Romains 1:1
Le texte
Avant même de dire son message, Paul dit ce qu'il est devenu : « esclave de Jésus Christ ». Pas serviteur volontaire, pas collaborateur, pas fondateur d'une mission ; propriété d'un autre. Puis viennent deux participes qui ne lui appartiennent pas davantage : « apôtre appelé », donc envoyé parce qu'on l'a convoqué, et « mis à part », donc déplacé par une main qui n'était pas la sienne. Et tout cela débouche sur une destination unique : « l'évangile de Dieu ». Une seule phrase, sans verbe principal, où l'homme qui écrit se décrit entièrement au passif. Il n'y a rien ici que Paul ait pris. Tout lui a été fait.
Le cœur
Remarquez ce que Paul ne dit pas. Pas « mon évangile », pas « la bonne nouvelle que j'annonce », mais « l'évangile de Dieu ». La nouvelle appartient à Celui dont elle parle ; le messager n'en est que le porteur enchaîné. Le mot grec doulos, esclave, ne dit pas d'abord l'humiliation mais l'appartenance totale : un homme dont le temps, le corps, l'avenir sont à quelqu'un d'autre. Et là se loge le mystère que le verset ne résout pas. Comment une contrainte peut-elle être une libération ? Paul n'explique rien. Il pose simplement, dès sa première ligne, que l'identité chrétienne ne se construit pas ; elle se reçoit d'une voix qui appelle et met à part, sans demander notre programme.
Le fil conducteur
« Mis à part » : le verbe a une longue histoire avant Paul. Israël connaissait cette mise à part comme la manière propre de Dieu d'agir dans l'Histoire, prenant un homme, une famille, un peuple, pour que par eux tous les autres soient rejoints. Abraham arraché à Ur, Aaron séparé pour le sanctuaire, les prophètes saisis avant même de savoir parler. Paul se place dans cette lignée sans la revendiquer : il est le dernier maillon d'une chaîne de gens déplacés par Dieu. Mais la destination a changé de nature. On ne le met plus à part pour un temple ni pour une tribu, mais « pour l'évangile de Dieu », c'est-à-dire pour une nouvelle qui court vers l'extérieur. La séparation, ici, n'enferme pas ; elle envoie. Et le verset suivant précise que cette nouvelle n'est pas neuve : Dieu « l'avait auparavant promis par Ses prophètes ». Paul n'invente pas, il hérite.
Le miroir
Nous nous présentons rarement comme des gens à qui les choses ont été faites. Nous disons ce que nous avons construit : la carrière, le foyer tenu à bout de bras, le groupe de maison qu'on anime depuis six ans, la réputation d'être fiable. Même notre foi, nous la racontons volontiers comme une décision que nous avons prise. Paul commence par le contraire, et cela dérange plus qu'on ne l'admet. Si mon identité m'est donnée, alors elle ne dépend plus de mes résultats, ce qui est un immense soulagement ; mais elle ne m'appartient plus non plus, ce qui coûte. Qu'est-ce que je refuse encore de laisser tomber sous le mot « esclave » ? Mon agenda ? Mon argent ? Mon droit d'avoir raison ? Aujourd'hui, prenez une feuille et écrivez, en une seule phrase, comment vous vous présenteriez à un inconnu ; puis récrivez cette phrase en commençant par « appartenant à Jésus Christ », et lisez-la à voix haute.
Le profil
Ceux qui entendent lire cette lettre à Rome ne sont pas des théoriciens. Dans les maisons où l'on se réunit, il y a très probablement de vrais esclaves, peut-être un tiers de la population de la ville, des gens dont le corps appartenait légalement à un autre. Quand le lecteur prononce « esclave de Jésus Christ », certains auditeurs entendent ce mot dans leur chair. Et l'homme qui l'emploie n'est pas leur propriétaire mais un citoyen romain qui se range volontairement de leur côté. En même temps, dans la langue biblique, « esclave du Seigneur » était un titre d'honneur porté par Moïse et par David. Les auditeurs juifs entendent donc une dignité là où les auditeurs païens entendent d'abord une déchéance. Paul laisse les deux résonner ensemble, sans trancher.
L'intertexte
Jérémie raconte que Dieu lui a dit l'avoir mis à part avant même de le former dans le ventre de sa mère, et qu'il n'a pas pu échapper à cet appel. Paul décrit la même expérience sans la raconter : trois mots suffisent. La deuxième résonance est plus proche, quelques lignes plus bas, quand il écrit aux Romains qu'ils sont eux aussi « des appelés de Jésus Christ ». Le même verbe qui l'a fait apôtre les a faits chrétiens. Ce que Paul dit de lui-même au verset 1 n'est donc pas le portrait d'un spécialiste ; c'est la grammaire ordinaire de la foi. Nous ne sommes pas appelés à devenir Paul, mais nous sommes appelés de la même manière que lui : par une voix qui parle en premier.
Le contexte
Paul écrit sans doute depuis Corinthe, vers le milieu des années cinquante, à une communauté qu'il n'a jamais visitée et qu'il n'a pas fondée. C'est une situation inconfortable : il ne peut pas s'appuyer sur des souvenirs communs ni sur une autorité acquise sur place. À Rome, capitale d'un empire où l'honneur se mesure à la naissance, aux patrons, aux titres, il se présente donc en renversant tous les codes : il ne cite ni sa ville, ni sa formation, ni ses succès missionnaires. Il donne son propriétaire. Dans une culture où l'on ouvrait une lettre en affichant son rang, ce début est presque une provocation, et pourtant tout le reste de l'épître en découle : la justice n'y sera jamais une conquête, toujours un don.
Réflexion
Où, cette semaine, ai-je parlé de « mon » ministère, de « ma » foi, de « mon » service, là où le texte dirait plutôt « de Dieu » ?
Si l'appel précède la réponse, qu'est-ce que cela change à la manière dont je prie pour quelqu'un qui ne croit pas encore ?
Des livres chrétiens à découvrir
Des livres choisis avec soin, disponibles dans votre langue.
Ce récit intime de conversion invite le lecteur à contempler la grâce de Dieu qui transforme les cœurs les plus tourmentés.
Cette allégorie intemporelle éclaire chaque étape de la vie chrétienne, des combats aux joies célestes.
Les Fondements du christianisme
Lewis expose avec clarté et humour les vérités essentielles de la foi, affermissant l'intelligence et le cœur.
Ces lettres pleines d'esprit démasquent les ruses spirituelles quotidiennes et encouragent la vigilance dans la foi.
Un compagnon de méditation qui appelle à une intimité profonde et humble avec le Christ.
En tant que Partenaire Amazon, Faith.network gagne une commission sur les achats admissibles. Cela permet de garder la plateforme gratuite.
Questions fréquentes sur Romans 1:1
Des réponses rapides aux questions les plus courantes sur ce passage biblique.
Que signifie Romains 1:1 ?
De quoi parle Romains 1:1 ?
Quel est le contexte historique de Romains 1:1 ?
Que nous enseigne Romains 1:1 sur le caractère de Dieu ?
En quoi Romains 1:1 reste-t-il pertinent aujourd'hui ?
Ce que la communauté partage sur Romans 1
Réflexions, prières et actions de grâce des lecteurs et de l'équipe de rédaction sur ce passage.
« Premièrement, je rends grâces à mon Dieu, par Jésus Christ, pour vous tous. » Avant de corriger, avant d'enseigner, Paul remercie. Et il dit « mon Dieu », comme on parle de quelqu'un qu'on connaît vraiment.
Quand tu penses à cette personne de ton église qui t'agace, par quoi commences-tu? La plainte, ou l'action de grâces?
« déterminé Fils de Dieu, en puissance, selon l'Esprit de sainteté, par la résurrection des morts ». Le tombeau vide n'est pas seulement une victoire, c'est une déclaration : voilà qui Il est. Et si la résurrection a suffi à établir cela, elle suffit aussi à porter ta foi les jours où tu doutes de tout.
Explorer ce passage à un autre niveau
Débutant, théologien, ou une autre longueur de lecture ? Ajustez les paramètres et générez votre propre version.
Ouvrir dans l'outil d'étude