le critère est la foi personnelle, une repentance réelle et une compréhension suffisante de ce que l'on reçoit, comme dans Actes 2:38. Certains enfants de dix ans montrent une foi plus lucide que des adultes de cinquante ans, mais il est sage de laisser mûrir, d'écouter, de poser des questions et de ne pas transformer le baptême en rite de passage familial. Ce qui compte n'est pas la date sur le certificat, mais que la personne sache qu'elle descend dans une tombe et remonte vêtue de Christ.
Qui peut baptiser ? Faut-il obligatoirement un pasteur ?
Le Nouveau Testament ne réserve pas le baptême à une caste. Philippe, qui n'était pas apôtre, baptise l'eunuque ; Pierre ordonne qu'on baptise les gens de la maison de Corneille sans le faire lui-même (Actes 10:48) ; Paul dit avoir baptisé peu de personnes à Corinthe. Le baptême est donné à l'Église, et il se pratique normalement dans le cadre d'une communauté locale, sous la responsabilité de ceux qui la conduisent. La validité ne dépend pas de la sainteté de celui qui baptise mais de la parole du Seigneur. Évitez cependant les baptêmes improvisés, en dehors de toute communauté.
Que veut dire 1 Pierre 3:21 quand il dit que le baptême nous sauve ?
Pierre écrit : « or cet antitype vous sauve aussi maintenant, c'est-à-dire le baptême, non le dépouillement de la saleté de la chair, mais la demande à Dieu d'une bonne conscience, par la résurrection de Jésus Christ ». Il exclut lui-même toute lecture mécanique : ce n'est pas l'eau qui nettoie, ni un rite qui agirait tout seul. Le baptême sauve comme l'arche sauvait Noé, en unissant à Celui qui traverse le jugement. La puissance vient « par la résurrection de Jésus Christ », et ce qui monte vers Dieu, c'est une conscience qui se remet à Lui. Le signe sauve parce qu'il ne parle pas de lui-même.
Le baptême efface-t-il aussi les péchés commis plus tard ?
Le baptême ne fonctionne pas comme un crédit limité au passé. Il vous unit à une mort et à une résurrection qui couvrent toute votre vie, ce que Paul exprime dans Romains 6:3-4 en parlant d'une marche « en nouveauté de vie ». Quand vous péchez ensuite, vous ne repartez pas de zéro et vous n'avez pas besoin d'un nouveau baptême : vous revenez à ce que votre baptême signifie, en confessant et en recevant le pardon promis. C'est précisément pour cela que se souvenir de son baptême est l'une des armes spirituelles les plus concrètes contre la honte et la rechute.
Pour conclure
Revenons au bord du bassin, à cet homme trempé qui rit. Ce qu'il vient de vivre n'est pas d'abord son geste, c'est le geste de Dieu sur lui. Il a été enseveli et relevé. Voilà pourquoi le baptême dans la Bible n'est jamais présenté comme la médaille des chrétiens sérieux, mais comme la tombe des vieux hommes et le vestiaire où l'on reçoit Christ comme vêtement. Du déluge à la mer Rouge, du Jourdain au Golgotha, de la Pentecôte au fleuve d'eau vive : partout, les eaux engloutissent ce qui devait mourir et portent ce que Dieu veut faire vivre.
Si vous voulez aller plus loin, prenez le temps de lire Romains 6 en entier, lentement, avec un crayon, en notant chaque fois que Paul dit « avec Christ ». Puis relisez Matthieu 3:13-17 et demandez-vous à qui la voix du Père S'adresse aujourd'hui, en Christ. Et si vous croyez sans avoir jamais été baptisé, posez tout simplement la question de l'eunuque à un responsable de votre Église cette semaine. Qu'est-ce qui vous empêche ?

