Qui était Jésus-Christ selon la Bible ?
Introduction
Une route poussiéreuse, quelque part au nord de la Galilée, du côté de Césarée de Philippe. Un groupe d'hommes fatigués marche derrière un charpentier devenu rabbi. On parle des rumeurs qui circulent: certains disent qu'Il est Jean le Baptiseur, d'autres Élie, d'autres encore un prophète. Puis le rabbi s'arrête et retourne la question contre Ses amis: « Il leur dit: Et vous, qui dites-vous que Je suis? » (Matthieu 16:15). Tout le christianisme tient dans la réponse à cette phrase. Pas dans une morale, pas dans un système, mais dans l'identité d'un homme qui dort dans une barque et calme ensuite la tempête.
Dans les pages qui suivent, nous allons suivre Jésus depuis avant Bethléem jusqu'au trône, dans l'ordre de Sa vie, en nous arrêtant sur ce que la Bible dit vraiment de Lui. Et nous le ferons avec une lunette bien précise.
L'angle de ce guide
La plupart des présentations de Jésus insistent sur Sa puissance: les miracles, l'autorité, la royauté. Ce guide prend l'autre bout de la corde. Nous relisons Sa vie à travers Sa faiblesse choisie: un Dieu qui a faim, qui a soif, qui pleure, qui dort d'épuisement, qui tremble dans un jardin et qui meurt. Non pas une faiblesse morale, Il n'a jamais péché, mais une fragilité humaine réelle, assumée volontairement. Pourquoi cet angle? Parce que c'est exactement là que Paul situe la gloire de Dieu: « la faiblesse de Dieu est plus forte que les hommes » (1 Corinthiens 1:25). Comprendre Jésus par Sa faiblesse, c'est comprendre l'Évangile.
Que dit la Bible au sujet de Jésus-Christ ?
La Bible ne commence pas la biographie de Jésus à Bethléem. Jean remonte plus haut, avant les galaxies: « Au commencement était la Parole; et la Parole était auprès de Dieu; et la Parole était Dieu. Elle était au commencement auprès de Dieu. Toutes choses furent faites par Elle, et sans Elle pas une seule chose ne fut faite qui a été faite » (Jean 1:1-3). Trois affirmations tiennent ensemble: la Parole est éternelle, la Parole est distincte du Père, la Parole est pleinement Dieu. Puis vient la phrase qui a fait scandale dans tout l'Empire romain: « Et la Parole devint chair, et habita au milieu de nous (et nous vîmes Sa gloire, une gloire comme d'un fils unique de la part du Père) pleine de grâce et de vérité » (Jean 1:14). Le verbe employé signifie littéralement « dresser Sa tente ». Le Créateur a planté Sa tente dans le camp des créatures. Et le prologue ajoute une note douloureuse: « Il vint dans ce qui était Sien; et les Siens ne L'ont pas reçu » (Jean 1:11). Dès la première page du témoignage, la gloire est enveloppée de fragilité et de refus.
Paul dit la même chose autrement, avec la logique d'un chant: « Qu'il y ait donc en vous cette pensée qui a été aussi dans le Christ Jésus, lequel, étant en forme de Dieu, n'a pas regardé comme un objet à ravir d'être égal à Dieu, mais s'est anéanti Lui-même, prenant la forme d'esclave, étant fait à la ressemblance des hommes; et, étant trouvé en figure comme un homme, Il s'est abaissé Lui-même, étant devenu obéissant jusqu'à la mort, et à la mort de la croix » (Philippiens 2:5-8). Notez la direction du mouvement: descendre, descendre encore, jusqu'au plus bas. Jésus n'a pas perdu Sa divinité en devenant homme; Il a renoncé à s'en servir pour Se protéger. La suite du texte donne le contrecoup: « C'est pourquoi aussi Dieu L'a haut élevé et Lui a donné un nom au-dessus de tout nom, afin qu'au nom de Jésus tout genou se ploie » (Philippiens 2:9-10). L'exaltation ne contourne pas la faiblesse, elle la traverse.
Colossiens ajoute la dimension cosmique. Ce Jésus fragile est « l'image du Dieu invisible, le premier-né de toute la création; car par Lui ont été créées toutes choses, les choses qui sont dans les cieux et les choses qui sont sur la terre, les visibles et les invisibles » (Colossiens 1:15-16), et « toutes choses subsistent par Lui » (Colossiens 1:17). Puis la conclusion, qui relie l'atelier de la création à la boue du Golgotha: Dieu s'est plu, « par Lui, à réconcilier toutes choses avec Elle-même, ayant fait la paix par le sang de Sa croix » (Colossiens 1:20). Celui qui tient l'univers a fait la paix en versant Son sang.
L'auteur de l'épître aux Hébreux le formule avec une précision d'orfèvre: « Dieu ayant autrefois, à plusieurs reprises et en plusieurs manières, parlé aux pères par les prophètes, à la fin de ces jours-là, nous a parlé dans le Fils, qu'Il a établi héritier de toutes choses, par lequel aussi Il a fait les mondes, qui, étant le resplendissement de Sa gloire et l'empreinte de Sa substance, et soutenant toutes choses par la parole de Sa puissance, ayant fait par Lui-même la purification des péchés, s'est assis à la droite de la majesté dans les hauts lieux » (Hébreux 1:1-3). Jésus n'est pas un porte-parole de plus dans une longue file de messagers. Il est la Parole elle-même, l'empreinte exacte de l'être de Dieu.
Et Lui, comment parlait-Il de Lui-même? Sans détour: « Jésus lui dit: Moi, Je suis le chemin, et la vérité, et la vie; nul ne vient au Père que par Moi » (Jean 14:6). Ce n'est pas une opinion religieuse parmi d'autres, c'est une revendication qui ne laisse aucune place au « Jésus, grand sage moral ». Quand Pierre finit par comprendre, sa confession devient le socle de l'Église: « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant » (Matthieu 16:16). Christ, c'est-à-dire l'Oint, le Messie promis. Fils du Dieu vivant, c'est-à-dire bien plus qu'un homme extraordinaire.
Le fil conducteur de la Bible
Après Sa résurrection, Jésus marche avec deux disciples découragés sur la route d'Emmaüs, et Il leur fait un cours de théologie inoubliable: « Et commençant par Moïse et par tous les prophètes, Il leur expliquait, dans toutes les écritures, les choses qui Le regardent » (Luc 24:27). Autrement dit: l'Ancien Testament n'est pas une longue introduction sans rapport avec Lui. C'est Son portrait en négatif.
Le fil part de très loin. Dans Genèse 3:15, au moment même où l'humanité s'effondre, Dieu annonce une semence de la femme qui brisera la tête du serpent, mais qui aura le talon meurtri. Victoire et blessure dans la même phrase: l'angle de ce guide est déjà posé dans la troisième page de la Bible. Puis les promesses s'accumulent. Un agneau meurt à la place d'Isaac sur la montagne (Genèse 22). Un agneau meurt pour que la mort passe par-dessus les maisons d'Israël (Exode 12). Melchisédek, roi et sacrificateur, traverse le récit d'Abraham comme une ombre portée (Genèse 14). Dieu promet à David un descendant dont le trône sera affermi pour toujours (2 Samuel 7:12-13). Michée 5:2 désigne un village insignifiant, Bethléem, comme lieu de naissance du chef d'Israël. Ésaïe annonce un enfant dont « on appellera Son nom: Merveilleux, Conseiller, Dieu fort, Père du siècle, Prince de paix » (Ésaïe 9:6), et le même prophète décrit un serviteur méprisé: « Mais Il a été blessé pour nos transgressions, Il a été meurtri pour nos iniquités; le châtiment de notre paix a été sur Lui, et par Ses meurtrissures nous sommes guéris » (Ésaïe 53:5). Le Psaume 22 met dans la bouche du juste souffrant les mots exacts que Jésus criera sur la croix. Le Psaume 110 le fait asseoir à la droite de Dieu. Daniel 7:13-14 voit venir sur les nuées un « fils d'homme » qui reçoit un royaume éternel. Zacharie 9:9 annonce un roi humble, monté sur un ânon.
Tout l'Ancien Testament attend quelqu'un, et personne ne suffit.
Aucun roi ne tient, aucun sacrificateur ne dure, aucun prophète ne suffit. Puis les Évangiles ouvrent en disant: le voici. Matthieu commence par une généalogie qui relie Jésus à Abraham et à David. Luc situe la naissance sous un recensement romain, dans le temps réel, sous des noms vérifiables. Les Actes racontent la déferlante de cette nouvelle jusqu'à Rome. Les épîtres en déploient le sens. Et l'Apocalypse referme la boucle: l'Agneau immolé se tient au milieu du trône, et c'est justement à cause de Ses blessures qu'Il est digne d'ouvrir le livre (Apocalypse 5:6-9). Dans le ciel, la faiblesse de Jésus n'est pas effacée. Elle est glorifiée. Les cicatrices sont devenues Ses lettres de créance.
Le cœur de sa vie
Trois moments concentrent tout, et chacun a la même signature: la puissance de Dieu passe par la porte basse.
La crèche. Vers l'an 5 ou 4 avant notre ère, dans un bourg de Judée, une jeune femme de Nazareth met au monde son premier fils et le couche dans une auge à bestiaux. L'ange avait dit à Joseph: « et tu appelleras Son nom Jésus, car c'est Lui qui sauvera Son peuple de leurs péchés » (Matthieu 1:21). Jésus, en hébreu Yeshoua, signifie « l'Éternel sauve »: le programme est dans le nom. Il est circoncis le huitième jour comme tout enfant juif, présenté au temple avec l'offrande des pauvres, deux tourterelles, puis emmené en fuite en Égypte devant la fureur d'Hérode. Suivent une trentaine d'années de silence à Nazareth, un village qu'on ne visitait pas. Luc résume ces décennies en une ligne: « Et Jésus avançait en sagesse et en stature, et en faveur auprès de Dieu et des hommes » (Luc 2:52). Vers trente ans, Il descend au Jourdain se faire baptiser par Jean, non pour Se repentir, mais pour Se ranger avec les pécheurs. Puis quarante jours au désert, la faim, la tentation, la victoire par l'Écriture. Ensuite trois ans environ: la Galilée, les foules, les béatitudes, les paraboles, les aveugles qui voient, les lépreux touchés du bout des doigts, les collecteurs d'impôts invités à table, les pharisiens exaspérés. Et au milieu de tout cela, un homme qui S'assied de fatigue au bord d'un puits: « Jésus donc, étant lassé du chemin, se tenait là assis près de la fontaine » (Jean 4:6), qui dort à la poupe d'une barque dans la tempête (Marc 4:38), qui pleure devant un tombeau: « Jésus pleura » (Jean 11:35).
Gethsémané. Après l'entrée à Jérusalem sur un ânon et un dernier repas où Il lave les pieds de Ses disciples, Jésus entre dans un jardin, la nuit du jeudi. C'est ici, plus encore qu'à la croix, qu'on mesure ce que Sa faiblesse Lui coûte. Il tremble, Il sue, Il supplie: « Père, si Tu voulais faire passer cette coupe loin de Moi! Toutefois, que ce ne soit pas Ma volonté, mais la Tienne qui soit faite » (Luc 22:42). Puis l'arrestation, les procès de nuit, les crachats, le fouet, la croix. Vers midi, le ciel s'assombrit et Il crie: « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi M'as-Tu abandonné? » (Matthieu 27:46). Ce n'est pas un accident tragique. Il l'avait annoncé: « le Fils de l'homme n'est pas venu pour être servi, mais pour servir et pour donner Sa vie en rançon pour plusieurs » (Marc 10:45). Son dernier mot n'est pas une plainte mais un constat de victoire: « C'est accompli » (Jean 19:30).
Le tombeau vide. Le dimanche matin, des femmes trouvent la pierre roulée. Paul transmettra ce résumé, plus vieux que ses propres lettres: « Christ est mort pour nos péchés, selon les écritures, et Il a été enseveli, et Il a été ressuscité le troisième jour, selon les écritures » (1 Corinthiens 15:3-4). Le Ressuscité mange du poisson grillé, montre Ses mains percées, laisse Thomas s'effondrer dans la plus belle confession de l'Évangile: « Mon Seigneur et mon Dieu! » (Jean 20:28). Quarante jours plus tard, Il monte au ciel et s'assied, non pas épuisé, mais parce que le travail est fini. « Car même s'Il a été crucifié en infirmité, néanmoins Il vit par la puissance de Dieu » (2 Corinthiens 13:4).
Ce que nous apprenons de Jésus-Christ
Premièrement, la vraie force ressemble à un tablier de serviteur. Nous avons appris à mesurer la valeur d'une vie par son influence, son salaire, ses résultats. Jésus renverse la table. Le soir où Il sait que « le Père Lui avait mis toutes choses entre les mains », Il prend un linge et lave des pieds sales (Jean 13:3-5). La puissance divine, quand elle se manifeste pleinement, se met à genoux. Cela change la façon dont on exerce une autorité de parent, de manager, de responsable d'Église. Le modèle n'est plus la performance mais le service qui coûte.
Deuxièmement, Il connaît votre faiblesse de l'intérieur. C'est la conséquence directe de l'angle de ce guide. Notre Sauveur ne regarde pas nos limites depuis un balcon céleste: « nous n'avons pas un souverain sacrificateur qui ne puisse sympathiser à nos infirmités, mais nous en avons un qui a été tenté en toutes choses comme nous, à part le péché » (Hébreux 4:15). Il a connu la faim, l'insomnie, le deuil, la trahison d'un ami proche, la solitude de celui qu'on ne comprend pas, l'angoisse physique. Quand vous priez à bout de forces, vous ne parlez pas à un théoricien de la souffrance. C'est pourquoi le verset suivant invite à s'approcher « avec confiance » et non en rampant.
Il n'y a aucune part de votre fragilité qu'Il ignore.
Troisièmement, Il ne laisse pas de place à la tiédeur. « Moi, Je suis le chemin, et la vérité, et la vie; nul ne vient au Père que par Moi » (Jean 14:6). Cette exclusivité irrite notre époque, et il faut être honnête: elle irriterait moins si Jésus avait dit « voici un chemin ». Mais lisez-la du point de vue de la faiblesse. Ce n'est pas l'arrogance d'un dieu qui ferme des portes, c'est la déclaration d'un crucifié qui S'est fait Lui-même la porte, à Ses frais. Pierre le dira devant le tribunal: « il n'y a de salut en aucun autre; car aussi il n'y a point d'autre nom sous le ciel, qui soit donné parmi les hommes, par lequel il nous faille être sauvés » (Actes 4:12). La question de Césarée de Philippe reste posée à chacun, et « je ne sais pas » est déjà une réponse.
Le miroir
Vous connaissez peut-être Jésus depuis l'enfance, ou vous êtes en train de L'examiner de loin, prudemment. Dans les deux cas, laissez cette question vous atteindre là où vous vivez réellement, pas là où vous croyez devoir vivre.
Vous passez probablement beaucoup d'énergie à cacher votre faiblesse. Au travail, vous ne dites pas que vous n'y arrivez plus. À la maison, vous jouez le parent solide alors que vous êtes vidé. Dans votre corps, vous vieillissez, vous avez mal, vous ne dites rien. Sur le plan financier, vous serrez les dents. Le dimanche, vous mettez le visage qu'on attend. Et voilà que Celui qui remplit l'univers a délibérément choisi tout ce que vous fuyez: la dépendance, la fatigue, les larmes, la mort. Si la faiblesse était une honte, l'incarnation n'aurait jamais eu lieu.
Alors une question directe: qu'est-ce que vous refusez de Lui montrer? Le péché que vous gérez en solo depuis trois ans? La colère contre quelqu'un de votre famille? La solitude qui vous serre le soir quand la maison est silencieuse? L'agenda saturé que vous appelez « service » et qui est en réalité une fuite? Jésus ne demande pas votre version présentable. Il a mangé avec des gens que la religion avait classés sans espoir, et ce sont eux qui ont pleuré de joie.
Et puis il y a l'autre côté du miroir. Si Jésus est vraiment ce que dit Colossiens 1:17, Celui par qui toutes choses subsistent, alors votre vie ne vous appartient pas au sens où vous l'imaginez. Votre argent, votre corps, votre temps, votre carrière sont à Lui. Ce n'est pas une menace, c'est un soulagement immense: vous n'avez plus à porter le poids d'être le centre. Pierre a répondu à la question. Thomas a fini par répondre. Aujourd'hui, c'est votre tour.
Expliqué aux enfants
Aux enfants, on peut dire quelque chose de très simple et de très vrai: Jésus est Dieu qui est venu tout près. Il était là avant que le monde existe, Il a fait les étoiles, et pourtant Il a voulu devenir un tout petit bébé, dans une famille pauvre, avec des mains qui devaient apprendre à tenir une cuillère. Il a grandi, Il a travaillé le bois avec Joseph, Il S'est fait des amis. Il guérissait les malades, Il prenait le temps pour les enfants quand les adultes voulaient les écarter, et Il n'a jamais fait de mal à personne. Les gens qui n'aimaient pas Sa lumière L'ont fait mourir sur une croix, mais Il l'a accepté exprès, pour porter tout notre mal à notre place. Trois jours après, Il est revenu vivant, et Il est vivant aujourd'hui. On peut Lui parler.
Deux réflexes aident beaucoup à la maison. Le premier: ne pas sauter directement à la croix sans avoir raconté la vie de Jésus, Ses gestes, Ses paroles, Sa tendresse. Un enfant comprend l'amour avant de comprendre le sacrifice. Le second: laisser les questions arriver, même les gênantes, sans les boucher avec des réponses toutes faites.
Selon l'âge, le vocabulaire et les images doivent changer complètement. Des explications spécifiques existent pour les tout-petits de 3 à 6 ans, avec des mots concrets et des histoires courtes, pour les enfants de 7 à 12 ans, qui veulent savoir si tout cela s'est vraiment passé, et pour les adolescents de 12 ans et plus, qui ont besoin qu'on prenne au sérieux leurs objections sur la fiabilité des Évangiles et sur l'exclusivité de Jean 14:6.
Questions fréquentes
Jésus-Christ a-t-il vraiment existé en dehors de la Bible ?
Oui, et cela n'est plus sérieusement contesté par les historiens. L'historien juif Flavius Josèphe le mentionne à la fin du premier siècle, Tacite parle du supplice du « Christ » sous Ponce Pilate, Pline le Jeune décrit des chrétiens qui chantent des hymnes « au Christ comme à un dieu », et Suétone évoque les troubles liés à Son nom. Ces sources ne sont ni chrétiennes ni bienveillantes, ce qui les rend précieuses. À cela s'ajoutent les quatre Évangiles, rédigés au premier siècle, du vivant de témoins qui pouvaient contredire les récits.
Que signifie exactement le nom « Jésus-Christ » ?
Ce n'est pas un prénom suivi d'un nom de famille. « Jésus » est la forme grecque de l'hébreu Yeshoua, qui signifie « l'Éternel sauve ». C'était un prénom courant en Judée, et il annonce Sa mission: « tu appelleras Son nom Jésus, car c'est Lui qui sauvera Son peuple de leurs péchés » (Matthieu 1:21). « Christ » traduit le mot hébreu Messie, « l'Oint », celui que Dieu a consacré comme roi, prophète et sacrificateur. Dire « Jésus est le Christ » n'est donc pas un simple nom, c'est une confession de foi, exactement celle de Pierre en Matthieu 16:16.
Jésus est-Il Dieu, ou seulement le Fils de Dieu ?
La Bible affirme les deux, sans les opposer. Jean 1:1 dit que « la Parole était Dieu », et Hébreux 1:3 appelle le Fils « l'empreinte de Sa substance ». Thomas s'adresse au Ressuscité en disant « Mon Seigneur et mon Dieu! » (Jean 20:28), et Jésus ne le corrige pas. « Fils de Dieu » ne signifie pas « inférieur à Dieu » ni « créé par Dieu »; dans la culture biblique, l'expression exprime une identité de nature et une relation éternelle avec le Père. Jésus est pleinement Dieu et pleinement homme, distinct du Père tout en étant un avec Lui.
Quelle est la différence entre « Fils de Dieu » et « Fils de l'homme » ?
Curieusement, « Fils de l'homme » est le titre que Jésus Se donne le plus souvent, et ce n'est pas le titre le plus modeste. Il renvoie à Daniel 7:13-14, où un personnage « comme un fils d'homme » vient sur les nuées recevoir un royaume éternel. Le titre dit donc à la fois Son humanité réelle et Son autorité divine, tout en restant assez voilé pour que les gens doivent réfléchir. « Fils de Dieu » souligne Sa relation unique avec le Père. Les deux titres se rejoignent au procès, quand Il applique les deux à Lui-même devant le sanhédrin.
Pourquoi Jésus devait-Il mourir sur la croix ?
Parce que le péché a un prix réel et que Dieu est trop juste pour faire semblant. Toute la logique des sacrifices de l'Ancien Testament pointait vers un substitut: un innocent à la place du coupable. Ésaïe 53:5 l'annonce avec précision: « le châtiment de notre paix a été sur Lui ». Jésus l'exprime comme un échange volontaire, « donner Sa vie en rançon pour plusieurs » (Marc 10:45), et Colossiens 1:20 dit que Dieu a fait la paix « par le sang de Sa croix ». La croix n'est ni un échec ni une injustice imposée, mais un don consenti d'avance.
Jésus a-t-Il vraiment été tenté, et pouvait-Il pécher ?
La Bible insiste sur la réalité de la tentation: quarante jours au désert, la pression de la foule qui voulait Le faire roi, l'angoisse de Gethsémané. Hébreux 4:15 dit qu'Il « a été tenté en toutes choses comme nous, à part le péché ». Il a donc connu la traction de la tentation plus intensément que nous, puisqu'Il ne cédait jamais et allait jusqu'au bout de la résistance. Les chrétiens ont toujours confessé qu'Il n'a pas péché et que, étant Dieu, Il ne pouvait pas pécher; mais Son obéissance a été un combat authentique, pas un jeu d'acteur.
Combien de temps a duré le ministère public de Jésus ?
Environ trois ans, selon la chronologie que l'on peut reconstituer à partir de l'Évangile de Jean, qui mentionne plusieurs fêtes de Pâque successives. Il commence Son ministère vers l'âge de trente ans, après Son baptême par Jean au Jourdain (Luc 3:23), et Il meurt à Jérusalem, sous Ponce Pilate, à la Pâque. Trois années pour tout dire et tout accomplir, précédées de trois décennies d'obscurité à Nazareth. Cette disproportion est parlante: la plus grande partie de la vie du Fils de Dieu s'est passée dans un travail manuel ordinaire.
Pourquoi la Bible parle-t-elle si peu de l'enfance de Jésus ?
Les Évangiles ne sont pas des biographies modernes; ils ont été écrits pour amener le lecteur à la foi, et ils concentrent donc leur récit sur la mission, la mort et la résurrection. Nous avons pourtant quelques fenêtres: la naissance à Bethléem, la fuite en Égypte, la visite du temple à douze ans, et le résumé de Luc 2:52 sur Sa croissance. Les récits fantaisistes d'enfance qui circulent parfois viennent d'écrits tardifs, non inspirés, du deuxième siècle et après. Le silence des Évangiles est une pudeur, non un oubli.
Comment savoir que la résurrection est vraiment arrivée ?
Il n'y a pas de preuve au sens d'une démonstration mathématique, mais un faisceau d'éléments solides: un tombeau vide connu de tous à Jérusalem, des apparitions à des groupes entiers, y compris à « cinq cents frères » selon 1 Corinthiens 15:6, des témoins féminins dont le témoignage n'avait aucune valeur juridique à l'époque, ce qu'on n'inventerait pas, et surtout la transformation de disciples terrorisés en prédicateurs prêts à mourir. Le résumé transmis par Paul en 1 Corinthiens 15:3-4 circulait quelques années seulement après les faits, du vivant des témoins.
Que veut dire « Moi, Je suis le chemin, et la vérité, et la vie » ?
Jésus prononce cette phrase (Jean 14:6) pour rassurer des disciples angoissés qui demandent où Il va et comment les rejoindre. Il ne répond pas en donnant une carte ou une méthode, mais en Se désignant Lui-même. Chemin: l'accès au Père passe par Sa personne, non par nos performances. Vérité: Il ne dit pas seulement la vérité, Il l'incarne. Vie: Il ne donne pas des conseils pour mieux vivre, Il communique Sa vie propre. La suite, « nul ne vient au Père que par Moi », est exclusive parce qu'elle est concrète: Il a payé le passage.
Jésus avait-Il des frères et sœurs, et était-Il marié ?
Les Évangiles mentionnent explicitement des frères, dont Jacques, Joseph, Simon et Jude, ainsi que des sœurs (Matthieu 13:55-56). Jacques deviendra un responsable de l'Église de Jérusalem et l'auteur d'une épître, alors qu'il n'avait pas cru au début. Sur le mariage, la Bible est silencieuse, ce qui est significatif dans des textes qui nomment volontiers les proches: aucune épouse n'apparaît nulle part, ni dans les Évangiles ni dans les lettres apostoliques. Les théories contraires reposent sur des écrits très postérieurs et sur beaucoup d'imagination romanesque.
Où est Jésus maintenant, et que fait-Il ?
Selon Hébreux 1:3, Il « s'est assis à la droite de la majesté dans les hauts lieux », ce qui exprime à la fois une œuvre achevée et une autorité royale. Il n'est pas inactif: Il intercède pour les Siens (Romains 8:34), Il édifie Son Église, dont Il est « le chef du corps » (Colossiens 1:18), et Il envoie Son Esprit. Il a gardé Son humanité glorifiée, cicatrices comprises. Et la Bible se termine sur une promesse de retour, où le Crucifié reviendra visiblement pour juger et pour tout renouveler.
Pour conclure
Nous avons suivi Jésus dans l'ordre de Sa vie, de l'éternité du prologue de Jean jusqu'au trône d'Hébreux 1, en passant par une crèche, un atelier de village, une barque, un jardin, une croix et un tombeau vide. Et à chaque étape, le même paradoxe: Celui « par lequel aussi Il a fait les mondes » a choisi la porte la plus basse. Sa faiblesse n'était pas un accident du parcours, elle en était le chemin. C'est pourquoi Philippiens 2:5-11 ne raconte pas seulement Son histoire, mais nous propose Sa « pensée » comme forme de vie.
Si vous voulez continuer, prenez un Évangile et lisez-le d'un bout à l'autre, lentement, en notant chaque fois que Jésus montre Sa fragilité et chaque fois qu'Il montre Sa puissance. Marc est le plus rapide, Jean le plus profond, Luc le plus attentif aux petits. Puis relisez Colossiens 1:15-20 et Hébreux 1:1-3 comme deux résumés à mémoriser.
Il reste une chose que ce guide ne peut pas faire à votre place. La question de la route de Césarée de Philippe attend toujours: et vous, qui dites-vous qu'Il est?

